100 chansons patriotiques/Edition du week-end/Notre site/Archives/

 
Français>>CultureMise à jour 26.08.2009 08h44
La Saint-Valentin occidentale supplante le Qixi chinois : une rose frivole triomphe du mal d'amour millénaire

La « pluie du mal d'amour » de Niulang (牛郎) le Bouvier et de Zhinü (织女) la Tisserande s'est transformée cette année en Chine, aux environs de la Fête du Double-Sept (Qixi) ou fête des Sept sœurs, en une averse qui est tombée sans arrêt sur tout le pays. Bien que l'amour de la Tisserande pour le Bouvier demeure inchangé depuis des millénaires, mais aujourd'hui en Chine, la coutume qui oblige les vieux parents à demander à leurs filles de poser à terre vases, jarres, cruches et pots pour recueillir la « pluie du mal d'amour » s'éloigne de plus en plus et disparaît de l'univers sentimental et passionnel des jeunes chinois et chinoises de notre époque. Au moment où la Saint-Valentin, fête des amoureux en Occident, commence à s'étendre partout en Chine, nous ne pouvons que reconnaître la réalité suivante : le mal d'amour millénaire du Bouvier et de la Tisserande est incapable maintenant dans notre pays de triompher d'une rose frivole et inconstante.

La Saint-Valentin met en déroute le Qixi.

La Fête Qixi, qui est également appelé en Chine "Fête où les jeunes filles montrent leurs compétences", date de l'époque des Hans (206 av. J-C à 220). Elle est la seule fête populaire de la société chinoise permettant aux amoureux d'exprimer leur folle passion réciproque. Puis, à partir de l'époque des Song (960-1279) et des Yuans (1271-1368), on commence du premier jour de juillet à faire des préparatifs et les rues, remplies de gens, de chevaux et de voitures, deviennent très animées. Partout c'est l'afflux de gens et une circulation intense et tout cela constitue la plus ancienne 'économie culturelle' des amoureux en Chine. Aujourd'hui dans notre pays, ce genre d''économie amoureuse' avec une grande affluence de visiteurs et l'étalage du savoir-faire des jeunes filles a complètement disparu et elle est remplacée par des roses occidentales à tige épineuse et par du chocolat à goût amer. La Saint-Valentin occidentale séculaire est connue en Chine seulement il y a une vingtaine d'années, mais rapide comme l'éclair, elle a complètement transformé la coutume chinoise deux fois millénaire où à la veille du jour de la Fête Qixi, les jeunes filles vont sous les treilles où pendent des grappes de raisins et de courges pour observer et essayer d'apercevoir les deux amoureux le Bouvier et la Tisserande qui sont séparés par la Galaxie. Les jeunes filles chinoises n'aspirent plus comme leur aïeules à devenir comme la Tisserande une femme à esprit vif, à main adroite et à faire preuve d'une fidélité inébranlable et d'une constance parfaite.

La culture confucéenne insiste que l'amoureux (se) est le traître de l'époux (se). Mais dans les conditions actuelles de l'économie du marché, mes citoyens chinois commencent à renoncer aux restrictions de cette culture et battent froid avec la Fête Qixi. Au contraire, ils s'engouent pour la Saint-Valentin occidentale et remplacent le conjoint par l'amoureux, et c'est ainsi que l'amour d'une nuit supplante le « mal d'amour » silencieux et prolongé. Face à cette culture d''amoureux' qui apparaît soudainement, qui aurait cru que les disciples de l'école confucéenne imprégnés de l'esprit d'un 'amour indéfectible et éternel' délaissent et abandonnent sans hésitation le mariage basé sur l'attachement profond et l'amour éternel, qui préconise que » le couple qui ressent un mal d'amour réciproque doit penser l'un à l'autre jour et nuit », et se prosternent tout de suite devant le parfum subtil et la splendeur resplendissante de la rose.

La culture traditionnelle chinoise, après avoir passé par toutes les vicissitudes plusieurs fois séculaires de toutes sortes de mouvements politiques et culturels, est déjà depuis longtemps en pleine déroute. Dans la situation actuelle où l'économie du marché crée un environnement permettant à la culture de concurrencer dans des conditions égales et rationnelles, la culture confucéenne n'a pas encore pu trouver jusqu'ici un point d'appui pour se relever. La montée en puissance de l''économie des amoureux' fournit à la Saint-Valentin occidentale un porteur et un espace de croissance. Et cela constitue certainement un coup vraiment mortel porté contre la culture confucéenne qui a déjà passé par de rudes épreuves. Dans le contexte actuel où l'économie du marché se développe et s'épanouit sans cesse, l'idée de la disparité de l'amour et la position prédominante de l'être humain se rejoignent et s'affrontent une fois de plus. Le résultat est connu d'avance : personne ne pense plus à souffrir du mal de l'amour millénaire pour s'accrocher au vieil ordre conservateur de la disparité de l'amour. On préfère choisir, avec un sentiment léger et joyeux, l'idée libre permettant d'extirper instinctivement et naturellement les mœurs répugnantes et les mauvaises habitudes de la culture traditionnelle chinoise et faire en sorte que le 'mal d'amour' devienne l''amour réciproque' et que la 'disparité de l'amour' de la culture confucéenne devienne 'l'amour, c'est ce qu'il faut avoir' qui est en fait une idée de l'amour spontanée et auto-déterminante.

Certains appellent simplement et carrément la Fête du mal d'amour orientale la Saint-Valentin chinoise, leur objectif c'est d'opposer la première à la deuxième. On ne sait pas si leur but est en définitif d'utiliser la culture occidentale pour transformer et améliorer la culture traditionnelle chinoise afin d'apporter à cette dernière une nouvelle vitalité ou bien c'est d'utiliser le marché pour couper le lien du sang de la continuité de la culture confucéenne ?

[1] [2] [3]

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
181 étrangers participeront au défilé consacré à la célébration de la Fête nationale
Le Premier ministre chinois se rendra en RPDC en octobre
Le développement de la Chine donne de l'espoir à l'Afrique
Sommet du G20 : pas de perdant ni de gagnant
Pourquoi la Chine a-t-elle pu échapper à la « théorie de l'écroulement » ?