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Français>>CultureMise à jour 20.04.2012 09h23
En swahili, ça se dit comme ça...
Shen Yuning (deuxième à droite) en train de travailler avec des étudiants de la Faculté de journalisme et des mass médias de Zanzibar, mercredi.

Lorsque Shen Yuning a annoncé qu'il avait l'intention de compiler un dictionnaire swahili-chinois, la plupart de ses amis ont pensé qu'il plaisantait.

Cependant, depuis qu'il a mis ce message en ligne en décembre dernier, Shen Yuning a déjà compilé près de 5 000 mots, travaillant au moins 15 heures par jour au Kenya et en Tanzanie, avec l'aide de quelques Africains.

Ce jeune homme âgé de 26 ans a pour ambition d'inclure 25 000 mots dans son dictionnaire d'ici le mois d'août, avant qu'il ne retourne à l'université en Allemagne, où il étudie les langues africaines.

« Il y a une augmentation des échanges professionnels entre l'Afrique et la Chine, mais beaucoup de travailleurs chinois qui sont là-bas ne savent parler que le chinois, alors que les habitants ne parlent eux que le swahili et un mauvais anglais », a déclaré Shen, qui étudie dans le cadre d'un échange à l'Université Kenyatta du Kenya.

« Parmi les quelques langues africaines que j'ai apprises, le swahili est celle que je maîtrise le mieux », a-t-il dit, ajoutant que le swahili est également la langue la plus importante dans les pays d'Afrique orientale, comme la Tanzanie, le Kenya et l'Ouganda, avec plus de 80 millions de locuteurs.

Il espère que ce dictionnaire sera utile aux travailleurs chinois exerçant en Afrique de l'Est.

« Il y a bien des outils gratuits de traduction en ligne, mais ils ne valent rien quand il s'agit de traduire une langue africaine », a dit Shen Yuning.

« En outre, la plupart des travailleurs chinois en Afrique n'ont pas un accès facile à l'Internet, alors qu'un dictionnaire est facile à transporter sur soi et beaucoup plus pratique à utiliser ».

Il y a bien un dictionnaire Swahili-chinois compilé dans les années 1970, mais cela n'a pas pour autant dissuadé Shen de continuer.

« Le vocabulaire change au fil du temps. Beaucoup de mots et de significations ont connu des changements conséquents au cours des dernières décennies, du fait des changements considérables que la Chine a connus durant la même période », a-t-il ajouté.

Ao Manyun, qui enseigne le swahili à l'Université Chinoise de la Communication, a rencontré le jeune Shen en Tanzanie en février après avoir entendu dire qu'il compilait un dictionnaire.

« Je pense que c'est très bien, ce qu'il fait maintenant. Il est si jeune et a une telle passion pour l'Afrique. Il mène une vie très simple là-bas, et sauf pour le strict nécessaire, comme manger et dormir, il passe tout son temps à travailler sur son dictionnaire. Ce n'est vraiment pas facile », dit-elle.

Selon Mme Ao, quatre universités sur le Continent proposent le swahili en tant que spécialité, chacune admettant entre 10 et 20 élèves tous les deux à six ans.

« Je pense que le dictionnaire de Shen aura son propre avantage du fait de son vocabulaire riche, vivant et frais car il vit avec les gens du pays », a-t-elle ajouté.

Shen Yuning recueille du vocabulaire à usage quotidien d'abord en communiquant avec ses camarades et amis locaux, et pour le vocabulaire des médias, il suit la littérature, la technologie, la télévision et la radio.

Mais il recueille aussi des mots à partir de nouvelles ou de contes populaires.

Hassan Ali Mohammed, un guide âgé de 23 ans, qui exerce à Zanzibar, en Tanzanie, travaille pour Shen depuis deux mois. Sa principale tâche est de recueillir des mots dans des livres, d'en discuter avec Shen et d'analyser leurs différentes significations.

« Il parle très bien le swahili », dit Mohammed. « C'est très intéressant de travailler et de partager des idées avec lui ».

Benoît Daniel Nassary, un commerçant à Zanzibar, âgé de 28 ans a lui découvert que travailler pour Shen est parfois assez difficile, car « ça fait beaucoup travailler la cervelle ».

« Il y a beaucoup de mots, ils ont plus d'un sens, et parfois vous devez réfléchir un peu trop », a-t-il dit.

En dépit de sa lourde charge de travail, Shen se sent heureux chaque fois qu'il pense à la façon dont son dictionnaire pourrait permettre à davantage de Chinois de communiquer avec les Africains.

« Pour moi, rien n'est plus merveilleux que de communiquer avec des gens de milieux culturels très différents, ce avec quoi, je crois, un grand nombre de personnes sont d'accord », a-t-il dit.

Selon Yu Kai, un camarade d'études de Shen à l'Ecole des Langues Etrangères de Nanjing, Shen a un vif intérêt pour la linguistique.

« Il peut parler des significations multiples d'un mot et de leur utilisation pendant des heures, même pendant nos conversations quotidiennes ».

Hélas, le jeune Shen n'a pas trouvé la moindre autorité disposée à examiner son dictionnaire ni le moindre éditeur prêt à le publier.

Et il est aussi à court d'argent pour vivre.

Fort heureusement, eaucoup de ses anciens camarades, dont Yu Kai, lui ont tendu une main secourable.

« J'espère que le jour où le dictionnaire sera publié, celui qui lira la préface pensera : c'est un miracle », a conclu Shen Yuning.

Photo : Shen Yuning (deuxième à droite) en train de travailler avec des étudiants de la Faculté de journalisme et des mass médias de Zanzibar, mercredi.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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