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Français>>CultureMise à jour 24.04.2012 08h54
Pouya Azadeh : un Iranien qui pratique le xiangsheng en Chine Par LI Na

A l'écouter, impossible d'imaginer que Pouya Azadeh n'est pas Chinois. "Son physique fait penser à Po, personnage principal du film américain d'animation Kung Fu Panda", indiquent les internautes chinois fans de cet Iranien trentenaire "mignon" et souriant.

"Mon nom chinois est Hua Jiade. Hua pour la Chine, De pour Téhéran, et le caractère Jia (famille en chinois) signifie que j'appartiens à la fois à la famille de Chine et de Téhéran", expliquait Pouya Azadeh, alias Hua Jiade, lorsqu'il se présentait à la première édition du Concours de chinois pour les étudiants étrangers en 2008. Il était à l'époque étudiant à l'Université des langues et cultures de Beijing (Beiyu). Durant une compétition féroce, il a montré au public son talent de comédien et un excellent niveau de chinois et a fini par remporter le premier prix.

C'est ainsi que cet Iranien "né durant l'année de la Chèvre" est devenu une star à la télévision chinoise. Il fit peu après ses premiers pas sur la scène du xiangsheng, une forme de comédie traditionnelle chinoise. D'après lui, c'est le destin qui l'a conduit à ce genre artistique, car sa rencontre avec Ding Guangquan, comédien renommé de xiangsheng de Chine, s'est faite par pur hasard.

Au début, Hua Jiade n'avait que de vagues connaissances du xiangsheng. L'amour qu'il voue à la comédie et le désir d'approfondir ses connaissances de la culture chinoise l'ont encouragé à étudier cet art théâtral. Impressionné par ses capacités orales et sa passion, c'est avec plaisir que M. Ding a accepté Hua Jiade comme disciple. Les mots d'esprit (Qiaopihua, en chinois) font partie des numéros qu'il a joués à la télévision. Sur scène, il articule les mots chinois avec aisance et accompagne ses paroles d'expressions désinvoltes et avec un excellent sens du timing. Cependant, après trois ans d'apprentissage, il se dit encore loin d'avoir atteint un bon niveau.

Comme dit un proverbe chinois, il faut travailler dix ans pour pouvoir jouer une minute sur scène. Seule, la passion ne suffit pas pour un bon apprentissage, et Hua Jiade a travaillé sans relâche. "Le xiangsheng n'est pas quelque chose de drôle, mais un art de la langue et une représentation de la culture chinoise", explique-t-il. Au cours de son apprentissage, rien n'est facile. Face à des métaphores et jeux de mots incompréhensibles, il les a d'abord appris par coeur avant d'arriver à les comprendre. A force de répétition et de récitation, il a développé une compréhension de plus en plus forte pour ces mots, et "leurs sens apparaissent au fur et à mesure, tout naturellement".

Selon Hua Jiade, seuls les numéros tenant compte des mentalités des Chinois et de la société peuvent résonner chez les spectateurs. C'est pourquoi, même au cours d'un film, il essaie d'étudier les intrigues afin de "penser à la chinoise". Durant les répétitions, il s'efforce de trouver le ton approprié pour chaque phrase et s'exerce à faire rire en dehors de la scène. Le moment où il éprouve le plus de bonheur ? Il avoue que c'est quand il fait rire toute la salle grâce à son humour.

Le xiangsheng permet à Hua Jiade de montrer son talent comique et de perfectionner sa maîtrise orale du chinois. Mais surtout, au-delà des rires, il ressent la philosophie chinoise à travers les traditions et moeurs du pays. Au plus profond de son coeur, M. Ding est non seulement son maître, mais aussi son père. Si une occasion de spectacle se présente, il ne manque pas d'appeler M. Ding pour lui demander son avis. En cas de soucis, M. Ding est également toujours présent pour l'écouter. "M. Ding nous apprend le xiangsheng, mais il ne nous a jamais fait payer un sou. Il est véritablement un 'Lei Feng vivant' (ancien soldat chinois célèbre à travers le pays pour son exemple d'altruisme, NDLR). Si un jour j'ai les capacités requises pour enseigner le xiangsheng, je ferai comme lui", promet Hua Jiade avec reconnaissance.

A l'université comme à la télé, on connaît cet Iranien. Il est actuellement inscrit en première année de doctorat à Beiyu. "Les études me tiennent à coeur", confie-t-il. Mais son respect envers ses professeurs lui confère une certaine "célébrité" dont il se passerait volontier. Chaque fois qu'un professeur entre dans la classe, il est le seul élève à se lever pour saluer. "Certains camarades me considèrent idiot, d'autres hypocrite", dit-il avec le sentiment d'être un peu incompris. "Les professeurs me comprennent, surtout ceux qui sont âgés", ajoute-t-il. "En Iran, les étudiants doivent se lever pour montrer leur respect des professeurs. Ce rite existe également dans la culture traditionnelle chinoise."

Rien n'empêchera cet Iranien de poursuivre sa passion pour la Chine et sa culture. "J'ai commencé une nouvelle vie il y a huit ans, et Beijing est ma deuxième ville natale", confie-t-il avec émotion. Hua Jiade sent aussi la pression exercée sur lui. D'un côté, la durée des études est limitée, mais il n'y a pas de limite à la connaissance. De l'autre, les gens semblent attendre davantage de lui. Hua Jiade espère mener avec succès ses études et progresser encore sur la voie du xiangsheng. Avant tout, le plus important est de "trouver un style qui [lui] soit propre".

A propos de sa thèse de doctorat, Hua Jiade a l'intention d'étudier le langage humoristique." Le titre n'est pas encore fixé, mais le sujet aura un lien direct avec le xiangsheng", dit-il.

Source: China.org.cn

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