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Français>>AfriqueMise à jour 31.03.2012 16h50
La situation confuse et chaotique au Mali doit être clarifiée et éclaircie

Il y a quelques jours, plus précisément le 22 mars, la junte militaire malienne, ayant à sa tête le capitaine Amadou Haya Sanogo a fomenté un coup d'Etat pour renverser le gouvernement du Président Amadou Toumani Touré. Après avoir attaqué et occupé l'aéroport, la radiotélévision et la Présidence, les putschistes ont mis en place le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat (CNRDRE, junte) en remplacement du gouvernement démocratiquement élu dirigé par le Président Amadou Toumani Touré.

Ensuite, ils ont bloqué les postes frontières et l'espace aérien du pays, ont dissous les institutions et ont décrété un couvre-feu national. Selon eux, ils veulent en finir avec le manque de moyens de l'ancien Président dans la lutte contre la rébellion touareg et les groupes islamistes dans le nord du pays.

Après le coup d'Etat, il s'est produit à Bamako, capitale malienne, des cas de pillage et de saccage par des hommes armés en uniforme qui ont dévalisé des boutiques ou bien se sont précités dans des maisons pour s'emparer du butin. Suite au putsch, la situation s'est dégradée, l'ordre social a été complètement perturbé et la masse populaire s'inquiète de son sort. Quant aux rebelles touaregs du nord, ils ont saisi et profité de l'occasion pour lancer de nouvelles attaques dans les régions du nord du pays en visant tout particulièrement la ville d'importance stratégique de Kidal. Cette manière d'agir de la junte militaire malienne, qui ont sérieusement enfreint la Constitution du pays en s'emparant du pouvoir par la force armée, a été désapprouvée et condamnée unanimement par l'ensemble de la communauté internationale malgré la raison invoquée par les putschistes selon laquelle le pays est sérieusement menacée au nord par l'avancée des rebelles touaregs alors que le Président Amadou Toumani Touré ne dispose plus de moyens pour y faire face. Que ce soient les Nations Unies (ONU), l'Union africaine UA), la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ou bien d'autres organisations internationales et d'autres pays du monde, ils ont tous sans exception condamnée le putsch et ont exigé que l'ordre constitutionnel soit rétabli le plus vite possible afin que l'élection présidentielle qui aura lieu tout prochainement puisse se déroulée dans des conditions normales et satisfaisantes. A l'intérieur du pays, la plupart des partis politiques et des organisations populaires disent non également à la junte militaire. Le 26 mars à Bamako, plus d'un millier de personnes ont répondu a l'appel lancé par le «Front uni pour la sauvegarde de la démocratie et de la République » (FUDR) et ont manifesté dans les rues de la capitale pour demander le retour des soldats mutinés dans leurs casernes et le rétablissement du régime constitutionnel.

Pour ce qui est de la CEDEAO, elle a tenu, le mardi 27 mars 2012 à Abidjan, son Sommet Extraordinaire qui rappelle que la « situation au Mali s'aggrave sérieusement », qu'elle touche non seulement le Mali, mais également ses pays voisins ainsi que l'ensemble des pays membres de la CEDEAO dont la paix, la stabilité et le développement font l'objet d'une menace grave et sérieuse. A cet effet, il a été décidé l'envoi, dans les quarante huit heures, d'une délégation de haut niveau de la CEDEAO, présidée par le Président en exercice de la CEDEAO, Son Excellence Alassane
OUATTARA, Président de la République de Côte d'Ivoire, laquelle a pour mission de jouer le rôle médiateur et d'informer la junte sur la teneur des décisions du Sommet et de discuter notamment, des modalités d'un retour rapide à l'ordre constitutionnel.

De l'autre côté, la CEDEAO a demandé à son armée régulière de faire ses préparatifs en attendant l'ordre qui pourrait être lancé à tout moment. Cela est considéré par des médias internationaux comme un « avertissement « clair, net et explicite » lancé à la junte militaire malienne et comme le « premier pas symbolique » d'une intervention armée de la CEDEAO à l'encontre de cette dernière. La décision de la mise en place des forces armées de la CEDEAO a été prise par les ministres de la Défense des pays membres de cette organisation internationale qui s'étaient réunis en décembre 2009. Il a été décidé qu'en cas de conflits armés en Afrique occidentale, cette troupe armée forte de 6.500 soldats atteindra dans les quatorze jours le lieu fixé où elle remplira sa mission.

On ne sait si c'était l'avertissement de la CEDEAO qui a effrayé les putschistes maliens ou bien c'est pour créer une ambiance détendue et apaisée avant l'arrivée de la délégation de haut niveau de celle-ci, de toute façon la junte militaire a décidé le jour même de lever le couvre-feu national et d'ouvrir les postes frontières et l'espace aérien du pays. D'autre part, celle-ci a annoncé l'adoption d'une nouvelle Constitution dans laquelle il est signifié qu'aucun membre de la junte militaire ne participera aux élections législatives ni à l'élection pré. Par conséquent, un tournant positif et une lueur d'espoir sont enfin apparus dans la situation trouble et confuse du Mali et ce que la population locale souhaite le plus, c'est le rétablissement le plus rapidement possible de l'ordre constitutionnel et de la stabilité sociale.

Le tournant positif de la situation au Mali est une nouvelle réconfortante, car il démontre que l'emploi de moyen non constitutionnel pour prendre le pouvoir est impopulaire et ne bénéficie aucunement du soutien du peuple. Tout d'abord dès après l'éclatement du putsch, la communauté internationale, faisant preuve d'une parfaite unanimité, l'a condamné énergiquement et jusqu'à présent aucun pays du monde n'a reconnu la junte malienne qui se trouve actuellement dans un isolement complet. Quant à l'Union africaine, elle a été la première à dénoncer et à stigmatiser les putschistes et à leur ordonner de rentrer dans leurs casernes. Personne n'ignore que l'un des buts et des objectifs de celle-ci c'est de « s'opposer au changement du pouvoir par des moyens non constitutionnels ». Conformément à ce principe-là, l'UA a annoncé sans retard la suspension du Mali qui ne fait plus ainsi partie de ses pays membres et c'est avec cette sanction qu'elle condamne sans réserve l'acte anticonstitutionnel perpétré par la junte militaire malienne. D'autre part au Mali, la plupart des partis politiques ont dès le début dénoncé et stigmatisé le putsch, ce qui démontre que le système démocratique est enraciné au plus profond du cœur des Maliens.

Toutefois, l'éclatement du coup d'Etat au Mali mérite une profonde réflexion. Comme tout le monde le sait, la raison directe et principale du putsch c'est l'avancée des rebelles Touaregs au nord du pays alors que le Président Amadou Toumani Touré fait preuve d'incapacité et de laxisme. En début de cette année, dans le nord du Mali, plusieurs villes ont été les cibles d'attaques armées des forces armées Touaregs, ce qui a entraîné accrochages et échanges de coups de feu entre la junte militaire malienne et les forces armées rebelles et provoqué ainsi de nombreuses victimes parmi la population civile.

Mais pourquoi l'avancée des rebelles Touaregs a-t-elle été cette fois-ci tellement impétueuse et tellement irrésistible ? En réalité elle était étroitement liée à la situation en Libye, car nombreux ont été les Touaregs qui ont participé l'année dernière à la guerre civile dans ce pays voisin du Mali en tant que mercenaires à la solde de l'ancien homme fort libyen le colonel Kadhafi. Puis, après la chute de ce dernier et la fin des hostilités, ils sont retournés dans leur pays mais avec leurs armes légères et lourdes et ils constituent la force principale des rebelles maliens. Riches en expériences de combat, fortement et suffisamment armés et en plus disposant d'armes de la contrebande en provenance continuelle de la Libye, les rebelles Touaregs sont équipés non seulement d'armes légères dont des fusils automatiques AK47, mais également d'armes lourdes telles que des missiles sol-air. Par conséquent, pour ce qui est de la capacité de combat, les rebelles sont de loin plus forts et plus puissants par rapport à l'armée régulière gouvernementale. Il y a depuis longtemps que les médias internationaux ont fait part de leur inquiétude en ce qui concerne l'introduction d'une grande quantité d'armes et l'arrivée de nombreux éléments armés de la Libye aux pays voisins, ce qui favorise, encourage et stimule l'arrogance des forces terroristes et des forces séparatistes de ces pays qui se déchaînent. Donc, la situation trouble et désordonnée en Libye, caractérisée par les conflits entre clans et fractions ainsi que par les agitations sociales, s'étend et produit des effets désastreux sur les régions du Maghreb et sur les pays de l'Afrique occidentale. Quant au Mali, il figure parmi les premiers pays atteints de ce mal. Selon des médias internationaux, la rébellion des forces armées Touaregs au nord du Mali dispose du soutien et de l'appui du Maghreb islamique, une branche d'Al-Qaïda, ce qui complique et aggrave énormément la situation dans le nord du pays. Pour ce qui est des pays occidentaux qui ont des rapports étroits avec la région, dont les Etats-Unis et la France, ils ne resteront pas les bras croisés et il est certain qu'ils interviendront au moment voulu. A plus forte raison que cette organisation islamique maghrébine gardent en captivité actuellement treize otages européens dont six Français.

Quant au Mali, sa tâche la plus importante pour le moment c'est de rétablir le plus vite possible l'ordre constitutionnel normal et de recouvrer ainsi la stabilité sociale. A cet effet, toutes les parties concernées doivent entamer des discussions et des négociations afin de pouvoir trouver les moyens susceptibles de surmonter les difficultés et d'apporter une solution à la crise. Pour ce qui est de moi qui m'étais rendu autrefois au Mali, je me suis rendu compte qu'il était un pays dont le gouvernement prend en considération le développement et dont le peuple est épris de la paix. C'est pourquoi je suis convaincu et persuadé que la situation confuse et chaotique qui règne actuellement dans le pays n'est que provisoire et temporaire.


(Auteur de cet article : Ren Yaqiu)

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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