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Français>>AfriqueMise à jour 27.01.2012 14h00
Tunisie : La reprise économique demande une vraie volonté politique(INTERVIEW)

La situation socioéconomique tunisienne, perturbée et aggravée d'un côté par des grèves, sit-in et mouvements de protestation et un taux de chômage en hausse (18%) et une croissance négative (0,2%) de l'autre côté, ne cessent de préoccuper les différentes composantes de la société civile dont les économistes, professionnels et universitaires qui commencent à dévoiler leurs craintes quant à l'avenir de leur pays à moins que les dirigeants affichent une volonté claire pour faire sortir le pays d'une éventuelle crise.

Docteur en marketing et directeur de la société tunisienne TBC Partners (Training and Business Center Partners) spécialisée dans l'e-learning et le marketing économique, M. Raef Abdennadher voit que "parmi les solutions pour la reprise de la croissance en Tunisie figure le développement des partenariats et des relations économiques durables tout en sortant de la dépendance à l'économie européenne qui est sur le point d'être atteinte par une crise qui pourrait avoir des retombées négative sur l'économie tunisienne".

Les dirigeants et décideurs de l'orientation économique de la Tunisie, a-t-il poursuivi dans une interview accordée à l'Agence de presse XINHUA, "doivent mettre à l'esprit que les pays émergents et les zones d'intégration économique tels que la Turquie et les pays asiatiques dont la Chine représentent des créneaux stratégiques pour la relance économique tunisienne".

Selon lui, La Tunisie devra promouvoir et édifier un vrai partenariat avec le géant chinois qui "ne cesse d'imposer son empire économique à l'échelle mondiale" et ce, a-t-il insisté, " dans une tentative de sortir d'un scénario économique classique basé exclusivement sur le tourisme et l'agriculture avec des exportations à faible valeur ajoutée".

Actuellement, "une volonté politique claire à ce niveau manque encore aux nouveaux dirigeants tunisiens "qui doivent rompre avec les orientations traditionnelles et montrer réellement une détermination à prospecter de nouveaux marchés à travers l'incitation à l'implantation de nouvelles multinationales autre que celles européennes", selon M. Abdennadher.

Ce dernier semble être confiant que "plusieurs multinationales chinoises et asiatiques peuvent être intéressées par le marché tunisien", qui est parallèlement appelé à renforcer ses exportations vers d'autres marchés "autres que ceux traditionnels de plus en plus saturés".

Une année après la révolution, seulement 37,6% des Tunisiens interrogés pensent que la situation économique va s'améliorer en 2012 contre plus de 56% se veulent pessimistes quant à cet avenir à même de croire fortement que la réussite de la révolution dépend de la reprise économique" a encore indiqué le directeur de TBC Partners.

Afin de créer davantage d'emplois et faire face au chômage des Tunisiens, "le gouvernement doit suivre une stratégie économique claire et concrète à court, moyen et long terme" à travers le " renforcement de l'investissement privé tunisien et étranger, la relance des micro-crédits, la transparence dans l'octroi des crédits (..)", a estimé M. Abdennadher.

"Il faut penser sérieusement et rapidement, a-t-il appelé les dirigeants tunisiens, à lancer une étude claire et précise des besoins et des spécificités de chaque région tunisienne".

Cette démarche mènera les responsables tunisiens, selon M. Abdennadher, "à agir en termes d'avantages comparatifs des différentes régions et dans le cadre d'une vision de spécialisation pour créer des emplois via des pôles technologiques, industriels ou agricoles".

Pour conclure, a-t-il souligné, le problème de chômage en Tunisie ne peut pas être résolu par des "calmants" surtout que " 800 mille chômeurs en plus de ceux ayant des emplois précaires et issus de régions défavorisées, nécessitent beaucoup plus que des simples promesses politiques".

En tant qu'observateur de l'évolution de la transition en Tunisie depuis le déclenchement de la révolution tunisienne, M. Abdennadher a conclu que "les Tunisiens sont persuadés de plus en plus que les dirigeants ont laissé de côté les problèmes prioritaires de fonds dont la relance économique, la promotion sociale, la sécurité, l'investissement et l'emploi et pour discuter des débats identitaires et religieux".



Source: xinhua

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