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Français>>CultureMise à jour 13.10.2011 13h51
Interdite hier, aujourd'hui Cité du Peuple...

Le Musée du Palais fut la demeure de 24 empereurs, mais aujourd'hui il abrite un grand nombre des plus précieux trésors de la Chine.

Lors de sa première journée de travail à la Cité Interdite de Beijing, un palais vieux de 500 ans, comptant plus de 9 000 pièces, des murs colossaux et des allées ressemblant à des labyrinthes, Wang Ge s'est perdu.

La Cité Interdite, que l'on appelle aussi le Musée du Palais, est située au coeur de la capitale, et elle s'étend sur 720 000 mètres carrés.Elle abrita 24 empereurs des Dynasties Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911).

« Je n'y voyais rien de moderne, juste des murs anciens et les toits des salles. Jamais je ne me suis senti aussi proche de l'Histoire », a dit M. Wang de son premier jour de travail dans le service des expositions de la Cité Interdite, il y a onze ans.

Comme beaucoup d'autres employés du musée, M. Wang se rend à son travail en vélo tous les jours, mais il ne savait pas qu'il y a un siècle, le dernier Empereur de Chine, Puyi, faisait de même dans la Cité Interdite. Il avait même ordonné que les seuils de certaines portes du palais soient retirés afin qu'il puisse circuler sans obstacles.

Puyi était monté sur le trône en 1908 et avait été contraint à l'abdication après la Révolution de 1911. Cependant, en vertu des dispositions de traitement favorable accordées par le Gouvernement intérimaire de la République de Chine et la Cour Qing, il lui avait été permis de continuer à habiter dans le palais.Cependant, après un coup de force mené par le seigneur de guerre Feng Yuxiang en 1924, Puyi fut obligé de quitter la Cité Interdite. Par la suite, des universitaires, des responsables gouvernementaux et d'anciens responsables Qing établirent le Comité pour le Réajustement des Affaires de la Maison Qing, afin de créer le Musée du Palais.

Lors de la cérémonie d'ouverture du Musée du Palais le 10 octobre 1925, le Comité proclama : « A dater de ce jour, cet endroit appartient au peuple de Chine dans son entier ».

Passer de la Cité Interdite au Musée du Palais fut le symbole d'un changement marquant, dit Li Gongming, Professeur d'histoire à l'Académie des Beaux-Arts de Guangzhou.« Sa connotation de pouvoir politique fut dès lors remplacée par les droits civiques et les échanges culturels », dit le Professeur Li.

En tant que citoyen ordinaire, Puyi visita à nouveau l'ancien palais en 1959.Dans son autobiographie, « J'étais Empereur de Chine », Puyi a écrit : « Ce qui m'a le plus surpris c'est que l'atmosphère de décadence et d'effondrement que j'y avais connu quand j'en suis parti avait disparu ».

« Dans le jardin impérial, j'aperçus des enfants jouant au soleil et des hommes âgés dégustant du thé. Je respirai les parfums de printemps des vieux cyprès et sentis que le soleil brillait plus fort dans cet endroit qu'il ne l'avait jamais fait auparavant. Je devins alors sûr que l'ancien palais avait pris un nouveau souffle ».

La famille de Liang Jinsheng, ancien directeur du département d'administration des vestiges culturels au Musée du Palais, a vécu la transformation de la Cité Interdite en Musée du Palais.

Certains des ancêtres de M. Liang avaient été peintres impériaux sous la Dynastie Qing. Après la création du Musée du Palais, son grand-père a travaillé à la protection des vestiges dans le Musée.

Quand le Japon envahit le Nord de la Chine au début des années 1930, le Gouvernement du Guomindang fit transférer les antiquités du Musée du Palais vers le Sud, emmenant la famille Liang sur la voie de la migration, en même temps que les vestiges culturels.Liang Jinsheng et sa fratrie naquirent durant ce long périple vers le Sud.

« En dépit du chaos de la guerre, le grand nombre d'antiquités a été bien protégé, car le Gouvernement y tenait beaucoup, et parce que les employés du Musée du Palais remplirent leur devoir avec diligence », a dit M. Liang.

Quand le Gouvernement du Guomindang fut vaincu lors de la guerre civile en 1949, le grand-père de M. Liang reçut l'ordre d'escorter près de 3 000 caisses des antiquités les plus précieuses vers la Province de Taiwan, tandis que son père reçut l'ordre de rester à Nanjing, dans la Province du Jiangsu, pour protéger le reste des trésors.

Le père de M. Liang revint à Beijing en 1954, afin de transférer les antiquités restantes au Musée du Palais.« Quand j'étais môme, j'allais souvent au palais avec mon père. J'aimais dénicher des criquets sous les briques », se souvient M. Liang.

Après des années de guerre, le palais était en piteux état, encombré d'immondices et de mauvaises herbes. Au début des années 1950, plus de 250 000 mètres cubes de déchets furent déblayés de l'endroit. Le Conseil des Affaires de l'Etat plaça le Musée du Palais sous protection en 1961, et il devint un site du Patrimoine Mondial de l'UNESCO en 1987.

Suivant les pas de son père et de son grand-père, M. Liang commença à travailler au Musée du Palais en 1979, consacrant sa vie à la recherche et à la protection des vestiges jusqu'à sa retraite.

En janvier 2011, le Musée du Palais annonça qu'il abritait 1,807 million de pièces anciennes ; ce fut la première fois qu'un décompte précis de sa collection fut révélé.

Il a tout de même fallu plus de sept ans au Musée pour inspecter et cataloguer avec soin sa vaste collection, un processus qui a laissé une impression profonde sur M. Liang.Bien qu'il n'ait pas vu toutes les antiquités dans le Musée, il dit pourtant qu'il en a vu probablement plus que n'importe qui.

Tout comme M. Liang, Wang Ge est l'un des rares chanceux qui a pu avoir une vue d'ensemble de cette véritable caverne d'Ali Baba.

Bien que les salles situées le long de l'axe central et que beaucoup des principaux bâtiments de la Cité Interdite soient ouverts au public depuis des années, la plus grande partie du palais est utilisée comme bureaux où entrepôts et leur accès est restreint.

M. Wang a eu la chance de pouvoir apercevoir ces zones restreintes quand il fut chargé de la tâche de dessiner un plan du Musée du Palais.

« Plus jamais je ne me perdrai ici. J'ai l'impression que mon coeur est profondément enraciné ici, et que je n'en partirai jamais ».

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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