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Français>>EconomieMise à jour 20.01.2010 10h50
Les moines tibétains face aux défis et aux avantages du boom économique

Losang Takhe clique sur sa souris pour feuilleter des pages Web et jouer des jeux en ligne après une journée chargée consacrée à l'étude et aux discussions sur les soûtras.

Ce moine de 37 ans possède un ordinateur portable et un accès à Internet haut débit dans son dortoir du monastère de Taer dans la province du Qinghai (nord-ouest). "Beaucoup de jeunes lamas ici sont connectés à Internet. C'est un symbole de la société moderne."

Près d'une décennie après l'achat du premier ordinateur par le comité exécutif du monastère, Internet a rendu les moines en contact plus étroit avec le monde extérieur.

Aujourd'hui, environ un quart des 785 moines du monastère possèdent leur ordinateur et le comité est en train de créer le site Internet officiel du monastère en chinois, tibétain et anglais, afin de promouvoir le bouddhisme tibétain en ligne.

Pour Gyaltsen Wangden, vice-président du comité, la prévalence des ordinateurs et de l'accès à Internet parmi les moines sont le résultat de la croissance économique et de l'augmentation de leurs revenus.

L'année dernière, les moines du monastère ont eu un revenu annuel moyen de 9 000 yuans (1 324 dollars), le triple de celui des agriculteurs et des bergers locaux. La plupart d'entre eux ont également eu des revenus supplémentaires en chantant des soûtras lors de services religieux.

Avec plus d'argent dans leur poche, de nombreux moines ont acheté des postes de télévision, des chauffe-eau solaires et d'autres appareils électroménagers. Beaucoup de jeunes moines utilisent des lecteurs MP3 pour enregistrer l'interprétation des soûtras par leur maître avant de les réviser.

Le monastère de Taer, situé au sommet des monts du Lotus dans le district de Huangzhong, à 26 km de Xining, capitale du Qinghai et à 2 000 km de Lhassa, a été construit en 1379 en mémoire de Tsongkhapa (1357-1419), le fondateur de la Secte Jaune.

Une décennie après que la Chine ait renforcé le développement des régions de l'ouest du pays, les moines se sont aperçus des avantages et des défis apportés par le boom économique.

D'autre part, le "plan de développement de l'Ouest" a fait venir des flots de touristes d'autres régions. Le monastère de Taer a reçu environ 800 000 pèlerins et touristes par an, remarque Gyungnyi, responsable du comité exécutif du monastère.

Le monastère, comme tous les monastères tibétains, est ouvert gratuitement aux pèlerins mais le ticket d'entrée pour touriste est passé de 0,2 yuan dans les années 1980 à 80 yuans (11,8 dollars).

Grâce aux revenus de ces tickets, aux aumônes des pèlerins et aux dons des personnalités et des entreprises locales, le monastère a collecté suffisamment d'argent pour son fonctionnement et a aidé le district de Huangzhong, très pauvre, à construire des écoles primaires, explique Gyaltsen Wangden, vice-président du comité exécutif.

"Le gouvernement central a aussi dépensé près de 100 millions de yuans dans la protection de l'héritage du monastère de Taer ces cinq dernières années," ajoute-t-il.

Le gouvernement provincial du Qinghai a également dévoilé un plan de 370 millions de yuans destiné à venir à l'appui du monastère, dont 86 millions de yuans pour cette année.

Le chemin de fer reliant Xining à Lhassa, mis en service en 2006, a permis à presque tous les moines du monastère de se rendre à Lhassa et a renforcé les échanges entre les bouddhistes.

"Je voudrais dire que le monastère connaît sa meilleure période de développement," affirme Gyaltsen Wangden.

L'IMPACT DE LA MODERNISATION

Malgré la croissance des revenus et des bénéfices résultant du boom économique, Gyaltsen Wangden a pointé un doigt accusateur vers le tourisme.

"Le monastère est un endroit où les moines méditent et où les pèlerins viennent observer les rites", souligne-t-il, "ce n'est ni une destination touristique ni une machine à faire de l'argent."

Chaque jour, Gyaltsen Wangden et ses collègues doivent surveiller les touristes qui essaient de faire des choses interdites comme de prendre une ou deux photos des tangkas et des autres antiquités plusieurs fois centenaires considérées comme des reliques. Ils craignent, qu'à la longue, les flashs endommagent ces trésors déjà fragiles.

"Avec le boom touristique, il y a plus de voleurs à la tire, de marchands de souvenirs bon marché et même de faux moines, ce qui porte atteinte à la réputation du monastère," se plaint-il.

Les jeunes moines profitent de la modernité avec leurs ordinateurs et Internet mais les plus âgés craignent qu'ils y perdent le chemin du nirvana.

"Comment peuvent-ils se concentrer sur l'étude des soûtras alors que leurs esprits restent encore dans les jeux et les choses 'passionnantes' qu'ils rencontrent sur internet ?" se demande Tenpai Nyidron, un moine vénéré qui a passé plus de 50 ans au monastère, "Certains jeunes moines se couchent si tard qu'ils s'endorment pendant leurs études."

Pour toucher leurs 40 yuans quotidiens, tous les moines du monastère de Taer doivent suivre un horaire quotidien strict où figurent l'étude des soûtras et les débats "mais pendant leur temps libre, cela dépend largement de leur autodiscipline pour réviser leurs leçons et la méditation", souligne Gyaltsen Wangden, moine depuis près de 30 ans. "Nous ne devons jamais oublier notre rôle de moine, quelles que soient l'agitation du monde autour de nous et les tentations de la richesse et des distractions".

Le Comité exécutif pourrait étendre à nouveau les zones interdites aux touristes afin de minimiser les impacts négatifs du tourisme.

Le monastère de Taer, d'une superficie de 40 hectares, est réputé pour sa remarquable architecture et les quelque 20 000 oeuvres d'art religieux qui s'y trouvent: peintures, broderies et sculptures en beurre de yak.

Source: xinhua

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