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Français>>ChineMise à jour 20.07.2012 15h43
Coopération sino-africaine : quelle sera la prochaine étape ?

La cinquième Conférence Ministérielle Sino-africaine sur la coopération s'est tenue à Beijing les 19 et 20 juillet, et, à la veille de son ouverture, Mme Ren Xiaoping, ancienne ambassadrice extraordinaire et plénipotentiaire de la République Populaire de Chine en Namibie, a accordé un entretien au Quotidien du Peuple en Ligne (ci-après QPL). Selon Mme Ren, l'Afrique est un continent dont le potentiel est immense et qui est porteur d'espoirs ; elle estime que la coopération sino-africaine a déjà obtenu des résultats tangibles, et que la prochaine étape sera d'ajuster sa structure pour améliorer plus encore la qualité de la coopération.

QPL : Vous avez été ambassadrice en Namibie pendant trois ans de votre vie en Afrique. Quelle est l'impression la plus profonde que l'Afrique vous ait laissé ?

Ren Xiaoping : L'Afrique est un continent vaste et mystérieux, très attirant. L'Afrique a connu dans le passé des siècles de colonisation douloureuse, mais aujourd'hui elle connaît un développement continu, plein de potentiel et d'espoir. Du point de vue de la politique gouvernementale et extérieure, notre compréhension de l'Afrique est aujourd'hui plus globale et plus profonde. Du fait que l'Afrique est éloignée, et du fait des articles de certains médias occidentaux, la compréhension qu'ont certains Chinois de ce continent n'est encore pas très complète ni très objective, et ils pensent que l'Afrique est synonyme de famines et de désastres. On ne saurait nier que ces choses existent dans certains pays, mais d'une manière générale, l'Afrique est un continent fascinant et plein d'espoirs.

QPL : Comment les Africains voient-ils le récent développement de la Chine ?

Ren Xiaoping : Ils reconnaissent les succès de la Chine depuis la réforme et l'ouverture, que les Chinois sont un peuple très travailleur, et que la voie de développement de la Chine est la bonne. Maintenant que le développement de l'Afrique en est arrivé à un niveau rapide, ils espèrent que la coopération sino-africaine va suivre la même voie que la Chine a suivi pour son développement.

QPL : Qu'est-ce qui explique le maintien de relations d'amitié de longue durée entre la Chine et l'Afrique ? Quels efforts a fait chaque partie à cet égard ?

Ren Xiaoping : Les relations sino-africaines ont une très longue histoire. Déjà au 15e siècle, sous la Dynastie des Ming, le célèbre navigateur chinois Zheng He a fait quatre voyages en Afrique, et a atteint des endroits qui sont aujourd'hui la Somalie, le Kenya, ainsi que l'Afrique de l'Est, et procédé à des échanges commerciaux. Et plus récemment, lors de la lutte des pays africains pour leur indépendance, des années 1960 aux années 1980, la Chine a apporté un soutien moral et matériel à ces pays. On peut qualifier les relations entre la Chine et les pays africains de fraternelles. Après la création du Forum Sino-africain, les deux parties ont établi des relations de coopération et d'amitié mutuellement bénéfiques. L'amitié entre la Chine et l'Afrique a des fondations solides, leur coopération est très pragmatique et les perspectives sont grandes. Les Africains, que ce soit les dirigeants ou les gens ordinaires, ont des sentiments très amicaux envers la Chine, et ils lui sont très reconnaissants pour l'aide qu'elle leur apporte.

En tant que membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations-Unies, la Chine a toujours soutenu la souveraineté des pays africains, la justice, activement appelé à un soutien au développement du continent africain, et offert ses bons offices pour résoudre les problèmes les plus sérieux touchant l'Afrique.
L'aide entre l'Afrique et la Chine est une aide mutuelle. Pour ce qui est de l'aide à l'Afrique, La Chine a réaffirmé que celle-ci doit obtenir la place qu'elle mérite aux Nations-Unis. De leur côté, les pays africains ont eux exprimé tout leur soutien à la Chine lors de la préparation des Jeux Olympiques, de l'Exposition Universelle de Shanghai et d'autres évènements. Et même quand le séisme de Wenchuan a si cruellement frappé la Chine, ses amis africains, bien que peu riches, lui ont offert toute l'aide qu'ils ont pu.

QPL : L'Occident critique souvent la Chine, disant que ses investissements en Afrique sont une sorte de « néo-colonialisme », et que l'intérêt de la Chine pour l'Afrique est pour l'essentiel motivé par les ressources naturelles de celle-ci. Que pensez-vous de ces critiques ?

Ren Xiaoping : La plupart des Africains pensent que le commerce sino-africain est bénéfique pour eux, et ils espèrent que le volume de ces activités va s'accroître. Pour ce qui est des critiques de « néo-colonialisme » de la part de l'Occident, n'oublions pas qu'ils furent eux-mêmes autrefois les colonisateurs de ce continent... la situation économique de l'Europe n'est guère optimiste, leur état d'esprit en est quelque peu perturbé, et ils craignent que leurs positions en Afrique ne soient prises par la Chine.

Les accusations de « néo-colonialisme » de l'Occident à l'égard de la Chine ne sont pas justes. La Chine se procure des ressources en Afrique dans le cadre d'un commerce international équitable, et en accord avec les règles du marché. Les Etats-Unis achètent en Afrique, l'Europe achète en Afrique. Alors pourquoi la Chine ne pourrait-elle pas en faire de même ? En 2006, les Etats-Unis ont acheté 33% des exportations de pétrole africain, l'Europe 36%, mais la Chine seulement 8,7%. Dire que la Chine pille les ressources de l'Afrique n'a pas de sens.

D'un autre côté, l'Afrique dispose de ressources abondantes, mais elle manque de technologies, de capitaux et d'infrastructures. A t-on le droit de laisser l'Afrique « mendier sa nourriture alors qu'elle a un bol en or » ? Elle a besoin de mettre une partie de ses ressources sur le marché international pour les transformer en capitaux et techniques dont son développement a besoin. Ceci est conforme aux besoins de développement de l'Afrique. Les Chinois sont durs à la tâche, les prix qu'ils pratiquent sont bas et équitables, et ils accordent aussi une grande attention au développement de talents locaux. C'est une des raisons qui explique pourquoi les Chinois sont bien accueillis en Afrique.

Lors de mon mandat en tant qu'ambassadeur, le président de l'Assemblée de Namibie a déclaré en public que « La Chine est pour nous un vieil ami, nous nous comprenons bien et nous nous faisons une confiance absolue. Aussi je n'aime pas trop que les Occidentaux nous disent comment se comporter avec la Chine ».

Le commerce entre la Chine et l'Afrique connaît ce qu'on peut appeler des « maladies de croissance », et il y aura encore des problèmes de ce genre à l'avenir. Qu'il y ait ce genre de problèmes est naturel, aussi le Forum Sino-africain sur la Coopération est-il nécessaire. Les deux parties doivent faire des efforts conjoints pour surmonter ces problèmes et améliorer la qualité de leur coopération.

QPL : Si on compare avec les autres grandes réunions internationales, quels sont les avantages du Forum Chine-Afrique ? Comment nos amis africains évaluent-ils le Forum Chine-Afrique sur la Coopération ?
Ren Xiaoping : Le Forum Chine-Afrique sur la Coopération est une plateforme de dialogue collectif entre la Chine et 49 pays africains, c'est un mécanisme de coopération très pragmatique et très efficace pour l'amélioration du niveau de la coopération sino-africaine. A chacune de ses phases, le Forum Sino-africain sur la Coopération a obtenu des résultats concrets. Sur le plan politique, la coopération sino-africaine a été marquée par l'égalité et la confiance mutuelle, une coopération gagnant-gagnant sur le plan économique, et sur le plan culturel, des échanges réciproques. Pour les dirigeants africains, la Chine ne représente pas une menace, mais bien plutôt une gigantesque opportunité.

Le Président du Nigeria a dit que « la Chine est un partenaire important du processus de développement au Nigeria. Les investissements chinois sont les bienvenus au Nigeria, et nous espérons beaucoup que la coopération entre la Chine et le Nigeria et la Chine et l'Afrique sera renforcée grâce au Forum Sino-africain sur la Coopération ».

QPL : A quelles opportunités et à quels défis fait actuellement face la coopération sino-africaine ? Quels secteurs sont amenés à prendre de l'importance lors de la nouvelle étape de la coopération sino-africaine ?
Ren Xiaoping : les opportunités résident dans un développement rapide pour les deux parties, et pour cela il faut que la coopération entre elles accélère son rythme de développement.

Les entreprises chinoises se mondialisent, elles ont besoin d'un terrain d'action plus vaste. Le potentiel de développement de l'Afrique est grand, elle a besoin de capitaux et de techniques, et comme le processus de développement de la Chine est similaire à celui que connaît l'Afrique, certaines techniques et certains modèles de développement peuvent sans aucun doute convenir à l'Afrique. La coopération sino-africaine a obtenu beaucoup de bons résultats, dont les deux parties sont plutôt satisfaites.

Quant au prochain défi, je pense que la structure de coopération entre les deux parties a besoin d'être améliorée ; et si dans le passé c'était le secteur des ressources qui était le plus important, il faudra dans l'avenir parvenir à une diversification du secteur industriel, améliorer le modèle de coopération, par exemple en étendant le domaine des investissements et des financements, en transférant davantage de chaînes de production en Afrique, pour créer davantage d'opportunités d'emploi localement, afin que les deux parties puissent partager davantage de résultats pratiques.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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