La Chine sert d'alibi dans le différend commercial sur le textile, a déclaré Munir Ahmad, directeur du Bureau international des textiles et de l'habillement (BITH).
Cet "alibi pratique" a permis aux Etats-Unis et à l'Union européenne d'appliquer des mesures de restriction sur les exportations chinoises, une menace selon eux pour leurs marchés textiles nationaux depuis la fin des quotas le 1er janvier 2005.
L'industrie textile, tant américaine qu'européenne, a obtenu des gouvernements des mesures de protectionnisme commercial, a déclaré Ahmad au "Forum international de Beijing, OMC-Chine".
Il s'est dit inquiet à la pensée d'une période de transition du textile et de l'habillement où la Chine devrait payer les pots cassés quand c'est la politique commerciale des Etats-Unis et de l'Union européenne qui est en cause.
Les importations totales de textile et d'habillement de l'UE de janvier à mai 2005 ont chuté de 9,7 % en termes financiers (Euros) et de 3,63 % en terme de volume, alors qu'elles ont augmenté de 11 % en termes financiers (dollars) et de 9 % en terme de volume aux Etat-Unis, une hausse loin d'être inhabituelle selon Ahmad.
Il a rappelé qu'en 2004, les Etats-Unis se sont alliés avec l'Union européenne pour se créer une plateforme commune sous la bannière de la Déclaration d'Istanboul et qu'ils sont parvenus à un mémorandum, suscitant l'inquiétude de certains pays en développement face à ce nouvel environnement.
Pour Ahmad, la Chine, qui va entrer dans une nouvelle phase d'incertitudes, devrait énergiquement expliquer sa version des faits, notamment sur les subventions d'Etat à l'exportation.
Source: xinhua 19/09/2005