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Français>>AfriqueMise à jour 20.08.2012 08h13
Bénin: Polémique autour de l'organisation du dialogue national (SYNTHESE)

Au moment où les acteurs de la vie politique béninoise, notamment les jeunes, le médiateur de la République du Bénin et certaines formations politiques de l'opposition, réclament l'organisation d'un dialogue national pour libérer le pays menacé depuis ces derniers mois d'une tension politique, économique et sociale, le gouvernement du président Boni Yayi et la grande alliance des partis politiques de l'opposition, l'Union Fait la Nation (UN), s'accusent mutuellement du blocage de ce dialogue.

DEBUT DE LA TENSION POLITIQUE ECONOMIQUE ET SOCIALE ET EXIGENCE DES JEUNES ET DE L'OPPOSITION

Depuis la réélection pour un second mandat en avril 2011 du président Boni Yayi, le Bénin a été fréquemment le théâtre de manifestations populaires réclamant des revendications salariales aussi bien que politiques.

Ces dernières semaines, des milliers de personnes, dont de nombreuses femmes, sont descendues dans les rues pour se plaindre des prix élevés, d'un pouvoir d'achat de plus en plus bas, de la chute des ventes sur les marchés locaux et de la précarité généralisée chez les jeunes.

"Nous avions proposé dès le début de ce nouveau quinquennat une 'rencontre de vérité et de sursaut patriotique'. Cela n'a pas pu se réaliser même en différant l'exercice qui nous paraissait à la fois opportun et nécessaire. La situation actuelle appelle en urgence sous un format très étudié pour être efficace, un tel dialogue de vérité et de relance, sans chercher des autojustifications devenues désormais sans objet, car le mal est fait et c'est ce mal qu'il faut prendre courageusement en charge pour libérer le pays", indique, le médiateur de la République du Bénin, le Prof Albert Tévoèdjré, dans une lettre ouverte adressée au chef de l'Etat béninois, Boni Yayi.

BONI YAYI PRIS L'INITIATIVE D'INSTAURER UN DIALOGUE PERMANENT ENTRE LES ACTEURS POLITIQUES

Pour le ministre béninois en charge des Relations avec les Institutions, Safiatou Bassabi, le président Boni Yayi a pris l'initiative, en février dernier, d'instaurer un dialogue permanent et inclusif entre les forces politiques et les organisations de la société civile et le gouvernement.

"Le président Boni Yayi a décidé, lors de son discours d'investiture le 6 avril 2011, d'une ouverture en direction, de toutes les forces politiques sans exclusion pour leur participation active aux débats sur les grands sujets d'intérêt national", a-t-elle indiqué, soulignant la nécessité de la présence de toutes les forces politiques à ce dialogue national.

"Convaincu qu'une nation forte, unie et prospère ne peut se construire sans la paix, la stabilité sociale et la solidarité nationale, le président Boni Yayi réitère son appel et son invitation à toutes les forces politiques, notamment l'UN, pour la mise en place d'un cadre de dialogue politique entre la majorité présidentielle et les autres forces de la classe politiques béninoise", a-t-elle souligné.

Selon le conseiller spécial aux affaires politiques du président béninois, Amos Elégbè, les objectifs poursuivis par le dialogue politique souhaité sont contenus dans plusieurs lettres adressées par le ministre chargé des Relations avec les Institutions au président de l'UN.

"Ce dialogue politique se veut permanent et inclusif entre les forces politiques toutes tendances confondues et les organisations de la société civile d'une part, et le pouvoir exécutif d'autre part", a-t-il précisé.

Pour lui, la finalité de cette démarche est de construire une nation béninoise démocratique, unie, prospère et forte, une nation de paix, de stabilité politique et institutionnelle, de sécurité et de meilleure gouvernance.

"Il s'agit, en définitive de faire du Bénin, une nation solidaire et de prospérité partagée", a-t-il expliqué.

Ainsi, il a poursuivi que les sujets d'intérêts national, autour desquels vont s'articuler les échanges, porteront sur la gouvernance politique, économique et sociale.

"Au titre de la gouvernance politique, il s'agira de faire l'état des réformes politiques et institutionnelles mises en oeuvre par l'exécutif autour des questions essentielles, relatives à la décentralisation et le découpage territorial, la relecture de la Constitution du 11 décembre 1990, la liste électorale permanente informatisée, le code électoral, le statut de l'opposition, la transhumance politique et la parité entre l'homme et la femme dans les fonctions électives", a-t-il ajouté.

S'agissant de la gouvernance économique, a-t-il expliqué, les entretiens pourraient concerner l'environnement des affaires, le partenariat public-privé et le transfert des compétences aux collectivités territoriales.

"Quant à la gouvernance sociale, elle sera analysée à travers les questions de paix sociale, de solidarité nationale et de couverture sociale au profit des couches les plus vulnérables de notre pays", a-t-il affirmé.

L'EXECUTIF BENINOIS ACCUSE L'UN DE NE PAS REPONDRE A SON APPEL

Mais pour le ministre en charge des Relations avec les Institutions, Safiatou Bassabi, malgré les nombreuses correspondances adressées à la coordination de l'UN, l'exécutif n'a obtenu aucune réponse de leur part.

"Depuis deux mois, plus de réaction de l'UN. Mais au terme des journées de l'UN des 26, 27 et 28 juillet dernier, elle assimile le dialogue national à une conférence nationale des forces vives en décidant de constituer un Front unifié pour mobiliser les organisations syndicales, la société civile, les magistrats pour lutter contre les actions de l'exécutif", a-t-elle déploré.

Mais pour le porte-parole de ce nouveau regroupement, Antoine Détchénou, le Front unifié pour la sauvegarde des acquis démocratiques (Fusad) est une plate-forme qui réunit les partis politiques d'opposition et les organismes de la société civile avec l'objectif commun de faire progresser la vie démocratique au Bénin.

"L'objectif de la plate-forme est de développer des stratégies communes pour des actions coordonnées visant à sauvegarder les acquis démocratiques. Chaque organisation enverra ses représentants et en même temps continuera à exister et à fonctionner normalement de manière indépendante", a-t-il indiqué.

Source: xinhua

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