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Français>>AfriqueMise à jour 15.08.2012 13h22
Les Etats-Unis se font des idées fausses sur les investissements chinois en Afrique (experts)

Alors que la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton achève une tournée de onze jours en Afrique - un voyage considéré par certains médias comme un effort américain pour contrebalancer l'influence croissante de la Chine sur ce continent - certains experts ont estimé que Washington nourrissait de nombreuses idées fausses au sujet des investissements chinois dans cette région.

Même si l'influence chinoise en Afrique préoccupe Washington, ce n'était cependant pas la seule raison du périple africain de Mme Clinton, ont estimé les experts ; un certain nombre de questions relatives à la sécurité et au commerce étant également au coeur de cette visite.

"L'influence de la Chine en Afrique préoccupe Washington, mais je ne pense pas qu'elle soit la principale motivation de ce déplacement", a estimé Doug Bandow, un analyste expert en politique étrangère à l'Institut Cato de Washington.

Néanmoins, les Etats-Unis sont conscients de la présence chinoise en Afrique, et souhaitent "rivaliser jusqu'à un certain point avec l'apparente attractivité, peut-on dire, du modèle chinois. Cet élément joue donc aussi un rôle, je pense, dans leur agenda", a-t-il a expliqué à Xinhua dans une interview.

Mwangi Kimenyi, directeur du programme américain "Initiative pour la croissance de l'Afrique" à l'Institut de Brookings, affirme quant à lui qu'outre plusieurs questions liées aux intérêts nationaux américains, Mme Clinton avait très certainement la question chinoise en tête lorsqu'elle a planifié son itinéraire en Afrique.

"Oui, je pense que la Chine est de plus en plus influente en Afrique, et les Etats-Unis sont un peu inquiets à ce sujet", a renchéri M. Kimenyi.

Néanmoins, il ne partage pas les critiques selon lesquelles la Chine se contente de s'emparer des ressources africaines sans en faire bénéficier les populations locales. Il a souligné que la Chine avait entrepris un certain nombre de projets au profit des communautés locales.

"Ce matin encore, la route que j'ai empruntée pour venir était une route construite par la Chine", a-t-il déclaré dans une interview téléphonique accordée à Xinhua depuis le Kenya.

"C'est d'une grande importance pour les Africains. Un de nos plus gros problèmes est ce que vous appelez le déficit d'infrastructures", a-t-il relevé, faisant référence au manque d'infrastructures élémentaires, comme les routes, dans certains pays africains - un manque qui constitue, à son avis, un des principaux obstacles au commerce et au développement.

"La Chine nous aide à combler ce manque, et a beaucoup fait pour réduire notre déficit d'infrastructures", a-t-il affirmé.

La Chine a également été critiquée par certains médias occidentaux pour avoir investi dans des pays africains jugés non démocratiques, sans poser aucune condition préalable. Les Etats-Unis ont cependant eux aussi été fustigés par certains critiques, qui leur reprochent à l'inverse de vouloir imposer leurs valeurs démocratiques aux pays africains, comme condition préalable à l'investissement ou à l'aide au développement.

En effet, de l'avis de certains, les Etats-Unis se doivent de modérer ce que l'on pourrait appeler le zèle missionnaire de Washington dans la diffusion de sa vision de la démocratie. "Je pense que les Etats-Unis vont trop loin en essayant d'exporter leurs propres valeurs", a déploré M. Kimenyi.

"Par ailleurs, pour ce qui est de la question de savoir si la Chine est en Afrique uniquement pour en extraire les ressources, je pense que cette accusation est un peu injuste", a-t-il affirmé. "Les Etats-Unis ne devraient pas adopter une telle posture de supériorité morale dans ce domaine. La question essentielle que nous devons résoudre est de nous assurer que la transparence soit respectée dans le domaine de l'extraction des ressources".

D'autres analystes ont noté que poser des pré-conditions à l'investissement était une longue tradition américaine, qui remonte à l'administration de l'ancien président américain Jimmy Carter, voire à une époque plus ancienne.

Selon M. Bandow, un peu de compétition dans la course à l'influence en Afrique ne serait pas nécessairement une mauvaise chose, car la concurrence permettrait aux Africains d'avoir davantage d'options à leur disposition.

Avoir plusieurs pays qui s'intéressent à l'investissement et au développement en Afrique ne pourra être que profitable aux Africains, qui sauront "exploiter la situation à leur avantage", a-t-il conclu.

Source: xinhua

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