Les entreprises chinoises "devraient faire preuve d'audace" pour l'acquisition des participations dans des entreprises étrangères, en particulier dans le domaine de l'énergie et le secteur des ressources, a annoncé un haut conseiller politique.
Zheng Xinli, vice-directeur du Bureau de recherches politiques du Comité central du PCC, a suggéré que le gouvernement devrait utiliser ses 2 milliards de dollars de réserves de change à l'étranger pour encourager les fusions et les acquisitions (M & As), en particulier dans des secteurs d'importance stratégique.
Les économistes ont déclaré que les commentaires du conseiller politique, publiés le 22 décembre dans Le Quotidien du peuple, sont très probablement "susceptibles de devenir la politique nationale".
"Ce sont de rares occasions pour les entreprises chinoises qui veulent continuer leur expansion à l'étranger", explique M. Zheng dans son article. "La crise financière a entraîné des difficultés croissantes et la réduction de la valeur des actifs de ces entreprises dans les pays développés."
Il a dit que le gouvernement devrait saisir l'occasion pour supprimer le "goulet d'étranglement du développement" sur l'énergie et les ressources, qui existe depuis longtemps.
"Nous devons encourager l'Etat et les entreprises privées (à investir à l'étranger) et, surtout, à être plus actifs dans le développement et l'exploration de l'énergie et des ressources naturelles".
Lin Yueqin, économiste à l'Académie chinoise des sciences sociales, a dit à China Daily qu'en tant que conseiller de la haute direction, les suggestions de M. Zheng sont très susceptibles de devenir la politique du gouvernement central.
Le gouvernement devrait préparer de plus amples directives de placement qui "identifient dans quels secteurs et dans quels pays les investissements sont les plus attrayants et les plus rentables", a dit M. Lin.
"Cela est extrêmement important pour les investisseurs privés, car ils ne sont pas familiers avec la géographie économique mondiale."
Après des décennies d'efforts pour attirer les investissements étrangers, le gouvernement a dévoilé une stratégie incitant les entreprises à "sortir" à la fin du siècle, avec l'objectif de favoriser 30 à 50 entreprises d'Etat (entreprises publiques) pour devenir des multinationales compétitives d'ici 2010.
"Mais cette fois, le message de Zheng est clair: que la Chine va peut-être encourager les entreprises avec des capitaux de nature différente à investir à l'étranger", a dit M. Lin. "C'est une bonne nouvelle pour le secteur privé."
Pour mettre en œuvre le plan d'investissement à l'étranger, M. Zheng a dit que le gouvernement devrait agir en tandem avec des investisseurs si nécessaire, en offrant des prêts préférentiels pour améliorer l'infrastructure dans les pays de destination.
Wang Xiaoqi, chef de la planification et du développement à la Commission d'administration et de supervision des capitaux d'État, a déclaré lors d'un forum à Beijing vendredi dernier que le gardien des entreprises chinoises publiques aurait déjà choisi 10 grands joueurs pour explorer les possibilités à l'étranger.
"Les fusions et les acquisitions exigent une planification minutieuse et nous devons éviter la concurrence brutale entre les soumissionnaires chinois", a déclaré M. Wang.
Les investissements directs à l'étranger devraient atteindre 45 milliards de dollars cette année, comparé à 26,5 milliards de dollars l'an dernier.
"La Chine est graduellement en train de devenir un exportateur de capitaux", a affirmé Lu Jinyong, professeur du placement à l'étranger à l'Université de commerce international et de l'économie à Beijing.
M. Lu a dit que les entreprises chinoises auront la possibilité de suivre cette tendance au courant de l'année prochaine. Il prévoit que d'ici 2010, l'investissement direct étranger pourrait atteindre 70-80 milliards de dollars, en étant à peu près égal à au flux des investissements étrangers directs en 2007.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne