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Français>>ChineMise à jour 09.02.2012 08h21
Comment la Chine voit les Etats-Unis en 2012

En 2012, la Chine considère les États-Unis de la même manière que d'autres pays le font - un pays qui est confronté à quatre défis majeurs.

Premièrement, à l'ère de la mondialisation, des puissances financières, aux États-Unis et dans d'autres pays occidentaux, restructurent l'industrie manufacturière dans le monde entier. Mais cela a posé de grandes difficultés à leurs propres secteurs manufacturiers, avec pour résultats inévitable des pertes d'emplois dans ces pays et un écart grandissant entre les riches et les pauvres.

Deuxièmement, le mode de vie et de consommation habituels des Américains a depuis longtemps dépassé ce que la fortune et la prospérité du pays peuvent supporter, rendant son gouvernement habitué à des déficits budgétaires et à une dette nationale croissante. Ce qui a eu de sérieuses conséquences sur la santé de l'économie des États-Unis et son impact politique sur le monde.

Troisièmement, en raison de frictions politiques, il est difficile pour le Gouvernement des États-Unis de parvenir à un consensus sur l'équilibre fiscal. Sous la pression de la politique électorale, les deux grands partis politiques des États-Unis ne peuvent ni parvenir à un accord sur des augmentations d'impôt, ni trouver un compromis sur la réduction des dépenses.

Quatrièmement, bien que l'extension externe périodique des États-Unis ait atteint une période de contraction, l'Amérique a des difficultés à accepter que son influence mondiale est relativement en baisse, en raison de ses gènes politiques et de certains intérêts. Les États-Unis hésitent à abandonner la poursuite de leur rôle de leader du monde même si ils sont confrontés à divers problèmes, et cela va continuer à épuiser les forces du pays et à accélérer l'évolution de la hiérarchie des puissances mondiales.

Certains de ces quatre défis sont communs à tous les pays occidentaux. Toutefois, les États-Unis sont confrontés à des défis uniques, tel que le niveau extrêmement élevé de leurs dépenses. Le découvert à long terme a appauvri la trésorerie du pays pendant une longue période, et cela est dû à une politique orientée vers la recherche du leadership mondial.

Pendant la Guerre Froide, le monde était polarisé en deux camps, les intérêts des États-Unis étaient étroitement liés à ceux de leurs alliés. Aujourd'hui, il est inévitable qu'à l'ère de la mondialisation, ils soient confrontés à un réseau beaucoup plus complexe de relations internationales.

Tout comme les pays en développement ont ouvert leur marché du travail, la Chine a entamé sa politique de réforme économique et d'ouverture. Afin de faire davantage de profits, les entreprises et les capitaux américains se sont précipités dans ces pays en développement. Durant cette période initiale, le gouvernement américain n'a pas interdit les opportunités d'affaires à l'étranger, et au à contraire régi les relations économiques et commerciales avec ces pays par d'autres moyens.

Sur le dilemme entre le soutien aux capitaux américains pour faire des bénéfices à l'étranger et protéger les emplois locaux en faveur de leurs citoyens, les deux grands partis politiques américains sont généralement favorables au premier. La meilleure chose qu'ils peuvent faire pour réconforter les travailleurs sans emploi est de prendre des mesures symboliques.

Le Gouvernement américain n'a jamais cessé d'avoir un esprit mercenaire, ce qui s'est traduit en grande partie par des gains à court terme. En tant que plus grande économie du monde, les États-Unis n'ont certes pas consommé la plus grande partie des ressources de la planète, mais ils ont laissé l'énorme fardeau environnemental de leur développement économique à d'autres pays tout en faisant plus de profits.

Cependant, le manque de perspicacité des décideurs économiques américains a contribué à favoriser le développement à grande vitesse de leurs concurrents. Dans la dernière décennie, l'économie chinoise a connu un rythme de croissance dix fois supérieur à celui des États-Unis, l'économie de la Chine est passée de 10% de celle des Etats-Unis à 40%, et ses dépenses militaires officielles ont triplé, passant de 5% de celles des Etats-Unis à près de 15%. Le développement rapide de la Chine n'aurait pas pu être possible sans l'investissement, le transfert de technologies et les marchés ouverts des pays occidentaux, mais cette croissance inquiète de plus en plus les États-Unis.

Avec plus de marchés émergents, dont la Chine, qui participent à la mondialisation, l'équilibre du pouvoir entre les acteurs mondiaux se stabilise. Mais ce genre d'égalité est un mirage, car les règles politiques, économiques et financières actuelles proviennent presque toutes des pays occidentaux. La Chine doit maintenir des « relations diplomatiques normales » avec les États-Unis si ceux-ci continuent à vendre des armes à Taiwan. Dans le même temps, les États-Unis doivent accepter un développement rapide de la Chine. Ce sont les luttes entre les objectifs des deux pays, à court terme et à long terme.
Toutefois, la Chine se doit aussi de reconnaître que les États-Unis sont toujours une superpuissance mondiale hégémonique.

Tout d'abord, le système politique des Etats-Unis a la capacité de corriger ses erreurs. Les dirigeants américains ne sont pas installés ad vitam aeternam à leur poste, de sorte que des erreurs politiques évidentes, telles que la guerre en Irak, peuvent être corrigées dans un laps de temps ne dépassant pas dix ans.

Deuxièmement, la force des valeurs des Etats-Unis est capable de rassembler leurs alliés dans le monde actuel, alors que les valeurs et le système politique de la Chine ont encore, à ce stade, un long chemin à parcourir avant de devenir un modèle pour les autres puissances internationales.

Dernier point, mais non le moindre, l'innovation technologique et l'éducation des Etats-Unis sont encore les plus avancés. Et la puissance de l'armée américaine reste toujours inégalée dans le monde.

La Chine et les Etats-Unis ont une relation extrêmement complexe. Les deux pays dansent ensemble une valse difficile, se déplaçant sans cesse en fonction de l'autre, de leur équilibre des pouvoirs et de leurs intentions.

L'auteur est professeur de relations internationales à l'Université Fudan.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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