La Chine a réitéré que les suspects terroristes chinois détenus à la baie de Guantanamo devront être rapatriés, si cette prison militaire ferme après la prise des fonctions de la nouvelle Administration américaine, a dit le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Qin Gang, mardi 23 décembre.
« Le gouvernement chinois a toujours appelé au rapatriement des suspects terroristes chinois et s'oppose fermement à ce que d'autres pays les reçoivent », a affirmé le porte-parole au cours de la réunion de presse régulière.
« Ces suspects terroristes sont membres du Mouvement islamique du Turkestan oriental, classé comme une organisation terroriste par les Nations Unies », a indiqué M.Qin.
Le Mouvement islamique du Turkestan oriental (MITO) – également appelé le Parti islamique du Turkestan oriental, le Parti d'Allah ou The East Turkistan National Revolution Association – est une des organisations terroristes les plus dangereuses parmi les forces terroristes du « Turkestan oriental ». Il vise à diviser la Chine pour établir un "Etat islamique du Turkestan oriental" théocratique dans la Région autonome ouigoure du Xinjiang dans le nord-ouest de la Chine.
Le Washington Post a rapporté lundi 22 décembre que six pays européens considèrent la réinstallation de détenus de la prison militaire comme un geste fait au nouveau Président américain élu Barack Obama, qui entrera dans l'exercice des fonctions le 20 janvier. M.Obama s'est engagé à fermer les installations de détention à Cuba.
Jusqu'ici, l'Allemagne et le Portugal ont reconnu ouvertement qu'ils envisageaient d'accueillir les détenus.
"Ces suspects ne causent pas de tort aux Etats-Unis et à l'Allemagne. Mais cela ne signifie pas qu'ils ne causeraient pas de tort au monde", a dit Li Wei, directeur du Centre de recherche anti-terrorisme de l'Institut des Relations internationales contemporaines de Chine.
"Le terrorisme est une menace pour tous les pays. Il n'y a pas moyen de lancer une action efficace, excepté la coopération", a-t-il dit.
"Si l'Allemagne accepte ces suspects comme des prisonniers, cela irait à l'encontre des lois allemandes. Et si ces suspects sont reçus comme des réfugiés, ce serait une offense à la Chine, a-t-il dit.
"L'Allemagne devrait sérieusement réfléchir si elle acceptera ou non ces prisonniers, et si elle les accepte, quel serait leur statut?", a dit M.Li.
Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank Walter Steinmeier, a demandé aux officiels d'étudier les aspects légaux, politiques et pratiques de l'acceptation de ces anciens prisonniers, a dit le porte-parole de ce ministère, Jens Ploetner lundi 22 décembre. M. Steinmeier compte discuter de ce problème avec ses homologues de l'Union européenne au cours d'une réunion de janvier.
Un officiel du Département américain de la Défense a dit la semaine dernière que le Pentagone travaillait à un plan de fermeture de la prison militaire, largement considérée comme portant atteinte aux droits de l'homme. Cette prison militaire a détenu plus de 750 prisonniers venus de par le monde depuis son ouverture en 2002. Il y en a encore 250 à Guantanamo, selon les Nations Unies.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne