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Français>>ChineMise à jour 28.02.2012 07h54
Il faut davantage de soft power pour la Chine en Afrique

Les relations sino-africaines ont progressé de manière significative sur le plan économique au cours de la dernière décennie, grâce au Forum sur la Coopération Chine-Afrique, fortement institutionnalisé, et qui a été créé en l'an 2000.

La Chine a dépassé les Etats-Unis en tant que partenaire commercial le plus important de l'Afrique en 2009, et le volume du commerce bilatéral est passé de 10 milliards de Dollars US en 2000 à plus de 160 milliards de Dollars US en 2011. Dans le même temps, l'Afrique est aujourd'hui pour la Chine le deuxième plus grand marché du travail et de maîtrise d'ouvrage à l'étranger et la quatrième plus grande destination pour les investissements à l'étranger. Pourtant, malgré ces réalisations concrètes, il y a des raisons de s'inquiéter du manque d'échanges bilatéraux au niveau idéologique.

La Chine a longtemps maintenu ses avantages comparatifs dans ses relations avec l'Afrique en élargissant ses investissements sur le Continent Noir et en aidant les pays africains ayant des projets dits « durs » tels que la construction d'infrastructures, ce qui fait que, par conséquent, la présence chinoise sur le continent est largement saluée par les populations africaines. En comparaison, les pays occidentaux comme les Etats-Unis ont eux concentré leur présence dans des projets dits « mous » qui produisent des résultats intangibles, tels que la construction de la société civile en Afrique, le renforcement des capacités des dirigeants africains et des recherches académiques qui impliquent les intellectuels africains. Beaucoup de personnes, aux Etats-Unis, disent que Washington devrait d'ailleurs suivre l'exemple de la Chine et attacher plus d'importance aux projets « durs » en Afrique, qui produisent des résultats tangibles.

Mais à l'inverse, la Chine doit aussi apprendre des États-Unis. En regardant en arrière les relations sino-africaines, nous pouvons voir que, bien que lors de ces dernières années, l'accent ait été mis sur la coopération bilatérale dans des domaines tels que le développement des ressources humaines et que les deux parties aient lancé le Programme Conjoint de Recherche et d'Echanges Chine-Afrique en 2010, les investissements de la Chine dans les projets « mous » sont encore assez limités par rapport à ses investissements dans des projets « durs ».

Il n'est donc pas étonnant que, malgré les bourses continument accordées par le Gouvernement chinois aux étudiants africains pour étudier en Chine, les meilleurs étudiants africains continuent de choisir les pays occidentaux comme destination favorite pour leurs études à l'étranger. Bien qu'il y ait plus de 2 000 entreprises chinoises et environ 1 million de ressortissants chinois opérant en Afrique, les enseignants chinois enseignent rarement dans les universités africaines et la voix de la Chine est à peine audible dans les médias africains. La plus grande partie de l'élite africaine, y compris les dirigeants et les intellectuels, ont d'ailleurs également reçu une éducation occidentalisée et leur identification avec l'Occident en termes de démocratie et de liberté est sans doute au-delà de ce que l'on peut imaginer en Chine.

Même ainsi, accroître son influence en Afrique sur le front idéologique n'est pourtant pas une mission impossible pour la Chine, et il existe pour elle beaucoup d'opportunités pour y parvenir.

Compte tenu des expériences similaires entre la Chine et l'Afrique dans leur rencontre historique avec les pays occidentaux et de leur recherche commune en matière de développement, les deux parties partagent un degré plus élevé de consensus en matière de droits de l'homme et de souveraineté qu'en matière de démocratie, et la Chine peut avoir un dialogue approfondi avec l'Afrique sur ces deux sujets, et donc parvenir à un consensus plus approfondi. En fait, par rapport avec le monde occidental qui a toujours porté une attention excessive à l'universalité, à l'individualisme et à la suprématie des droits de l'homme, la Chine et de nombreux pays africains attachent eux une plus grande valeur aux droits humains collectifs tels que les droits nationaux.

Par conséquent, il est facile de comprendre pourquoi, dans les pays africains comme le Burundi et le Kenya, les personnes des mondes intellectuel, politique et non gouvernemental, ont critiqué l'OTAN pour leur intervention en Libye, un Etat souverain, et sont inquiets du retour du colonialisme en Afrique.

La crise financière mondiale et la récession économique en Occident, et le fait que des puissances émergentes comme la Chine aient surmonté avec succès les crises, et le maintien d'une croissance régulière, ont apporté une nouvelle idéologie politique à l'Afrique, qui a fait tourner l'attention du Continent Noir vers l'Orient. La Chine devrait saisir cette occasion pour engager un dialogue avec l'élite africaine, en particulier à un moment où de nombreux pays africains vont connaître des élections et des transitions de pouvoir. Après tout, la démocratie, la liberté et les droits de l'homme ne sont pas exclusifs au monde occidental.

La Chine a besoin de rattraper la tendance et de discuter de la démocratie et du développement avec les pays africains qui ont subi des siècles de pillage colonial et suivent un chemin cahoteux vers le développement et la démocratie.

L'auteur est Directeur des Etudes Africaines à l'Institut des Etudes de l'Asie Occidentale et de l'Afrique du Nord à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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