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Français>>CultureMise à jour 12.05.2010 08h55
La construction urbaine au détriment des sites historiques est contestée en Chine

Le journal de la Jeunesse de Chine a publié en avril deux reportages sur la démolition d'une vieille muraille de la dynastie Tang pour la construction d'une route et le comblement d'un lac pour ériger des villas de luxe dans la ville touristique de Dali, dans la province du Yunnan. Ces deux événements ont fait l'objet de vifs débats. Le public conteste de plus en plus ce phénomène d'urbanisation au détriment de l'environnement et des sites historiques.

La semaine dernière, le centre d'enquêtes sociales du journal a effectué un sondage d'opinion auprès de 2 284 personnes dont 50,8 % sont nées après les années 1980 et 31,7 % dans les années 1970. 72,2 % des interrogés estiment que la quête de promotion des fonctionnaires locaux est à l'origine du l'édification économique urbaine au détriment de l'environnement et des sites historiques. 67,4 % déclarent que ce comportement est défavorable au développement durable des villes.

93,4 % des sondés sont d'avis que les monuments historiques doivent être préservés

« Ce qui m'étonne, c'est que ces deux nouvelles concernent une ville touristique très célèbre. C'est une destruction flagrante de précieuses ressources historiques ! », juge Gao Jing, étudiant de l'institut de journalisme de l'Université du Peuple de Beijing. « La démolition de bâtiments anciens, témoins historiques d'une ville, signifie sans aucun doute l'effacement de sa mémoire ».

Ces dernières années, la lutte entre la protection des monuments historiques et la construction urbaine se fait de plus en plus acharnée. Depuis les années 1990, un tiers des anciennes résidences de personnages célèbres de Beijing ont été démolies, y compris certaines placées sous la protection de la municipalité ou de l'arrondissement.

Selon Gao Jing, dans beaucoup de pays du monde, les gens protègent actuellement leurs monuments culturels et historiques comme leur vie. Les Italiens protègent non seulement les bâtiments à valeur commémorative, mais également ce qui les entoure. Ils procèdent même à une protection générale de villes et de villages, y compris les ruines. « C'est parce que tout cela représente l'histoire et l'art de leur pays. Nous devons également transmettre notre précieux patrimoine aux générations futures ».

Cette enquête montre que 93,4 % des participants sont d'avis que les monuments historiques doivent être conservés, et 56,2 % estiment que leur valeur est considérable.

À propos du phénomène de construction commerciale au détriment de l'environnement ou de monuments historiques, 67,4 % des sondés jugent que cela « est défavorable au développement durable ». Selon 47,4 %, ce comportement réduit l'habitabilité d'une ville ; 20,3 % pensent que ce comportent ne permettra d'augmenter le niveau de vie qu'à court terme.

« La protection et la restauration des sites écologiques et culturels font partie de l'urbanisme. Ces sites ne doivent pas être considérés comme des obstacles au développement urbain. Ils ne le sont d'ailleurs pas », affirme Zhang Zhanlu, professeur adjoint de l'institut de gestion publique de l'Université du Peuple. Selon lui, grâce à une planification rationnelle et scientifique, les paysages naturels et humains peuvent se compléter. « Du point de vue de l'urbanisme, la conservation des monuments historiques est la protection de la vie et de l'avenir d'une ville ».

« Il existe quelques contradictions entre la construction urbaine et la protection de l'écologie et des sites historiques. Cependant, ces contradictions peuvent être résolues », indique Wu Qiao, vice-doyen de l'institut des sciences humaines de l'Université du Droit et des Sciences politiques de l'est de la Chine. Il affirme que les mesures de Paris dans ce domaine devraient être source d'inspiration. « La ville de Paris, qui avait procédé énergiquement à la construction urbaine, a découvert qu'elle portait gravement préjudice à son environnement et ses monuments historiques. Il a donc été décidé de conserver l'ancienne cité et de développer la nouvelle à proximité ».

Selon Wu Qiao, si une ville souhaite se moderniser rapidement, le mieux est d'« ouvrir une nouvelle ville ailleurs ». Le remodelage sur l'emplacement de la vieille ville n'est favorable ni à la protection de l'environnement et des sites historiques, ni à la vie quotidienne des citadins.

Selon 72,2 % des personnes interrogées, la quête de promotion des fonctionnaires est à l'origine de ce problème

93,8 % des sondés souhaitent que leurs villes conservent leurs bâtiments historiques intacts. Pour 65,5 %, ce vœu est « très fort ».

57,2 % des interrogés estiment que ce sont les citadins locaux qui décident le destin des vieux édifices historiques d'une ville. 20,9 % jugent que ce sont « les départements concernés de l'État ». Ceux qui optent pour la responsabilité du « département d'urbanisme » et des « fonctionnaires administratifs locaux » représentent respectivement 14,4 % et 5,8 %.

Selon Gao Jing, en cas de conflit entre la protection des édifices historiques et la construction urbaine, les départements concernés doivent demander conseil à toutes les parties concernées, par exemple à travers des séminaires académiques ou des auditions, afin d'écouter les experts et les citadins.

Cette enquête montre que 72,2 % des interrogés pensent que la construction à but économique au détriment de l'environnement ou des monuments historiques est la conséquence de la quête de promotion des fonctionnaires.

Selon un étudiant chercheur du département des sciences sociales de l'Université des sciences et techniques du centre de la Chine, la résolution de ce problème suppose non seulement une meilleure connaissance de l'environnement naturel et de la valeur des monuments historiques, mais également l'amélioration du système d'évaluation des gouvernements locaux. « Si la protection d'un monument historique peut apporter le même mérite que l'introduction d'investissements, je suis sûr que les gouvernements locaux choisiraient la première », explique-t-il.

Si les fonctions des départements de l'environnement et du patrimoine culturel conférées par les lois et règlements étaient bien exercées, les événements de Dali n'auraient pas eu lieu, selon Zhang Zhanlu. « Mais tout d'abord, il faut faire participer les départements concernés à la prise de décision de la planification urbaine afin de mettre pleinement en oeuvre leurs fonctions. Le public doit aussi y participer pour jouer un rôle de contrôle. Grâce à ces mécanismes, les failles de ce genre pourront être évitées », souligne-t-il.

Source: China.org.cn

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