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Les exposants camerounais misent sur les opportunités offertes par la CIIE
Pour Clotilde Ngo Yonga Tchazwe, une entrepreneuse camerounaise de 40 ans, le cacao est bien plus qu'un simple produit agricole : il est au coeur même de son activité.
Avec du beurre de cacao transformé de qualité supérieure, des fèves de cacao torréfiées et du caramel de cacao, elle a pris le chemin de Shanghai pour participer à la 9e édition de l'Exposition internationale d'importation de la Chine (CIIE), ouverte jeudi pour six jours.
Elle fait partie d'un nombre croissant d'entrepreneurs camerounais désireux de tirer parti du vaste marché chinois. Leurs produits, allant du sésame au beurre de karité, en passant par le café de spécialité, figurent parmi les marchandises autorisées à l'exportation vers la Chine.
"Ces produits sont explicitement reconnus aussi bien par les autorités douanières chinoises que par notre ministère du Commerce", s'est félicitée Mme Tchazwe lors d'un entretien avec Xinhua avant son voyage vers Shanghai.
Pitndap Nchandini Ismaila, un autre exposant venu lui aussi du Cameroun, confie vouloir profiter de l'essor du marché chinois du café. Il voit dans la CIIE une occasion de diversifier les débouchés de son entreprise familiale et compte y présenter aux acheteurs chinois du robusta, notamment des variétés haut de gamme.
Après avoir participé pour la première fois à la CIIE en 2025, il reconnaît que cette expérience a élargi ses perspectives commerciales.
"Toute personne ou toute entreprise qui participe à ce salon est certaine d'y trouver quelque chose d'intéressant", assure M. Ismaila. "Cette année, nous espérons nouer des contacts avec encore davantage de partenaires chinois, notamment dans les domaines de la commercialisation, de la transformation des produits et d'autres formes de coopération commerciale."
Rose Marthe Mboumene Takam, une commerçante basée à Douala, la capitale économique du Cameroun, dit avoir découvert en Chine un débouché inattendu pour des produits traditionnels tels que les objets en calebasse et les graines de raphia, utilisés par les acheteurs chinois pour les massages et les exercices de rééducation.
"Lorsque je suis allée à Shanghai, tout ce que l'on apporte se vend jusqu'à épuisement des stocks", raconte-elle. "Dans d'autres pays, il arrive que l'on reparte avec des produits invendus. Compte tenu de la taille de la population chinoise, la demande est immense."
Selon elle, les consommateurs chinois sont particulièrement sensibles à l'authenticité des produits et privilégient ceux directement importés d'Afrique plutôt que leurs imitations fabriquées localement.
Les exposants camerounais espèrent également accroître leurs revenus et à ouvrir de nouvelles perspectives grâce à la politique chinoise sur un traitement tarifaire nul accordé aux pays africains, entrée en vigueur le 1er mai dernier.
"Les sommes qui auraient autrement servi à payer les droits de douane restent désormais directement dans nos caisses", se félicite M. Ismaila. "C'est un véritable coup de pouce : les économies réalisées nous permettent de faire croître considérablement notre entreprise."
Mme Tchazwe considère cette exonération douanière comme un levier permettant à son entreprise d'accroître ses volumes d'exportation. "Avec des droits de douane ramenés à zéro, nous pourrons expédier plus facilement nos produits en vrac, par tonnes. Cela nous fait gagner beaucoup de temps et d'argent."
Au-delà des perspectives de vente à court terme, les exposants camerounais cherchent à nouer des partenariats commerciaux à long terme. Mme Tchazwe, qui avait participé à l'édition précédente de la CIIE en tant qu'observatrice, espère cette année attirer des investissements susceptibles de l'aider à acquérir des terrains et des infrastructures afin d'accroître les capacités de transformation de son entreprise au Cameroun.

