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Français>>CultureMise à jour 20.05.2011 13h15
Les sites historiques de Chine menacés par l'appât du gain

La façon dont la Chine traite son patrimoine culturel est récemment tombée sous le feu des critiques à la suite d'allégations selon lesquelles des sites historiques importants auraient fait l'objet d'une utilisation impropre.

Des déclarations sur l'existence d'un club privé pour personnes riches au sein même du Palais Jianfu dans la Cité Interdite à Beijing ont ainsi suscité l'émotion chez de nombreux internautes chinois. Etre membre de ce club coûterait un million de Yuans (154 000 Dollars US).

Cependant, cette utilisation manifestement inappropriée de monuments culturels ne semble pas s'arrêter aux impressionnants murs de la Cité Interdite.

Ainsi, la villa qui fut la résidence de Song Meiling (épouse de Jiang Jieshi, l'ancien dirigeant du Guomindang) à Nanjing, capitale de la Province du Jiangsu, et qui a été classé comme site historique et culturel placé sous protection de l'Etat en 2001, aurait-elle été transformée en un restaurant de haut de gamme accueillant des banquets de mariage de haut vol.

Ces allégations très médiatisées ont provoqué les protestations de nombreuses personnes ainsi que des critiques, se demandant si les sites culturels de la Chine n'étaient pas sous la menace de ceux qui veulent en tirer des bénéfices.

« Il est indéniable que le système actuel de protection des vestiges culturels comporte plusieurs défauts », a dit Gao Guoxi, Professeur au Département des Sciences Sociales de l'Université Fudan de Shanghai.

Le Professeur Gao dit qu'il n'est pas rare de voir en Chine des endroits anciens exploités pour des gains commerciaux, et nombreuses sont les personnes et organisations qui ont essayé d'en tirer profit.

Cependant la soif de terrains destinés à la construction semble être un défi plus grand encore pour ceux qui souhaitent préserver les sites historiques du pays.

Ainsi, dans la ville de Hangzhou, capitale de la Province du Zhejiang, dans l'Est du pays, le développement d'une zone qui abritait les restes d'une ville impériale de la Dynastie des Song du Sud (1127-1279), a continué pendant plus d'un an sans autorisation.

La zone avait pourtant été classée comme site historique et culturel mis sous protection de l'Etat en 2001, et elle avait également été classée comme un des vestiges protégés les plus importants de Chine durant la période du 11e Plan Quinquennal (2006-2010).

Liang Baiquan, ancien directeur du Musée de Nanjing, dit que ce genre d'affaires témoigne d'un déclin de la moralité.

« Les précieuses resources culturelles du public ont été détournées par la classe privilégiée », a t-il dit. « Cela montre que la société court après des profits rapides et c'est signe d'une dégradation morale ».

D'après la réglementation chinoise sur la protection des vestiges culturels, les entreprises de construction doivent faire des recherches complètes et des enquêtes sur les sites éventuels de construction afin de s'assurer qu'ils ne sont pas placés sous protection de l'Etat avant de débuter les travaux de construction.

Hélas, cette réglementation est rarement suivie, et son application effective est souvent inexistante.

Une enquête menée sur les sites de construction à Beijing a ainsi montré que, sur 4 191 projets achevés en 2007 et 2008, seuls 2,3% avaient respecté les règles concernant la protection des vestiges culturels.

L'enquête avait été conduite par la Conférence Politique Consultative Populaire Municipale de Beijing.

An Jiayao, chercheur à l'Institut d'Archéologie de l'Académie Chinoise des Sciences Sociales, dit pour sa part que bien que la Chine ait claironné dans le passé qu'elle protégeait ses vestiges culturels, le manque d'une véritable compréhension de la signification de ces vestiges a conduit à une mauvaise application de la réglementation.

Le Professeur Gao pense que la Chine devrait adopter une ligne plus dure et sanctionner les contrevenants si elle souhaite éviter que ses vestiges culturels ne soient plus encore abîmés.







Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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