Avec la préparation de la restructuration de l'industrie chinoise de télécommunications, les opérateurs étrangers enlèvent de tous les obstacles pour pouvoir conclure des partenariats locaux afin de bien se positionner sur le plus grand marché des télécommunications du monde à l'époque de 3G (troisième génération).
"La restructuration chinoise des télécommunications nous donne l'occasion de délocaliser nos affaires en matière de téléphone mobile dans le pays, étant donné que nos partenaires chinois peuvent avoir accès au marché de téléphonie sans fil après la restructuration», a déclaré Wang Chao, le vice-président de Orange Business Service (OBS), une filiale de France Telecom.
"Après la restructuration, nous espérons pouvoir entrer sur le marché chinois des services grâce à la création des joint-ventures avec des sociétés chinoises."
En entrant sur le marché chinois en 2001, grâce au partenariat avec l'opérateur de téléphonie fixe China Netcom, l'OBS a établi une présence importante sur le marché des télécommunications chinois. Mais l'entreprise a longtemps été limitée par les restrictions réglementaires et la plupart de leurs clients en Chine ont été limités aux entreprises multinationales.
L'OBS a des projets d'attirer plus de clients du marché intérieur, après que la restructuration de télécommunications sera terminée, a dit Wang.
«Nous prévoyons d'accroître notre chiffre d'affaires grâce à la clientèle locale pour qu'il représente la moitié du total de nos revenus dans les trois prochaines années", a-t-il dit, en précisant que la société va augmenter le nombre de ses employés dans le pays de 20% d'ici la fin de cette année.
De nombreux opérateurs de télécommunications étrangers ont la même idée.
Telefonica, le deuxième opérateur de téléphonie en Europe, a annoncé le mois dernier qu'il devrait payer jusqu'à 1,1 milliards d'euros pour accroître sa participation dans les affaires de China Netcom, l'opérateur de téléphonie fixe qui fusionnera avec China Unicom, le deuxième plus grand opérateur de téléphonie mobile en Chine.
L'opérateur de téléphonie sud-coréen SK Telecom, qui détenait 6,61% du total d'actions de China Unicom avant la réorganisation de l'industrie des télécommunications, a également dit qu'il est à la recherche des possibilités pour augmenter sa participation dans la société.
"La restructuration de télécommunications en Chine crée une excellente occasion pour nous», dit Lily Zhang, chef du bureau chinois de PACNET, le fournisseur de services de télécommunications en Asie, résultant d'une fusion de l'Asia Netcom et du Pacific Internet plus tôt cette année.
«Nous prévoyons de faire entrer certains services de télécommunications locaux dans un avenir proche, surtout que nous avons déjà obtenu les licences du gouvernement», a ajouté Zhang, dont l'entreprise a créé une joint-venture avec le fournisseur de services Internet chinois Ren Zhong Telecom en juillet dernier pour développer son activité en Chine.
Comme pour récompenser ces initiatives, le gouvernement chinois a annoncé le 12 septembre dernier, qu'il facilitera l'accès à son industrie des télécommunications pour les investisseurs étrangers, en réduisant les investissements minimums requis de près de 50%.
Wang Yuquan, le consultant principal du cabinet de recherches Frost & Sullivan China, a dit que la dérégulation du gouvernement pourrait déclencher un essor des investissements étrangers dans le secteur des télécoms chinois.
"La Chine a presque achevé sa restructuration des télécommunications et la plupart des opérateurs de télécommunications chinois ont besoin d'énormes investissements pour mettre à niveau leurs réseaux après la restructuration», a dit Wang.
La Chine a lancé sa restructuration tant attendue des télécommunications en mai dernier, pendant laquelle les six opérateurs de télécommunications nationaux fusionneront en trois entreprises, offrant à la fois des services de téléphonie mobile et fixe. Le gouvernement chinois a promis de délivrer des licences 3G après la restructuration, qui attendue d'ici la fin de l'année.
Le projet de restructuration et d'octroi de licences 3G devraient permettre de créer un énorme besoin de capitaux parmi les opérateurs de télécommunications chinois qui sont en expansion active et sont en train d'améliorer leurs réseaux existants dans le but de parvenir à obtenir un statut favorable dans l'environnement 3G à venir dans le pays.
Par exemple China Unicom a annoncé en août dernier qu'il compte investir 100 milliards de yuans de 2009 à 2010 dans les réseaux et services 3G. L'opérateur China Telecom a également annoncé qu'il compte investir 80 milliards de yuans pour développer et améliorer son réseau CDMA.
Toutefois, Wang Yuquan a dit que malgré le fait que le gouvernement ait réduit le plafond des investissements étrangers de 50%, cela ne signifie pas que le pays a desserré son contrôle sur l'industrie de télécommunications.
"Le fait que beaucoup d'opérateurs étrangers visent à accroître leurs participations dans des opérateurs chinois est lié à leur désir d'avoir le droit de contrôle des affaires de télécommunications en Chine ", a-t-il dit.
«Mais ils ne pourront jamais atteindre leurs objectifs car le gouvernement chinois, tout comme les gouvernements de la plupart des autres pays, ne permettra pas à une société étrangère d'avoir une participation majoritaire dans son marché de télécommunications."
Selon les chiffres du Ministère de l'Industrie et des Technologies de l'Information, le nombre d'utilisateurs de téléphones mobiles en Chine a atteint 608,4 millions à la fin de juillet, une augmentation de 10% par rapport à la fin de l'année dernière. Le chiffre d'affaires du marché de télécommunications national a également augmenté de 9,1% à 467,8 milliards de yuans en juillet dernier.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne