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Français>>AfriqueMise à jour 22.04.2012 10h15
Mali : vers une rupture entre la junte et ses alliés politiques ? (Analyse)

Le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE) , la junte militaire qui a renversé le pouvoir de l'ancien président Amadou Toumani Touré le 22 mars dernier et ses alliés politiques et ceux de la société civile réunis au sein de la COPAM, vont-ils vers une rupture?

L'interrogation mérite de se poser à la lumière des propos tenus jeudi par les responsables de la Coordination des organisations patriotiques du Mali (COPAM) lors d'une conférence de presse. De l'avis du président de la COPAM, « après le retour à l'ordre constitutionnel c'est la constitution de 1992 qui doit être appliquée et complétée par l'accord-cadre, signé entre la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest, Ndlr) et le CNRDRE ».

A ce titre, M. Guindo a ajouté « L'intérim du président Dioncounda Traoré va prendre fin après 40 jours de gestion, conformément à l'article 36 de la constitution. Il n'aura pas un jour de plus. S'il refuse de partir nous allons le déloger ».

Sur ce point, visiblement, tel n'est pas le point de vue du président du CNRDRE, le capitaine Amadou Sanogo. « Après les 40 jours d'intérim du président de l'Assemblée nationale, Pr. Dioncounda Traoré à la tête du pays conformément à l'article 36 de la constitution, le CNRDRE et le médiateur de la CEDEAO procéderont à la mise en application de l'accord-cadre », avait-il déclaré le 9 avril dernier lors d'une conférence de presse organisée à Kati.

Pour rappel, il est à souligner que dans l'accord-cadre signé entre la CEDEAO et le CNRDRE, il n'est nullement question du maintien ou du départ de Dioncounda Traoré à la tête du pays après les 40 jours d'intérim.

S'agissant du mandat des députés, le président de la COPAM a rappelé qu'il doit s'achever le 10 août 2012 conformément à la constitution. « Après ce délai, ils ne seront plus des députés maliens, mais ceux de la CEDEAO ».

Sur ce point également, il y a une divergence de vue. En effet, dans l'accord-cadre il est clairement écrit dans l'article 7 que « un certain nombre de textes législatifs d'accompagnement du processus de transition seront votés par l'Assemblée nationale, notamment une loi portant prorogation du mandat des députés jusqu' à la fin de la transition ».

Il est à rappeler que le capitaine Sanogo avait également déclaré le 9 avril et de façon insistance que « Le CNRDRE veillera au respect strict de l'accord-cadre signé avec la CEDEAO. Je prévois la tolérance zéro pour quiconque qui tentera de remettre en cause cet accord-cadre ».

A la lumière de tous ces éléments, il y a des Maliens qui se permettent de dire que le CNRDRE et ses alliés (partis politiques et société civile) ne sont pas sur la même longueur d'onde. Cependant, d'autres Maliens voient en cette démarche de la COPAM, une manière de ''tromper'' la vigilance de l'opinion nationale et internationale en faisant ''en catimini'' le jeu du CNRDRE.

« Ce sont les leaders et responsables des regroupements politiques, notamment Dr Oumar Mariko du parti SADI, Pr. Younouss Hamèye Dicko du RDS et Hammadoun Amion Guindo, qui forment cette coordination », ont déclaré des acteurs politiques et de la société civile malienne non-favorables aux putschistes.

Ces mêmes acteurs ont ajouté « ce sont ces mêmes personnes qui ont soutenu et qui continuent de soutenir la junte militaire à travers le Mouvement populaire du 22 mars (MP22), l'Alliance pour la démocratie et la république (ADR), entre autres ».

Parmi les commentaires de ces anti-putschistes, on retient ceci : « il est temps que ces gens arrêtent d'amuser la galerie ou qu' ils soient francs avec le peuple en disant qu'ils font la politique des militaires putschistes ».

Par ailleurs, en dehors des discours et déclarations politiques des anti et pro putschistes, il y a une catégorie de Maliens qui n' ont qu'une seule '' préoccupation'', celle de la crise au nord du Mali. « A ce que je sache, le coup d'Etat militaire du 22 mars perpétré contre ATT (Amadou Toumani Touré, Ndlr) a été fait à cause de la rébellion touareg menée par les bandits armés du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad) et les islamistes. Depuis quelques semaines, le Mali est coupé en deux et les militaires n'ont rien fait à présent, sinon comment comprendre que notre pays est toujours divisé en deux parties », a déclaré M. Ousmane Dembélé, enseignant du secondaire précisant qu'il n'avait aucun ''intérêt particulier'' avec le régime d'ATT et que d'autre part son seul ''camp est le Mali''.

De l'avis d'un observateur averti de la scène politique malienne, « l'action militaire ou le dialogue avec le MNLA et ses alliés dépend de l'existence d'un interlocuteur valable et cela est lié à la mise en place d'un gouvernement ».

A ce niveau, les choses semblent difficiles. En effet, de sources proches du Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et la république (FRD, anti-putsch), ses « responsables ne sont pas prêts à adhérer au gouvernement du Premier ministre Cheick Modibo Diarra tant que leurs camarades et les personnalités militaires détenus par la junte militaire ne sont pas libérés ».

Si les acteurs de ce Front maintenaient leur décision, le gouvernement de Cheick Modibo Diarra sera-t-il un gouvernement d' union nationale comme le prévoit l'accord-cadre signé entre la CEDEAO et la junte militaire ?

Source: xinhua

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