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Français>>ChineMise à jour 22.12.2011 10h38
La vérité sur le Tibet et le Dalai Lama

J'ai lu un article signé d'Elisabeth Nauclrs et paru dans Hufvudstadsbladet (Hbl, « Le Journal de la Capitale », le quotidien en langue suédoise le plus lu en Finlande), dans lequel elle exprime sa colère envers le Gouvernement finlandais qui n'a pas accordé au Dalai Lama une réception officielle. J'ai lu d'autres écrits sur la visite du Dalai Lama parus aussi dans Hbl, ce qui m'a poussé à dire la vérité sur le Tibet et le Dalai Lama.

Le Dalai Lama n'est pas le chef spirituel du Tibet, pas plus qu'il ne réprésente cette région. Il n'est que le chef des Bonnets Jaunes (Gelug), une des branches du Bouddhisme tibétain, dominante à Lhasa. Le Tibet a été une région autonome sur laquelle régnaient des rois locaux vassaux des Empereurs de Chine depuis le 8e siècle de notre ère.

Les devoirs du Dalai Lama, ainsi que du Panchen Lama, ont été déterminés relativement tard par la Chine pour les aider dans leur administration de cette région éloignée et difficile d'accès. La Chine avait dit clairement que le Dalai Lama devait transmettre ces tâches à son incarnation suivante, qui devait être trouvée selon des règles historiques et religieuses strictes. Mais même après que la nouvelle incarnation avait été trouvée, l'Empereur de Chine avait encore le droit d'opposer son veto à ce choix.

L'incarnation du 14e Dalai Lama, qui réside aujourd'hui à Dharamsala, en Inde, a d'ailleurs été approuvée à l'époque par le Gouvernement de la Chine Nationaliste. Pour faire bref, un Dalai Lama encore en vie ne saurait choisir son successeur seulement par lui-même.

Quand les Britanniques ont envahi Lhasa en 1904 pour essayer de détacher le Tibet de la Chine, le 13e Dalai Lama, qui régnait alors, avait fort malencontreusement déclaré que les Tibétains étaient invulnérables, faisant couler beaucoup de sang. Pour échapper à cette attaque, le 13e Dalai Lama s'enfuit du Tibet et alla se réfugier dans ce qui est aujourd'hui la Mongolie Intérieure. Le Dalai Lama en fuite fut retrouvé par l'Empereur de Chine qui le plaça en résidence surveillée dans une préfecture de ce qui est aujourd'hui la Province du Qinghai, où le Baron Gustaf Mannerheim, alors officier dans l'armée impériale russe et futur Maréchal de Finlande, lui rendit visite en 1907. l'Empereur de Russie Nicolas II était lui aussi en effet intéressé par le Tibet, pour agrandir son empire. Cette initiative prit fin avec la Révolution de 1917.

La première décennie du 20e siècle fut marquée par des bouleversements politiques en Chine, et dans le chaos qui régnait alors à la suite de la Rébellion des Boxers, le Dalai Lama retourna à Lhasa, que les Britanniques avaient abandonné, trouvant que la région était impossible à contrôler du fait des difficultés de transport.

La libération pacifique du Tibet intervint en 1951. Quand l'Armée Populaire de Libération entra au Tibet en 1951, le Président Mao fut alors salué comme un libérateur par les Tibétains et le Dalai Lama lui-même. Le Dalai Lama reprit possession d'une partie de ses pouvoirs antérieurs et fut désigné Vice-président du Comité Permanent du Congrès National Populaire en 1954.

Mais ces faits irréfutables ont été soigneusement dissimulés. Ce qui s'est passé en 1951 a été un changement interne en Chine, et nullement une invasion d'un pays « indépendant ».

En 1957, les dirigeants chinois décidèrent de mettre fin au servage au Tibet. A cette époque, seuls 5% des Tibétains environ étaient moines ou nonnes, ou appartenaient à la petite classe noble ou appartenaient encore à des tribus de nomades chasseurs. Le reste de la population était des esclaves qui devaient travailler dur pour nourrir l'élite non productive de la population. Rien d'étonnant à ce que les monastères, qui abritaient l'élite, aient considéré l'abolition du servage comme une catastrophe.

Comme il souhaitait que le servage perdure afin de maintenir son statut de Dieu vivant, le Dalai Lama commença à faire circuler des rumeurs, selon lesquelles il risquait d'être emprisonné voire exécuté, ce qui conduisit à une révolte en 1959. Mais les forces de sécurité eurent tôt fait de rétablir la situation. Ce fut alors que le Dalai Lama s'enfuit du pays et fut « installé » à Dharamsala par les Britanniques et les Américains, qui l'utilisèrent comme une arme contre le Président Mao. C'est alors que la CIA créa le mythe du « Père de la Nation » luttant pour la « liberté » du Tibet. Aujourd'hui, le Dalai Lama a peut-être cessé d'être politiquement important, mais le mythe créé autour de lui est toujours là.

Jusqu'en 1959, on ne pouvait arriver au Tibet que par quelques pistes. L'économie locale était en lambeaux et l'éducation était le privilège d'une petite élite. Les écoles ordinaires étaient tout simplement interdites. Seules les écoles dans les monastères, enseignant les écritures religieuses, étaient autorisées. Pire encore, les serfs étaient qualifiés de « bétail parlant » et n'étaient pas mieux traité que le bétail, d'ailleurs.

Aujourd'hui, le Tibet possède une voie ferrée et des aéroports modernes, il y a des écoles et des lycées pour tout le monde au Tibet, et Lhasa abrite même une université moderne. Qui plus est, les écoles sont gratuites pour les membres de l'ethnie Tibétaine, qui représentent 90,48% de la population du Tibet, qui est de 3 millions d'habitants, alors que pour les Chinois Han, l'éducation est payante.

La Région Autonome du Tibet est pour la Chine ce que les Iles Åland sont pour la Finlande. La Région a un gouvernement autonome, des lois et règlements locaux, et un gouverneur qui est obligatoirement un membre de l'ethnie Tibétaine. Mais le Gouvernement local est subordonné au Gouvernement Central, pas le Dalai Lama.

En 2008, le Dalai Lama a à nouveau tenté d'alimenter un soulèvement au Tibet avec l'intention de déclencher un boycott des Jeux Olympiques de Beijing. A cette époque, je vivais en Chine et j'ai écrit trois articles pour la presse finlandaise, révélant la vérité nue sur les émeutes de Lhasa, mais ils ne furent pas publiés, à cause de la censure. Seul Hbl eut alors le courage de publier l'un de mes articles, mais encore fut-il réduit à un petit article dans la rubrique « La voix des lecteurs ». La censure en Finlande fut ce qui me contraignit à essayer -et à réussir- de voir publiée la version en langue anglaise de mon article rejeté.

En tant que personne privée, j'ai visité le Tibet et j'y ai été libre d'aller où je voulais et de faire ce que je voulais. C'est pourquoi je n'ai nul besoin de construire mon article sur la base de canards défavorables à la Chine, qui ont une place de choix dans les médias internationaux, qu'ils soient imprimés ou électroniques.

L'auteur est un universitaire finlandais.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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