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Français>>ChineMise à jour 16.02.2012 08h28
La politique de Beijing au Moyen-Orient est justifiée

La Chine, avec la Russie, a opposé son veto à une résolution du Conseil de Sécurité des Nations Unies le 4 février dernier, demandant au président syrien Bachar al-Assad de démissionner après des mois d'émeutes, parce qu'elle souhaite une solution politique et pacifique à la crise syrienne.

L'exercice par la Chine de son droit de veto a attiré l'attention du monde entier, notamment en Occident, où hommes politiques et médias ont critiqué son initiative. Par exemple, au Royaume-Uni, William Hague, Secrétaire aux Affaires étrangères a accusé la Chine et la Russie de « trahir le peuple syrien » en opposant leur veto à une résolution de l'ONU condamnant la violence. « En faisant ainsi, ils ont laissé tomber la Ligue Arabe, ils ont augmenté la probabilité de ce qu'ils veulent épargner à la Syrie, la guerre civile, et ils se sont mis du mauvais côté aux yeux de l'opinion arabe et internationale », a-t-il dit.

La Chine est un grand pays responsable, dont la politique extérieure est indépendante, ce qui signifie qu'elle ne peut pas suivre les États-Unis et leurs alliés occidentaux. La politique extérieure pacifique de la Chine vise à construire un monde harmonieux, basé sur les Cinq Principes de la Coexistence Pacifique, et la résolution des conflits et des affrontements entre les pays par le biais de négociations. Ses initiatives en matière de politique extérieure se fondent sur des principes identiques, et sa position sur la Syrie ne fait pas exception.

La Chine a maintenu la communication non seulement avec le gouvernement syrien, mais aussi avec l'opposition syrienne. Par exemple, elle a invité des représentants de l'opposition syrienne à Beijing pour des discussions. Elle utilise tous les moyens possibles pour promouvoir une solution politique en Syrie et fait tous ses efforts pour stabiliser la situation afin d'éviter une guerre civile à part entière. Par conséquent, la politique étrangère de la Chine est exempte de tout reproche.

Le problème est que les Etats-Unis et certains pays occidentaux tentent d'utiliser le Conseil de Sécurité pour obtenir un mandat leur permettant de reproduire le « modèle libyen » en Syrie. Malgré la promesse des diplomates occidentaux excluant une opération militaire, la résolution, si elle avait été adoptée, aurait donné aux puissances occidentales le feu vert dont ils auraient besoin pour intervenir militairement en Syrie.

Et une fois que les puissances occidentales seraient intervenues directement en Syrie, le pays serait devenu une autre « Libye », qui non seulement l'aurait poussé dans une guerre « sale », mais aurait aussi provoqué des turbulences dans l'ensemble du Moyen-Orient.

Le monde sait que le Conseil de Sécurité n'avait pas autorisé les frappes militaires contre la Libye, il n'avait imposé qu'une « zone d'exclusion aérienne ». Mais les pays occidentaux, avec les États-Unis en tête, ont utilisé la résolution de l'ONU comme une excuse pour lancer des bombardements aveugles sur la Libye.

Il n'y a aucune raison de croire que les États-Unis et leurs alliés occidentaux sont intéressés par la seule sauvegarde des intérêts des peuples au Moyen-Orient et, par conséquent, ils ne sont pas satisfaits de la position de la Chine pour d'autres raisons d'ensemble.

Après la fin de la guerre froide, les États-Unis ont élaboré une « stratégie des deux océans ». Ainsi, ils ont utilisé l'expansion de l'OTAN vers l'Est pour atteindre leurs objectifs stratégiques dans la zone euro-atlantique. Et dans la région Asie-Pacifique, ils s'appuient sur le Traité de sécurité américano-japonais, sur les nouvelles lignes directrices pour la coopération américano-japonaise en matière de défense et sur la mise en place du système de défense antimissile local pour maintenir leur statut de superpuissance unique.

Le Moyen-Orient sert de pivot à la structure du pouvoir mondial et peut créer un puissant « modèle en haltères » pour renforcer la « stratégie des deux océans » de Washington. C'est pourquoi, bien qu'ils aient peu à peu modifié leur orientation stratégique vers la région Asie-Pacifique, les Etats-Unis n'ont pas changé leur stratégie des « deux océans » et leur « modèle en haltères ». Comment le Moyen-Orient ne pourrait-il pas être une partie importante de la stratégie globale des États-Unis ?

Peu de temps après la fin de la Guerre Froide, les pays occidentaux, conduits par les États-Unis, ont lancé une série de projets visant à transformer le Moyen-Orient. Parmi ces projets, le « Processus de Barcelone » de l'Union Européenne en 1995 et l'« Union pour la Méditerranée » du Sommet pour la Méditerranée en 2008.

La Stratégie de Sécurité Nationale 2002 des États-Unis a souligné l'importance du maintien du statut sans rival des États-Unis dans le monde, l'encouragement de la démocratie dans le monde entier et l'action militaire préventive contre les terroristes et les tyrans.

En 2004, les États-Unis ont officiellement présenté le concept d'un « Grand Moyen-Orient ». Selon ce plan, Washington voulait rassembler leurs alliés occidentaux pour promouvoir la transformation politique, économique, sociale, culturelle et éducative au Moyen-Orient en plus de 10 ans. Certains chercheurs américains estiment que le projet « Grand Moyen-Orient » ressemble point pour point aux Accords d'Helsinki de 1975, que 35 pays occidentaux avaient signé avec pour objectif d'encourager des changements dans le Pacte de Varsovie.

Les guerres en Afghanistan et en Irak font partie du plan « Grand Moyen-Orient » de Washington du régime. Ne pouvant pas réussir en Afghanistan et en Irak, les Etats-Unis veulent utiliser la crise politique au Moyen-Orient pour transformer la région à leur guise, et le « modèle libyen », qu'ils ont essayé d'utiliser en Syrie, fait partie de leur plan plus large .

En fait, les nouvelles sanctions contre l'Iran, adoptées à l'instigation des Etats-Unis, font aussi partie de ce plan. Beaucoup de gens ne savent pourtant pas que ce sont en fait les États-Unis et d'autres pays occidentaux qui ont aidé à l'Iran de développer leurs projets nucléaires tandis que le Shah d'Iran, Mohammad Reza Shah Pahlavi, était au pouvoir dans ce pays. Mais maintenant, ils craignent de récolter ce qu'ils ont semé.

L'Occident a échoué en Afghanistan, en Irak et en Libye s'agissant de l'amélioration de la qualité de vie des gens. La plupart des gens de ces pays subissent les conséquences de la crise et des effusions de sang en cours, vivent dans la peur et la misère du fait de l'intervention occidentale. Il n'y a aucune raison pour que la Syrie devienne comme eux et pour que le Moyen-Orient continue d'être volatile.

Compte tenu des faits, il n'est pas surprenant que les États-Unis et leurs alliés occidentaux trouvent à redire sur la politique de la Chine. Cela n'aurait pas été le cas si la Chine avait rejoint la « ligue de l'égoïsme » des pays occidentaux et soutenu la politique des États-Unis sur le Moyen-Orient. La Chine fait face à des critiques parce qu'elle refuse d'être un pion dans l'affairisme de l'Occident.

C'est précisément pourquoi la Chine doit être prête à faire face à des difficultés et des défis, y compris des critiques de l'Occident, sur sa voie de développement pacifique. Elle doit également être prête à les accepter et à continuer à poursuivre la paix et l'harmonie.

L'auteur est chercheur en études du Moyen-Orient à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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