Notre site/Nouvelles bilingues/Dernières nouvelles/Archives/

 
Français>>ChineMise à jour 27.12.2011 15h58
La Chine et le Japon, deux voisins faits pour s'entendre

Les relations sino-japonaises, bien qu'étant considérées comme parmi les plus importantes par les deux pays, ont connu bien des hauts et des bas lors des dernières décennies. Après quelques progrès dans les relations bilatérales en 2006 et 2007, la collision entre un chalutier chinois et des navires des garde-côtes japonais qui a eu lieu l'année dernière a à nouveau refroidi ces relations.

La visite de deux jours du Premier Ministre japonais Yoshihiko Noda en Chine arrive à un moment où le Japon s'efforce de maintenir son alliance avec les Etats-Unis et en même temps essaie de renforcer ses relations économiques et politiques avec la Chine.

Sur le front économique, si certains Japonais ont ressenti comme une sorte de manque quand la Chine a dépassé leur pays comme deuxième plus grande économie du monde, d'autres n'ont pas été perturbés plus que cela, parce qu'ils l'avaient anticipé. En fait, avec une économie américaine à la peine, le Japon devrait voir dans la croissance économique de la Chine une force motrice stimulant la croissance économique régionale et espérer que cela crée davantage d'opportunités pour le Japon, par exemple dans le domaine du tourisme.

A court terme, la mort inattendue du leader de la République Démocratique Populaire de Corée (RPDC), Kim Jong-Il a replacé la situation dans la Péninsule Coréenne au centre de l'attention internationale. En tant que voisins de la RPDC, la Chine et le Japon accordent une attention toute spéciale à la situation dans la Péninsule, sujet important que M. Noda a probablement évoqué lors de sa visite en Chine. Pour le salut de la paix et de la stabilité dans la région, il est de la plus extrême importance que la situation dans la Péninsule Coréenne demeure stable et que la transmission du pouvoir en RPDC se fasse en douceur.
Compte tenu de l'environnement international, le retour des Etats-Unis dans la Région Asie-Pacifique apparait lui particulièrement sensible.

Dans une large mesure, les relations sino-japonaises sont liées aux relations sino-américaines. Au moment où les troupes américaines évacuent l'Irak, de nombreux universitaires américains regrettent que les Etats-Unis aient été pris dans la guerre d'Irak et qu'ils n'aient pas réussi, de ce fait, à contenir l'émergence de la Chine lors de ces dix dernières années. Les déclarations de la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton sur le retour des Etats-Unis en Asie, l'insistance du Président Barack Obama pour le Partenariat Trans-Pacifique lors du Sommet de l'APEC et sa première participation au récent Sommet de l'Asie de l'Est montrent la volonté de Washington de renforcer son influence en Asie.

Dans ce genre de circonstances, nombreux sont ceux qui s'attendraient à voir le Japon à renforcer son alliance avec les Etats-Unis pour affaiblir l'influence de la Chine dans la région, tant il est vrai qu'il est impossible pour le Japon de s'affranchir du parapluie américain. L'ancien Premier Ministre Yukio Hatoyama avait soulevé l'idée d'une « intégration est-asiatique » en 2009 pour rapprocher le Japon de la Chine. Mais peu après la démission de M. Hatoyama sous la pression américaine, son successeur Naoto Kan a changé de direction.

Aujourd'hui, il y a des frictions entre les Etats-Unis et la Chine sur les marchés d'Asie parce que Beijing a créé des mécanismes comme la zone de libre-échange Chine-ASEAN, et parce que le PTP proposé par les Etats-Unis exclut la Chine, pour réduire son influence dans la région. Et même si la Chine pouvait rejoindre ce partenariat, elle serait soumise au seuil élevé fixé par cet accord inspiré par les Etats-Unis, en termes de taux de change et de droits de propriété intellectuelle, ce qui la mettrait dans une position peu enviable.
Puisque le Japon n'a pas seulement développé des relations étroites avec les Etats-Unis, mais aussi établi une coopération économique étroite avec les Etats membres de l'ASEAN, il est fort probable que Tokyo soit amené à jouer le rôle d'intermédiaire pour apaiser les tensions entre Beijing et Washington.
Les difficultés politiques réelles qui se trouvent sur la route du Japon et de la Chine sont des sujets concrets, comme les disputes territoriales. Si ces disputes sont résolues, je le pense, alors les deux pays ne sauraient exclure une transition vers une « alliance sino-japonaise », dès que la diplomatie japonaise le permettra. C'est pourquoi j'espère que la visite de M. Noda augurera de meilleures relations sino-japonaises.

Sans doute, ce « marchandage » sera un processus au long cours avant que les disputes territoriales ne soient résolues. De nombreux Japonais considèrent que les disputes territoriales et le renforcement de la puissance militaire de la Chine sont la cause de la détérioration des relations sino-japonaises. Mais je pense qu'il y a une raison plus importante encore : de nombreux Japonais, tant dans la population que parmi les dirigeants, font toujours preuve d'un nationalisme et d'un conservatisme étroit profondément enracinés, qui pourraient encore s'aggraver si l'économie continuait à se détériorer.

En fait, la théorie de la « menace chinoise » sur laquelle insistent de nombreux médias et universitaires japonais est une propagande plutôt dangereuse, dont l'objectif est de renforcer l'alliance nippo-américaine et sa puissance militaire. S'il y avait une confiance mutuelle entre les peuples chinois et japonais, ils n'auraient pas peur d'être menacés l'un par l'autre, quand bien même des problèmes historiques et des disputes territoriales existent toujours ou les deux pays renforcent leur puissance militaire respective.
D'après un rapport suédois récent, les Etats-Unis ont toujours le budget militaire le plus élevé du monde. Ainsi, les Etats-Unis dépensent-ils 661 milliards de Dollars US alors que la Chine, même si elle n'arrive qu'en deuxième position, a un budget de la défense ne se montant qu'à 100 milliards de Dollars US environ. Ce qui fait qu'en fin de compte, la raison qui fait que le Japon préfère faire confiance à des Etats-Unis plus puissants plutôt qu'à la Chine est le manque de confiance mutuelle entre Tokyo et Beijing.

Améliorer les relations sino-japonaises et renforcer la confiance mutuelle est une tâche difficile, mais importante. Cependant, les changements fréquents au sein des hauts reponsables japonais sont aussi une raison importante de la persistance de ce manque de confiance. Si la politique japonaise finit par devenir stable, cela contribuera à créer des liens plus stables entre le Japon et la Chine.

A mon avis, nous devrions commencer par construire de meilleures relations en éliminant d'abord les stéréotypes qui existent entre les peuples des deux pays et en organisant des visites mutuelles régulières des responsables des deux Etats.

Afin d'encourager la confiance mutuelle, il faut aussi davantage de programmes de communication financés par les deux Gouvernements tant à destination des univsersitaires que des citoyens ordinaires. Sans compter que les Japonais doivent aussi comprendre que la coopération économique étroite entre la Chine et le Japon a dépassé celle qui existe entre le Japon et les Etats-Unis.

L'auteur est professeur d'études de l'Asie de l'Est à l'Université Yamaguchi

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Nom d'utilisateur Anonyme  
  
  
  
Le Quotidien du Peuple en ligne recrute un(e) traducteur(trice) avec français langue maternelle
Nouvelles principales du 6 février
Sélection du Renminribao du 6 février
L'essor des relations sino-africaines surprend l'Occident
Des centaines de millions yuans pour former des animateurs d'émissions ?
L'euro fête ses dix ans : quel choix faut-il faire ?