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Français>>AfriqueMise à jour 19.07.2012 10h20
Les relations sino-africaines aujourd’hui, symbole de la mise à l’épreuve de l’émergence de la Chine

« Les relations chinoises aujourd’hui sont un symbole de la mise à l’épreuve de la Chine, pour juger si elle est réellement devenue une puissance mondiale majeure mais également pour juger du caractère de ses progrès ». C’est par ces mots que s’est exprimé Wang Yizhou, Vice-président de l’Institut des Relations Internationales de la Peking University, lors d’un entretien avec des journalistes, alors que la Cinquième Conférence Ministérielle du Forum sur la Coopération Sino-africaine va se tenir à Beijing les 19 et 20 juillet.

M. Wang a insisté sur le fait que, ces dernières années, s’agissant de la croissance rapide des relations sino-africaines, le point le plus significatif a été les relations économiques et commerciales. D’ailleurs, les chiffres, éloquents, le montrent bien : le volume du commerce entre la Chine et l’Afrique est passé de 55,5 milliards de Dollars US en 2006 à 166,3 milliards de Dollars US en 2011. C’est ainsi que la Chine est devenue depuis trois années consécutives le principal partenaire commercial de l’Afrique. Les investissements directs de la Chine en Afrique se montent à 14,7 milliards de Dollars US et plus de 2 000 entreprises chinoises y sont présentes. Le sentiment général des pays africains envers la Chine est qu’elle est une grande puissance économique émergente. Et dans le même temps, les équipes d’assistance chinoises en Afrique ont aussi permis la réalisation de nombreuses choses extraordinaires, qui témoignent de la diligence et de la sagesse du peuple chinois et qui lui ont aussi permis de gagner une réputation solide.

« Mais en même temps, on entend aussi dire que la Chine pratique, par la façon dont elle est présente sur les marchés africains, une sorte de ‘néo-colonialisme’ en Afrique ». Wang Yizhou dit qu’aux yeux de l’Afrique, la Chine manque d’attrait sur les plans culturel, social et politique. Les gouvernements africains sont certes favorables aux investissements chinois, mais dans la société civile, et chez les intellectuels aussi, on entend des critiques.

Pourquoi cela ? Selon M. Wang, la situation change en Afrique. Nous constatons, dit-il, qu’il y a aujourd’hui une prise de conscience croissante en Afrique, et que la confiance de ce continent envers sa propre culture se renforce. L’Afrique ne veut pas être soumise aux puissances occidentales, mais elle ne veut pas davantage l’être aux puissances émergentes. C’est pourquoi, aujourd’hui, s’agissant de la façon dont la Chine souhaite participer à la construction de ses relations avec l’Afrique, pour pouvoir jouer un rôle, elle ne saurait compter sur le seul développement économique et commercial. Il faut s’adapter à l’environnement de notre époque, et se plier aux façons de faire d’aujourd’hui.

Wang Yizhou a insisté sur le fait que s’agissant des relations sino-africaines aujourd’hui, dans un contexte de croissance rapide des échanges économiques et commerciaux, nous voulons tous obtenir des avantages, fût-ce au détriment d’éventuels progrès.

La Chine se doit de forger une image d’un pays au développement social global, et ne pas se contenter de donner aux gens la sensation qu’elle est une sorte de « géant boîteux ». Ce qu’on appelle aujourd’hui le « soft power », comme par exemple les aspects culturels, sociaux, militaires même, ou autres, doit être davantage développé, et la participation des forces vives de la société doit être encouragée.

Wang Yizhou a ainsi cité la participation des jeunes volontaires étrangers à l’aide à l’Afrique. Ainsi, par exemple, chaque année, les Etats-Unis envoient chaque année en moyenne près de 4 à 5 000 jeunes volontaires à l’étranger, y compris pour le maintien de la paix dans des pays d’Afrique.

Lors des cinquante années qui se sont écoulées entre 1962 et ajourd’hui, les Etats-Unis ont ainsi envoyé plus de 240 000 personnes à l’étranger. Et même le Japon a envoyé plus de 40 000 personnes au titre de la coopération ces dernières années. Alors certes, la Chine a également envoyé du personnel, mais en nombre relativement restreint, et sans commune mesure avec la puissance de ce pays, la taille de sa population et moins encore de celle de son PIB, le deuxième du monde.

« S’agissant du développement des relations avec l’Afrique, les prêts accordés à l’étranger ou son engagement dans les investissements et la construction sont les points forts de la Chine en Afrique, mais elle pourrait peut-être dépenser moins pour cela et encourager davantage les jeunes volontaires à aller à l’étranger en plus grand nombre, ce qui serait bénéfique pour la conscience internationale et l’ouverture sur le monde de ces jeunes ».

« A quoi vont ressembler les relations futures entre la Chine et l’Afrique ? » a demandé M. Wang. En ce domaine, les échanges politiques, les échanges commerciaux sont sans aucun doute nécessaires, mais on ne saurait s’arrêter à cela ; la nouvelle ère de ces relations doit être plus globale, avoir davantage de perspectives, ces relations doivent se développer à de multiples niveaux. Aider la croissance de l’Afrique, c’est aussi aider et renforcer la croissance de la Chine. Cela, la Chine doit en être parfaitement consciente.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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