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Français>>AfriqueMise à jour 11.04.2012 09h45
Crise malienne : quel impact pour les pays d'Afrique de l'Ouest ? (ANALYSE)

Le renversement du chef de l'Etat malien Amadou Toumani Touré par une junte militaire le 22 mars dernier a créé un remue-ménage socio-politique dans ce pays.

Pour plusieurs observateurs, la crise qui est en train de frapper actuellement le Mali va au-delà de l'aspect national, en ce sens qu'elle impacte plusieurs pays de l'espace ouest africain.

"Il faut avant tout signaler que la crise malienne comporte des composantes régionales avec la conséquence de la crise libyenne et la présence au Mali d'un groupe terroriste transnational à savoir Aqmi", a fait remarquer le politologue Ousmane Diallo relevant les nombreux et divers trafics qui traversent le territoire malien.

DES EFFETS COLLATÉRAUX

Pour M. Diallo, il apparait tout d'abord évident de se pencher sur les effets collatéraux de la crise chez les voisins de la sous-région, avec le flux de réfugiés et de personnes déplacées.

"Les gouvernements des pays d'accueil des réfugiés mobilisent des mannes financières importantes pour les besoins des déplacés et réfugiés", a-t-il noté.

Les organisations humanitaires relèvent également une "ruée " des réfugiés économiques et sociaux vers les pays voisins dès les premières heures de la crise malienne.

A en croire celles-ci, l'on dénombre au total plus de 81 000 personnes ayant traversé la frontière malienne pour se retrouver dans les autres pays de sous-région en raison de la situation "socialement et économiquement intenable".

"Le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) a enregistré des réfugiés dans des pays d'asile. Pour les pays comme la Mauritanie, le Burkina Faso et aussi le Niger, il s'imposait de gérer des situations sociales et humanitaires indéniables liées à la satisfaction des besoins en vivres et en non-vivres", a précisé le porte-parole du HCR, Andrej Mahecic.

RETOUR AU PAYS ET CHÔMAGE

La crise malienne a en outre occasionné un retour au pays de plusieurs Ivoiriens, burkinabé, nigériens ou autres qui y travaillaient. Selon le constat de certains observateurs, il y a toute une masse de "bras valides" qui sont rentrés dans leurs pays respectifs vu la situation, et qui se retrouvent sans occupation.

Ce "chômage " forcé et inattendu constitue également une préoccupation dans plusieurs pays de la sous-région.

"J'ai deux voisins dont l'un exerçait au Mali dans le domaine de l'hôtellerie, et l'autre dans le secteur de la tuyauterie. Ils sont revenus ici et attendent que la situation soit véritablement pacifiée pour retourner. Ils sont obligés de rester à ne rien faire et ce n'est pas facile ", a témoigné François Kobénan, un enseignant domicilié à Koumassi (sud d'Abidjan).

CONSÉQUENCES SÉCURITAIRES

Pour d'autres observateurs, il y a lieu de se préoccuper de l'impact sécuritaire de la crise dans la sous-région, en plus des conséquences socio-humanitaires.

De l'avis de ceux-ci, l'on doit craindre des conséquences directes sur la stabilité des pays voisins car il peut y avoir un effet domino qui frapperait le Niger, l'Algérie, la Mauritanie, le Burkina Faso, le Sénégal et même la Libye.

"Le pays qui semble le plus fragile aujourd'hui est évidemment le Niger, dont le territoire est entouré de trois foyers de tensions : Nord-Mali, Sud-Libye, Nord-Nigeria avec Boko Haram. Le Tchad est également très fragile et pourrait être impacté encore plus par les tensions du sud de la Libye", estiment-ils.

La sécurité sur les territoires des autres pays inquiètent également plus d'un, en ce sens que cette sécurité pourrait être affectée par l'installation dans la durée d'un Nord-Mali "incontrôlé " par les autorités maliennes comme par le Mouvement national de libération d'Azawad (MNLA).

La sécurité constitue d'autant plus une préoccupation que l'on assiste à une prolifération et une circulation de mouvements et de bandes armées tels que les mouvements salafistes , des éléments de la secte islamique Boko Haram et des milices d'autodéfense qui inquiètent les pays riverains.

Dans un entretien avec des journalistes, l'ancien Premier ministre guinéen Lansana Kouyaté a exprimé sa crainte que la crise malienne fasse tâche d'huile dans certains pays de la sous-région.

"Il y a entre nos pays un système de vases communicants. Quand il y a la guerre dans un pays, cela peut entraîner des conséquences dans les autres pays. Le cas qui concerne la Guinée concerne tous les pays voisins", a-t-il alerté, exhortant la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'ouest (CEDEAO), l'Union africaine et l'ONU à continuer de se pencher sur la question malienne pour une résolution durable du conflit malien.

Source: xinhua

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