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Français>>CultureMise à jour 22.06.2011 08h55
La Chine et Hollywood...une histoire de films

TANG YUANKAI

EN 2010, les recettes des entrées au cinéma en Chine ont dépassé la barre des 10 milliards de yuans, dont quelque 2 milliards grâce à deux superproductions du cinéma hollywoodien : 2012 et Avatar. Si ces deux films ont eu un tel succès, c'est parce qu'ils avaient la « touche chinoise » qu'il fallait pour plaire au public chinois qui s'est senti quelque peu « flatté ».

Le cinéma occidental à la sauce chinoise ne date pas d'hier, mais ces dernières années, cette tendance s'est particulièrement affirmée. « La crise financière y est peut-être pour quelque chose, puisque les pays occidentaux ont pu observer la Chine sous un autre jour, surtout grâce au moteur économique qu'elle représente. L'empire du Milieu est ainsi mieux considéré, et ce même égard se reflète à travers les productions cinématographiques dans lesquelles le style chinois est désormais bien plus qu'un simple décor exotique », selon le professeur Fan Yugang de l'École du Parti du Comité central du PCC. Ce dernier ajoute que l’image positive de la Chine est en train de se généraliser en Occident, facilitant ainsi les échanges et la communication d'égal à égal entre les deux cultures.

Entre stéréotypes et préjugés

Voilà déjà plus de 30 ans que Tang Yuhe est allée étudier aux États-Unis. Après tous les films hollywoodiens qu'elle avait alors pu voir, elle pensait savoir à quoi s'attendre. Erreur. Elle est tombée des nues lorsqu'elle a vu ses compatriotes chinois à l'écran dans le pays qui l'avait accueillie. Déconcertée et stupéfaite, elle a été extrêmement déçue. « La façon dont les étrangers se représentaient – ou plutôt devrais-je dire, s'imaginaient – les Chinois était absolument erronée. »
La Chine et les Chinois transparaissent au travers des films américains depuis près d'un siècle, à vrai dire depuis l'époque des films muets. « Considérés comme de véritables étrangers aux yeux des Américains, les Chinois ont toujours été victimes de stéréotypes, explique Mme Tang. Pour être honnête, nombreux sont les films truffés de préjugés. »

Le Dr Pu Yuanyuan de l'École des lettres de l'Université du Peuple de Chine, souligne qu'à l'origine, les éléments chinois introduits dans les films jouaient un rôle majeur à Hollywood. « Or, les discriminations raciales et la montée du courant orientaliste ont influencé la manière qu'avait Hollywood de dépeindre l'Orient comme étant un monde dangereux et rempli de mystères; une image déformée qui a déteint sur celle de la Chine. » Beaucoup de réalisateurs ont créé des personnages chinois – intrigants au teint cireux, portant une longue tresse, parlant une langue inaccessible et pratiquant des cultes mystérieux – issus directement de leur imagination, ou du moins créés sur la base de bribes d'informations, souvent de troisième main.

Vers la fin du XIXe siècle, les États-Unis ont décidé d'expulser par la force la main-d'œuvre chinoise. À la suite de cette mesure d'expulsion connue sous le nom de « Péril jaune », les films étaient plus enclins que jamais à décrire les Chinois comme des étrangers s'imposant comme une menace pour la race blanche. En 1933, le film La Grande Muraille (The Bitter Tea of General Yen) est sorti sur les écrans. Sa trame tourne autour d'une histoire d'amour entre un général chinois et une femme occidentale. À la fois doux, efféminé, sombre et vil, ce général rassemble les deux traits caractéristiques extrêmes d'un homme chinois vu sous un angle américain. C'est à cette époque des films en noir et blanc que l'image du « Chinois hollywoodien » pouvait incarner le mieux la notion d’étrangeté.

Le modèle qui illustrait certainement au mieux cette image était l'infâme docteur Fu Manchu. À partir de 1929, les productions cinématographiques hollywoodiennes dans lesquelles le docteur diabolique faisait office de personnage principal étaient légion. Fortes de leur influence négative sur le public américain, ces productions lui offraient ainsi une vision faussée des Chinois. Aux yeux de l'Orient, encore à l'heure actuelle, beaucoup de films hollywoodiens attribuent au personnage chinois le rôle de méchant : à travers ce côté maléfique – un geste, un regard, le mouvement d'un doigt –, tout est étudié pour effrayer le public blanc américain.

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Source: La Chine au présent

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