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Quand « duanju » devient un mot anglais à part entière

(Photo/VCG)
Ces dernières années, grâce à ses atouts uniques en matière de contenu et à un système industriel mature, le mini-drama chinois a rapidement conquis le monde, devenant un vecteur dynamique et une force de diffusion pour l'exportation de la culture chinoise à l'ère numérique.
Des valeurs communes transcendent les barrières culturelles
Au second semestre de l'année dernière, un mini-drama de qualité intitulé « Le secret du jardin de la famille Bei », racontant l'histoire légendaire de membres clandestins du Parti communiste chinois qui, pendant la guerre de résistance contre le Japon, ont combattu aux côtés du médecin français Bussière, a récolté de nombreux éloges sur les plateformes en ligne : plus de 17 millions de points de popularité sur la plateforme chinoise de mini-drama Hongguo.
L'acteur français Vincent Mathieu avait vu une annonce de casting dans un groupe WeChat professionnel et a tenté sa chance en envoyant son profil. Il incarne Bussière dans la série et a laissé une forte impression au public.
Mathieu est très optimiste quant au potentiel de développement du mini-drama chinois en Europe. « La clé d'une diffusion efficace réside dans l'adaptation locale : conformer les dialogues et le contenu à l'esthétique de la langue cible. Les productions audiovisuelles en ligne présentent les avantages uniques que sont la légèreté et de l'industrialisation. Pour le public étranger, même s'il ne connaît pas bien la culture chinoise au départ, il peut devenir un amateur de mini-drama chinois et développer un intérêt plus profond pour la Chine et sa culture. »
Selon Mathieu, l'exportation du mini-drama chinois est surtout une transmission de valeurs et d'attitudes face à la vie. Les mini-dramas chinois, qui incarnent des valeurs telles que la persévérance, la diligence et l'importance accordée à la famille, non seulement offrent une référence spirituelle à certains jeunes Européens désorientés, mais aident également à briser la perception biaisée de la société chinoise véhiculée par les médias occidentaux.

(Photo/VCG)
Une adaptation locale bien accueillie
Zhong Jiarui, un Américain de 48 ans, a créé à Chengdu, dans la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine), le « Moulin à histoires », un atelier d'écriture et incubateur de projets, dans l'espoir de trouver davantage de scénarios de mini-dramas intéressants. À la fin du cours, les participants repartent avec un concept de série clair et réalisable, soit la trame d'une saison entière, soit le script pilote complet ou presque complet d'un épisode. Depuis cinq ans, le « Moulin à histoires » a organisé une vingtaine d'ateliers d'écriture créative, attirant de plus en plus de participants.
Le rapport « L'IA au service de l'innovation et du développement mondial des mini-dramas » montre qu'en 2025, le marché mondial des mini-dramas a atteint près de 18 milliards de dollars, le marché chinois dépassant les 14 milliards de dollars, soit 77,78 % du marché mondial.
Selon Zhong, si les mini-dramas chinois sont populaires sur les marchés étrangers, c'est en grande partie parce qu'ils font l'objet d'une adaptation locale dès la phase de création, suscitant ainsi la résonance émotionnelle du public étranger. Pour le public, les œuvres audiovisuelles produites de cette manière sont à la fois familières et nouvelles, et leur acceptation locale est très élevée.

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De bonnes histoires suscitent la résonance émotionnelle
Sur un plateau à Vancouver, au Canada, un mini-drama en anglais est en cours de tournage intensif. Le réalisateur et le producteur de cette série sont Chinois, tandis que les rôles, les photographes, les costumes, le maquillage et les accessoires sont tous assurés par des professionnels locaux, formant un modèle innovant de « PI chinoise + production locale ».
Le succès mondial des mini-dramas chinois a permis à de nombreux professionnels de l'audiovisuel nord-américains de trouver de nouvelles opportunités d'emploi, dont l'acteur canadien Evan Bacci, qui collabore avec la société de production chinoise Crazy Maple Studio.
« Le mini-drama m'a apporté davantage d'opportunités de travail, me permettant de me consacrer à plein temps au métier d'acteur. »
Fondée en 2016 à San Francisco, aux États-Unis, Crazy Maple Studio dispose de succursales et de bureaux en Chine, au Canada, au Mexique et aux Philippines. En 2022, l'entreprise a lancé ReelShort, la première application de mini-dramas mise en ligne sur le marché nord-américain, en optant pour un modèle de « production locale ». Cette approche pragmatique permet au contenu des mini-dramas de mieux s'adapter à l'environnement culturel et aux habitudes esthétiques locales. En novembre 2023, l'application a atteint la deuxième place du classement des applications gratuites et la première place du classement des divertissements sur l'App Store américain. En août de cette année, l'application avait été téléchargée plus de 450 millions de fois.
Aujourd'hui, le terme « duanju », qui signifie mini-drama, est devenu un mot anglais à part entière. Keri-Lee L. Kroeger, productrice canadienne chez Crazy Maple Studio, explique : « Les thèmes romantiques sont les plus populaires, tout comme les sujets fantastiques et les sujets pour adolescents. Globalement, si le mini-drama chinois attire des fans dans le monde entier, c'est parce qu'il répond au besoin émotionnel fondamental des gens modernes. »
Crazy Maple Studio collabore avec de nombreux créateurs chinois. « Les entreprises chinoises ont une grande expérience dans la création de mini-dramas au format portrait et elles disposent d'un système de production mature et d'une grande efficacité opérationnelle », indique Kroeger.
« Actuellement, la narration des mini-dramas chinois ne se contente plus de suivre les tendances, mais utilise le contenu comme un navire pour naviguer vers le centre de la scène mondiale de la production audiovisuelle, devenant une tendance créative incontournable », déclare Nan Yapeng, vice-président de Crazy Maple Studio. « Les mini-dramas marquent non seulement l'innovation et le leadership des entreprises du numérique chinoises, mais insufflent également une nouvelle dynamique à l'intégration et au développement de qualité de l'industrie mondiale du contenu. »

