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Le Nobel de Mo Yan une reconnaissance bienvenue et méritée mais tardive pour la littérature chinoise

( le Quotidien du Peuple en ligne )

15.10.2012 à 16h38

A l'annonce du nom de Mo Yan par le jury Nobel, dont le nom était déjà sur toutes les lèvres depuis plusieurs jours, le peuple chinois –et plus largement les amoureux de la littérature- ont sans nul doute eu un seul mot : enfin ! Oui, enfin… un écrivain chinois, et à travers lui la littérature chinoise, si ancienne, si riche, si diverse, mais aussi trop souvent si mal connue à l'étranger, est enfin consacré, bien qu'il est également vrai que Mo Yan n'est pas, stricto sensu, le premier écrivain de langue chinoise à avoir été récompensé, ayant été précédé en cela par Gao Xingjian, écrivain d'origine chinoise, mais de nationalité française. Ce couronnement de Mo Yan, tardif, trop tardif, n'est que justice. Personnellement, en tant que Français, mais aussi pétri et amateur de littérature, je m'en réjouis, à la fois pour la Chine, pour la culture et pour la littérature. Il y avait quelque chose d'inconvenant à ce que ce grand pays, qui a donné tant de chefs d'œuvre considérés avec raison comme des monuments de la littérature mondiale, n'ait pas encore reçu cette consécration suprême.

A cette heureuse nouvelle, je me suis précipité sur les sites consacrés à ce prix, décerné depuis 1901. Une des données les plus intéressantes est le tableau des lauréats par pays. On y voit que depuis plus d'un siècle, nombreux sont les pays qui ont décroché ce prix prestigieux, la France en tête avec 14 récompenses, ce qui n'a rien de très étonnant, la littérature de ce pays ayant depuis des siècles un rayonnement mondial ; on y trouve aussi des pays les plus divers, comme le Nigeria ou le Guatemala, mais jusqu'à cette année, rien pour la Chine -l'Asie est d'ailleurs fort peu présente dans ce classement. Cette récompense n'est donc que justice, pour la littérature chinoise comme pour Mo Yan, qui jouit d'une certaine popularité à l'étranger, notamment en Europe et aux Etats-Unis, et pas seulement sur le plan strictement littéraire, puisque les amateurs de cinéma se souviennent tous du film « Le sorgho rouge », qui vit éclore une jeune actrice devenue depuis une star mondiale, Gong Li, et qui est tiré d'une œuvre de Mo Yan, « Le clan du sorgho ». La Chine, dont des œuvres certes anciennes de plusieurs siècles, mais toujours lues et appréciées dans le monde entier –ce qui témoigne, pour ceux qui en douteraient encore, mais en est-il, de leur valeur- comme « Le rêve dans le pavillon rouge », « Le voyage en Occident », « Les trois royaumes » ou « Au bord de l'eau » ou bien d'autres encore, sans parler de l'immense Confucius que personne n'ignore peut donc être fière à juste titre de ce prix amplement mérité, qu'elle aurait dû avoir reçu depuis longtemps ; il y a en effet de quoi s'étonner que de grands auteurs chinois du siècle dernier, comme Lu Xun, Mao Dun, Ba Jin ou Lao She qui, notamment pour ce dernier, sont connus et appréciés aussi en Occident, n'aient pas été distingués ; sans doute est-ce dû au fait qu'ils n'étaient encore que peu traduits de leur vivant. Le prix attribué cette année à Mo Yan répare en quelque sorte aussi cette injustice.

Parmi le concert de louanges qui a accueilli ce prix, certaines voix discordantes se sont pourtant aussi fait jour, critiquant cette attribution du fait de la proximité -réelle ou supposée- de Mo Yan avec le Parti Communiste Chinois. Personnellement, je ne comprends pas cette polémique stérile et déplacée ; que je sache, il s'agit là d'un prix de littérature, auquel cependant, il est vrai, certains accordent, et c'est regrettable, une certaine valeur politique. Mais il est vrai que de nos jours, certains en arrivent à trouver des raisons politiques à tout ou presque, jusqu'à l'attribution à tel ou tel pays de l'organisation d'une compétition sportive de niveau mondial. Avec des conceptions pareilles, nul doute que certaines personnes hostiles par principe ou par idéologie à la Chine auraient préféré ne pas voir Mo Yan récompensé. Un délit d'opinion, en quelque sorte… belle preuve d'ouverture d'esprit ! Je pense pour ma part que si Mo Yan a été distingué, c'est pour la qualité de son œuvre ; ses opinions politiques -réelles ou supposées, je le répète- ne regardent que lui et, qu'on soit d'accord ou non avec elles, elles doivent être respectées et n'ont pas à entrer en ligne de compte pour l'attribution d'un prix littéraire. Et si l'on regarde bien la liste des lauréats, on constate que plus d'un récipiendaire antérieur de ce prix avait des idées politiques parfois contestables, ce qui ne retire pourtant rien au talent de ces écrivains. Depuis quand juge-t-on la valeur d'un auteur à l'aune de ses opinions ? Le succès des œuvres de Mo Yan, tant en Chine qu'à l'étranger, serait-il par hasard dû à autre chose que son talent ? Je pourrais suggérer à ces esprits chagrins de lire au moins ne serait-ce qu'un des livres de Mo Yan, s'ils ne l'ont pas encore fait ; peut-être réviseraient-ils alors leur opinion, à moins qu'ils ne réussissent de toute façon à y trouver, par malhonnêteté intellectuelle plus que par objectivité, des lignes, des paragraphes ou des idées propres à les conforter dans leurs positions hostiles à la Chine, ou tout au moins à une Chine qui n'est pas celle qu'ils voudraient voir. Tout cela n'est pas nouveau, il y a déjà près de quatre siècles, le Cardinal de Richelieu, grand homme d'Etat français, disait en substance qu'avec deux lignes de l'écriture d'un homme, on peut faire le procès du plus innocent, ou si vous préférez, quand on veut trouver le mal, on le trouve partout, même où il n'existe pas. Cette polémique, qui ne s'appuie que sur des analyses biaisées et malveillantes de l'œuvre de Mo Yan, et même, dit-on, sur son silence face à certains évènements, est ridicule ; je le répète, on ne vend pas autant de livres, on n'est pas apprécié, tant en Chine qu'à l'étranger, par hasard. Que je sache, personne n'a jamais contraint par la force les lecteurs chinois et étrangers de Mo Yan à acheter ses livres… mieux vaut donc se réjouir de l'attribution de ce prix à un écrivain de talent, et espérer que cette récompense joue un rôle de déclencheur et fasse comprendre à davantage de personnes dans le monde que la Chine n'est pas que l'usine du monde, qu'elle n'est pas seulement une puissance commerciale, un pays au passé riche et ancien, mais aussi désormais un pays où la culture moderne est vivante, foisonnante et mérite d'être connue du plus grand nombre.

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