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Français>>Les relations sino-françaisesMise à jour 28.08.2009 16h41
« Que devons-nous encore faire pour vous contenter et satisfaire, vous les Français ? »

Le quotidien hongkongais « Wen Wei Po » rapporte que depuis début 2008, l'opinion publique française s'est montrée non amicale et belliqueuse envers la Chine. L'ancien Ambassadeur de Chine en France Wu Jianmin a fait un analyse de ce phénomène en disant : « Ces dernières années, il est apparu, dans les relations sino-françaises, certains changements qui ne sont ni fortuits ni occasionnels, car ils se sont produits dans un certain contexte historique important. »

Le 'mécontentement' de la France est dû à son déséquilibre psychologique.

« Tout d'abord, l'émergence de l'Asie fait que le centre de gravité et l'axe des relations internationales ont été déplacés de l'Atlantique vers le Pacifique. Et cela est en fait le plus grand changement survenu dans les relations internationales depuis plus d'un siècle. L'Europe qui a assumé une situation dominante dans le monde depuis des siècles en soufflant à son gré le chaud ou le froid se sent déçu et désabusé en constatant l'affaiblissement relatif de sa position. Elle ressent alors, après cet affaiblissement, un sentiment psychologique quelque peu complexe. Voilà la première raison. »

« La deuxième raison c'est que l'Europe se trouve dans une période de transition. Dans le processus de mondialisation, tout le monde déploie des efforts pour faire valoir, chacun de son côté, ses avantages comparatifs. Lorsque tu te rends en Europe et que tu demandes à quelqu'un que tu rencontres dans la rue : que penses-tu de la réforme ? La plupart des gens à qui tu poses cette question montreront de la crainte, car les Européens changent de visage à chaque fois qu'ils abordent ce sujet-là. En Europe, les hommes politiques doivent bien réfléchir avant de se prononcer pour la réforme, car ils sont alors immédiatement confrontés à la destitution, au limogeage et à la perte du pouvoir. Le réformateur est mal vu, personne ne le soutient et il obtient peu de voix des électeurs. En Europe, les gens du peuple ne s'adaptent pas à la situation de mondialisation. En Chine c'est tout le contraire, car elle bénéficie de la mondialisation et les Chinois s'adaptent relativement à ce changement et s'y habituent très vite. C'est ainsi qu'il se forme un contraste entre l'inadaptation des Européens et l'adaptation des Chinois, ce qui mécontente fort les premiers. »

Abordant la question de la distribution des rôles dans les conditions de la mondialisation, Wu Jianmin s'est souvenu d'un débat télévisuel qu'il a participé lorsqu'il était Ambassadeur de Chine en France. Un reporter de la télé l'a provoqué en face en lui lançant à la figure : « Monsieur Wu, c'est à cause de votre peuple que nous les Français nous perdons nos emplois et qu'un grand nombre de nos ouvriers sont au chômage, car la plupart de nos entreprises à intensité de travail sont transférées dans votre pays ! »

« J'ai répondu : Effectivement c'est comme vous le dites. Dans le processus de mondialisation, chacun doit faire valoir sa supériorité comparative. Et l'avantage comparatif de la Chine c'est son marché immense, son coût de main-d'œuvre relativement bas et la qualité de sa main-d'œuvre qui est assez bonne. Quant à vous, votre avantage ce sont vos grandes marques et vos technologies avancées. La réalité c'est que dans le domaine de l'industrie et de l'économie à haute intensité de travail, vous les Français vous ne pouvez pas gagner sur nous les Chinois, car le salaire des ouvriers français est vingt fois celui des ouvriers chinois. Mais, j'insiste que dans tout ce processus, vous aussi, vous obtenez beaucoup d'intérêts. Vous dites que les entreprises à intensité de travail créent des emplois, mais la circulation apporte également des emplois à valeur ajoutée plus élevée et à meilleur taux de rendement. Nous les Chinois, nous vous envions tellement que nous souhaitons changer de place avec vous, mais vous ne le voudriez pas je crois. »

« En France, j'étais allé dans un supermarché pour enquêter sur les jouets. J'ai constaté qu'un jouet coûte 26 euros, le coût de la matière première est de 1,2 euro, le coût de revient et le coût artisanal se chiffrent à eux deux à 0,8 euro et chaque ouvrier chinois gagne sur le jouet 0,8 euro, alors le reste d'une vingtaine d'euros où sont-ils allés alors ? Surtout pas en Chine je crois, car le jouet est en France où il est vendu à cette somme-là ! La réalité c'est que la Chine se trouve tout au bas de l'échelon, c'est pourquoi ce qu'elle gagne c'est une infime partie des profits, tandis que la plus grande partie rentre directement chez vous. Et même dans ce cas-là, vous les Français, vous êtes toujours mécontents et insatisfaits. Alors que devons-nous faire, nous les Chinois, pour vous contenter et pour vous satisfaire ?! ».

« Les divers facteurs économiques et culturels font que la Chine subit sans aucune raison valable les méprises et les critiques de la part de l'opinion occidentale. Alors quelle attitude à adopter face à cela ? Quant à moi personnellement, je pense que les Chinois doivent garder la sérénité et conserver un esprit calme et tranquille. Il ne faut pas prendre trop à cœur ce genre de chose et surtout ne pas s'irriter, se mettre en colère et sortir de ses gongs. Avec l'émergence de la Chine, le monde entier prête une attention croissante aux choses qui se passent en Chine et de plus en plus de commentaire vont circuler partout. Cela est la conséquence logique de l'émergence d'un pays. », a fait remarquer Wu Jianmin.

Les relations sino-françaises continueront à progresser continuellement.

« La troisième raison qui a causé l'instabilité des relations sino-françaises c'est le changement de Président de la République en France. L'ex-Président français Jacques Chirac connaît très bien l'Asie et il a visité la Chine des dizaines de fois. Ses connaissances sur les objets en bronze chinois ont atteint le niveau de spécialiste en la matière. Quant à ses connaissances sur l'histoire de la Chine, elles dépassent peut-être celles de certains Chinois. Comment entretenir de bonnes relations avec un ancien pays civilisé telle que la Chine, il a des idées culturelles d'une telle profondeur que tout autre dirigeant aura beaucoup de difficulté à atteindre. »

« Quant à moi, j'ai eu plusieurs contacts avec le Présent Président français Nicolas Sarkozy. Je sais qu'il accorde de l'importance à la Chine, mais ses connaissances sur la Chine sont loin d'atteindre la profondeur de celles de Jacques Chirac. D'autre part, dans le contexte actuel où notre monde évolue constamment, l'esprit psychologique complexe peut être traduit également au niveau présidentiel. Nicolas Sarkozy se montre extrêmement sensible et subtil quant aux commentaires des médias, quant à l'opinion publique et quant aux divers sondages, car il est pointilleux pour ce qui est de sa popularité. C'est pourquoi il change parfois les choses décidées pour se conformer aux besoins de certaine opinion publique. En novembre 2007, il a effectué une visite en Chine et lors d'une conférence de presse, il a déclaré qu'il sera présent à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Beijing. Mais, après l'éclatement le 14 mars 2008 de troubles à Lhassa, au Tibet, en Chine, il change de ton et déclare que 'tout choix serait possible'. Sa façon de dire et d'agir toujours changeante a suscité l'aversion, la répugnance et l'antipathie du peuple chinois. »

« Malgré tout cela, je ne suis aucunement pessimiste quant aux relations sino-françaises. Car cette année, c'est le 45ème anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre la Chine et la France et il est incontestable que les relations entre les deux pays ont connu un grand développement. En 1964, au moment où les deux pays ont décidé d'établir des relations diplomatiques, le volume de leur commerce bilatérale était seulement de 100 millions de dollars US, alors que l'année dernière, il a atteint près de 40 milliards de dollars US. En ce qui concerne les échanges bilatéraux dans les domaines du commerce, de l'investissement, de la culture et de l'éducation, ils se sont tellement resserrés qu'il n'y a pas de comparaison possible entre le présent et le passé. Effectivement, il y a eu changement de Président en France, mais le nouveau Président accorde toujours une grande importance aux relations sino-françaises. Dans la situation actuelle où les intérêts communs des deux pays se développent continuellement, leurs relations doivent certainement continuer à progresser continuellement. »

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

Commentaire
Analyse très intéressante et pertinente ! J"ai l"impression que depuis l"an...
Je suis citoyen fran?ais, et vous vous trompez. Non seulement je n"ai aucun sentiment...
C"est justement un proverbe bien connu des Fran?ais qui recommande de: "Bien fai...
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