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Français>>ChineMise à jour 14.02.2012 08h51
Ce que les Etats-Unis et la Chine doivent faire

Avec la visite du Vice-Président Xi Jinping à Washington, il y a un espoir qu'un nouveau visage va aussi marquer le début d'une nouvelle ère dans les relations sino-américaines.

La lucidité impose cependant de dire que les Etats-Unis et la Chine ont eu peu de raisons de se féliciter de leurs relations depuis l'entrée de la Chine dans l'Organisation Mondiale du Commerce en 2001. Les efforts visant à coopérer sur un éventail de questions aussi large que la République Populaire Démocratique de Corée, le changement climatique et l'Iran ont vraiment manqué d'une pleine coopération. Des priorités, des approches et des valeurs différentes minent souvent les meilleures intentions affichées par les deux côtés. Le résultat est une relation bilatérale qui se caractérise avant tout par l'incertitude, la méfiance et des frictions fréquentes.

Il y a bien une voie à suivre, mais elle nécessite une réorientation des perspectives des dirigeants des deux pays. Tout d'abord, les deux parties doivent reconnaître qu'elles sont peu susceptibles d'avoir des positions étroitement alignées sur la plupart des questions. Dans certains cas, la différence sera simplement une question de degré. Par exemple, alors que Washington et Beijing sont d'accord sur certains points au sujet de l'Iran, ils ne sont cependant pas d'accord sur l'étendue des sanctions.

Dans d'autres cas, les différences sont plus profondes, comme lorsque les États-Unis et la Chine se sont retrouvés opposés au sujet du récent de projet de résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU sur la Syrie. Il peut même y avoir des cas où les deux pays sont même franchement opposés, comme dans le cas de la Mer de Chine Méridionale, où les positions de la Chine se sont heurtées à l'opposition de certains de ses voisins et à un renforcement conséquent de la présence des États-Unis.

Reconnaître et admettre ouvertement les différences est cependant la seule façon de commencer à élaborer des politiques pouvant soit atténuer les risques de conflits graves soit élargir les possibilités d'une coopération réelle.

Deuxièmement, et peut-être est-ce contraire à leur intuition, les deux parties devraient mettre l'accent sur la signification potentielle de leurs relations. Si les discussions sur un «G2» ont disparu, il y a cependant toujours une tendance à afficher des attentes irréalistes de ce que cette relation bilatérale est en mesure d'accomplir. Réduire l'accent mis sur ces relations pourrait également contribuer à éviter de mettre des questions dans un contexte bilatéral quand cela n'a pas de raisons de l'être. En fait, la plupart des questions ne devraient d'ailleurs pas être mises dans le contexte des relations américano-chinoises. La décision du président du Myanmar de mettre un terme à la construction du barrage de Myitsone ou de prendre les premières mesures de réforme politique, par exemple, n'est pas comprise, comme elle devrait l'être, comme étant un sujet concernant les Etats-Unis et la Chine, bien qu'elle affecte pourtant les deux pays.

De même, alors que la Chine s'engage de plus en plus en Afghanistan, il y a une tendance à placer l'Afghanistan dans le réticule des relations américano-chinoises, sans que cela n'ait pourtant d'effets positifs. Le niveau auquel la Chine et les États-Unis envisageront leurs relations bilatérales - comme l'une parmi de nombreuses autres relations bilatérales - permettra de réduire la pression pesant sur ces relations, qui supportent plus que ce qu'elles ne peuvent assumer.

Troisièmement, la Chine et les Etats-Unis doivent également faire un effort pour être des porte-drapeaux pour les institutions multilatérales. Des institutions telles que l'Organisation Mondiale du Commerce (OMC) contribuent à limiter les pires excès et impulsions des deux plus grandes puissances économiques du monde et à offrir une arène impartiale pour le règlement des différends. Un système fondé sur des règles se nourrit de la compréhension que vous gagnez et que vous perdez aussi, parfois.

Quatrièmement, les États-Unis et la Chine devraient identifier un objectif commun à long terme qui obligera les deux parties à s'engager profondément et de façon continue, comme ils le firent lors du processus d'adhésion de la Chine à l'OMC.

Compte tenu de la présence économique croissante que les deux pays ont l'un chez l'autre, une autre possibilité pourrait être un accord de libre-échange ou un traité bilatéral d'investissement, qui ont d'ailleurs tous deux été proposés par des hauts dirigeants d'entreprises américaines. Il est fort possible que ces accords demandent des années de négociations. Toutefois, les pourparlers en cours pourraient imposer une certaine discipline aux deux parties, offrir des avantages clairs aux acteurs de poids dans les deux pays et fournir le potentiel nécessaire à des réalisations significatives.

Enfin, comme les États-Unis et la Chine s'efforcent d'établir une position de leaders crédibles au sein de la communauté internationale, chacun des deux pays a au moins un problème grave à surmonter. Les Etats-Unis doivent veiller à faire ce qu'ils disent. Que ce soit sur le changement climatique ou la responsabilité financière, les Etats-Unis ne peuvent pas pousser les autres à adopter des pratiques meilleures si eux-mêmes ne mettent pas leur propre maison en ordre. Et pour que la Chine puisse elle devenir un leader mondial efficace, elle a besoin d'accroître la transparence, améliorer l'état de droit et améliorer la responsabilité publique.

J'espère, avec la plupart des Américains, que la visite de Xi Jinping marquera le début de relations plus coopératives et mutuellement bénéfiques. Une appréciation plus réaliste des véritables défis et opportunités que ces relations connaissent aidera à la fois la Chine et les Etats-Unis à trouver leur voie à suivre.

L'auteur est professeur et Directeur des Etudes Asiatiques dans la société américaine, au Council on Foreign Relations, un groupe de réflexion américain à but non lucratif et non partisan.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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