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Français>>ChineMise à jour 24.02.2012 16h21
Plutôt une réforme imparfaite qu'une crise due au conservatisme

Depuis 1978 jusqu'ici, la réforme déclenchée en Chine ressemble maintenant à un courant impétueux qui traverse un espace plus large et plus étendu et devant lequel se dressent toutes sortes de défis. A l'occasion du 20ème anniversaire de la tournée de Deng Xiaoping dans le sud de la Chine et au cours de laquelle il a tenu des propos qui ont profondément influencé le pays en indiquant la voie à suivre et à la veille de la tenue du 18ème Congrès du Parti communiste chinois (PCC), l'importance générale accordée à la réforme démontre que celle-ci, caractérisée par une ouverture de plus de trente longues années, est entrée dans une nouvelle phase historique.

En brisant toutes sortes d'obstacles idéologiques et en heurtant les intérêts réels, la réforme a défié dès le début les structures fixes et établies, ce qui fait que de toute évidence elle est accompagnée de « voix discordantes ». Que ce soit au moment de l'application du système d'exploitation forfaitaire, des changements apportés aux systèmes des prix et du salaire ou bien que ce soit les profondes transformations de l'heure actuelle au sujet de la publication des biens et de la fortune des fonctionnaires d'Etat, de la réforme des activités monopoles ou bien de celle des secteurs institutionnels, la réforme a toujours avancé et progressé au milieu de contestations, de controverses et même au milieu de reproches et de blâmes.

Toutefois, la différence existe et de l' « avance par tâtonnements » on est parvenu à la « réforme de la conception du sommet », c'est-à-dire du domaine économique au domaine social et politique, et plus elle avance et progresse en profondeur, la réforme touche à des contradictions et à des problèmes de plus en plus profonds, épais et obscurs ainsi qu'à des intérêts de plus en plus complexes, ce qui fait qu'elle se heurte à une résistance de plus en plus grande. Bref, en parlant dans le langage populaire, cela signifie que les tâches faciles sont presque toutes accomplies et il ne reste que des « os durs » à mordre et à ronger, alors qu'on ne doit ni de peut les éviter.

En procédant à la réforme, on provoque troubles et incidents, on s'attire des ennuis et on se donne du fil à retordre, car il est particulièrement difficile de faire en sorte qu'elle soit parfaite sous tous les rapports. Trois décennies se sont écoulées, la réforme est entrée dans une zone d'eau profonde et c'est le moment de monter à l'assaut, qu'importe que le projet soit bien médité, que le plan soit bien conçu et que l'on fait preuve d'une intelligence remarquable, il y aura tout de même des gens qui adresse des blâmes et des critiques à l'encontre de la réforme : les détenteurs d'intérêts acquis qui ont l'avantage du droit à la parole feront tout pour empêcher son avance, les médias et le public l'examineront d'un œil critique et exigeant, tandis que certains autres, animés d'idées utopiques, se montreront pointilleux et chicaniers envers elle. Quant aux réformateurs, ils sont à l'écoute de l'opinion publique, mais ne se laissent pas influencer par les rumeurs et les racontars, c'est pourquoi ils doivent faire preuve d'intelligence et de prudence, et surtout de courage et de responsabilité.

Dans le processus du développement de la réforme, ce qu'il y a d'inquiétant, ce ne sont en fait pas les voix hostiles d'opposition et de désapprobation qui se font entendre, c'est plutôt sa suspension brusque dès l'apparition de voix discordantes.

Toutefois, ce qui est sûr c'est que « la réforme amène effectivement du risque, mais sans la réforme, il y aura danger et menace pour le Parti ». En envisageant d'une manière générale le passé de certains grands partis et de certaines puissances mondiales, on remarque alors que leur déclin était principalement due à l'application de stratagèmes de réparation ingénieux et astucieux et qu'aucun(e) d'entre eux (elles) ont eu la détermination de trancher dans le vif en employant des mesures énergiques et la réforme qu'ils (elles) ont entreprises a cessé brusquement et était entrée dans l'impasse. Pour ce qui est de la réforme tellement confuse et tellement embrouillée menée actuellement par les différents secteurs et les différents départements, si l'on se tourmente pour rien, si l'on n'ose pas avancer, si l'on adopte l'attitude passive dite « Qui se tait ne se crée pas de problème » et si l'on détourne les problèmes et les contradictions à d'autres, il se peut alors qu'on se sent à l'aise et le cœur léger pour un certain moment et que certains intérêts soient satisfaits, mais les problèmes demeurent, traînent et deviennent par la suite des problèmes légués par le passé qui encombreront les générations futures. Cette façon de faire dressera devant la réforme des crises qui susciteront d'autres contradictions et provoqueront des crises plus menaçantes et plus dangereuses, ce qui créera la soi-disant situation de la « piège de la période de transition ».

Il y a déjà plus de vingt années que le camarade Deng Xiaoping nous a averti et prévenu en disant : « Il nous faut prendre un peu de risque. Il s'est formé en nous une sorte de capacité – la capacité d'assumer le risque », « Notre capacité d'assumer et de résister aux risques se renforce avec l'avance continuel de la réforme. En réglant et en traitant nos problèmes, il est impossible que nous ne soyons pas exposés à des risques. On n'a rien à craindre en bravant et en affrontant le danger ». En réalité, la Chine fut au bord du précipice au début de l'application de la politique de réforme et d'ouverture sur l'extérieur. Puis, il y a eu un moment d'incertitude et d'hésitation historiques avant la tournée de Deng Xiaoping dans le sud du pays. C'est justement en prenant en considération l'avenir et les intérêts fondamentaux de notre pays et de notre peuple que notre Parti a fait preuve d'un grand esprit de réforme en ayant le courage de braver les malheurs et les anomalies de la nature, en osant rectifier et même supprimer les règles et les systèmes instaurés par nos ancêtres, mais lesquels ne s'adaptent plus aux circonstances actuelles ou qui empêchent le progrès social et en s'attaquant aux rumeurs et aux commérages sans fondements. Ce n'est qu'en tenant compte de la contradiction principale et en faisant face avec résolution aux risques et aux dangers qu'on a pu changer les menaces en opportunités et faire en sorte que le grand courant de la réforme puisse poursuivre sa marche impétueuse en avant contre vents et marées. Et c'est ainsi que la Chine a pu devenir la deuxième des plus grandes entités économiques du monde.

Plutôt une réforme imparfaite qu'une crise due au conservatisme. Pour un grand parti politique au pouvoir depuis de longues années, il est important pour lui de rester vigilant afin que sa conduite et son comportement du moment ne porte pas atteinte à la base fondamentale de sa gouvernance. A cet effet, il faut empêcher que les intérêts partiels influent sur l'évolution de l'histoire et que le relâchement et le ralentissement dans le travail retardent le moment propice de la réforme, car ce qui nous préoccupe le plus pour le moment c'est la stabilité et le développement de notre société ainsi que le progrès durable de l'œuvre de notre Parti et de notre pays. Face à la toute nouvelle mission historique de la réforme, nous devons agir conformément aux directives données par le Secrétaire général du PCC Hu Jintao, à savoir « Ne laisser échapper aucune occasion favorable pour pousser en avant la réforme dans les secteurs importants et dans les maillons essentiels clés », « Poursuivre la réforme et l'innovation du système économique, du système politique, du système culturel et du système social ». Ainsi, nous serons capables de dissiper et de neutraliser les risques du moment, de faire en sorte que le développement puisse profiter de l'occasion et de gagner un avenir radieux pour notre Parti et pour notre pays.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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