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Français>>AfriqueMise à jour 10.10.2011 08h51
Cameroun : Paul Biya, favori de la présidentielle de ce dimanche face à ses 22 autres concurrents (LEVER DE RIDEAU)

Au terme de deux semaines d'une campagne peu enlevée et peu courue, le président camerounais sortant Paul Biya et ses 22 concurrents seront soumis ce dimanche pour l'élection à la présidence du pays au choix de quelque 7,5 millions d'électeurs, selon les chiffres publiés par Elections Cameroon (ELECAM), organisme chargé de l'organisation de ce scrutin.

Avec un parti de plus en plus dominant, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) avec lequel il s'était déjà imposé en 2004 par 70,92% des suffrages, et les soutiens des ses alliés traditionnels de l'Union nationale pour la démocratie et le progrès (UNDP et de l'Alliance nationale pour la démocratie et le progrès (ANDP), le président-candidat est déclaré favori par les observateurs.

Pour le géostratège Joseph Vincent Ntuda Ebodé, enseignant à l'Université de Yaoundé II, "sur la base de la sociologie électorale du Cameroun, on peut considérer que deux parts sur trois sont pro-président et il reste l'autre part que les candidats, en tête desquels le "Chairman" Fru Ndi, doivent se partager".

L'UNDP et l'ANDP sont respectivement les formations du ministre d'Etat en charge des Transports Maïgari Bello Bouba et du ministre chargé de mission à la présidence de la République Hamadou Moustapha, deux anciens compagnons de route devenus des rivaux, d'où la création par le dernier de son propre parti avec un groupe d'autres transfuges mécontents de l'UNDP.

Deuxième force politique après le RDPC (88 sièges) au terme des législatives de 1992 où elle remporta 68 sièges de députés à l'Assemblée nationale (parlement) sur 180, l'UNDP est liée au pouvoir par un accord pour la participation au gouvernement depuis la présidentielle de 1997, qui a été renouvelé à l'occasion du rendez-vous électoral de ce dimanche.

Leader du Front pour la salut national du Cameroun (FSNC), le ministre de la Communication Issa Tchiroma Bakary, ex-prisonnier politique suite au putsch manqué du 6 avril 1984, battait aussi campagne pour Paul Biya.

Candidat recalé, l'ex-ministre d'Etat en chargé du Plan, de la Programmation et de l'Aménagement du territoire Augustin Frédéric Kodock de l'Union des populations du Cameroun (UPC), à peine rentré d'une évacuation sanitaire en Afrique du Sud avec le concours du gouvernement, selon des sources bien informées, a finalement appelé ses militants à accorder leurs suffrages au président sortant.

La quatrième depuis la restauration du multipartisme en 1990, la présidentielle de ce dimanche, avec ses 23 candidats en lice sur 51 postulants initialement déclarés par ELECAM, est un record de participation. Ils étaient 8 en 1992, 9 en 1997 et 16 en 2004.

C'est aussi une élection différente des trois autres, où jusqu'au dernier jour de campagne aucun candidat ne s'est désisté au profit d'un autre. Ce qui, pour les observateurs, témoigne de l'intérêt que suscite aujourd'hui la fonction présidentielle, mieux des appétits aiguisés par les attentes d'une alternance au sommet de l'Etat qui fait débat au sein de l'opinion publique.

Assuré de rempiler face à une opposition qui, encore une fois, n'a pas pu faire chorus afin de maximiser ses chances de réussite, Paul Biya, qui se présente comme "le choix du peuple", se préoccupe d'une "victoire écrasante". C'est justement l'appel lancé à ses partisans lors des travaux du troisième congrès de son parti les 15 et 16 septembre à Yaoundé.

Mais, son principal rival Ni John Fru Ndi, qui au fil du temps a vu son assise politique et son charisme d'antan d'effriter, affirme n'avoir pas dit son dernier mot. "Allez dire à M. Biya que je vais lui donner une leçon", a-t-il déclaré lors d'un entretien à la veille de l'ouverture de la campagne, dans son fief de Bamenda, au Nord-Ouest. "Je vais à l'élection pour gagner", a-t-il ajouté.

Le chef de file de l'opposition a réitéré à l'occasion ses critiques à l'égard d'ELECAM dont il remet en cause l'indépendance et l'impartialité. Pour convaincre de sa neutralité dans la conduite du processus électoral, l'organe électoral a dû se séparer vendredi d'un des membres, Pauline Biyong, nouvellement nommée parmi 5 autres, dont la réalisation d'un contrat d'affichage des posters du chef de l'Etat sortant a révélé dans la presse.

Sur les 7,5 millions d'électeurs inscrits, environ 5,5 millions avaient reçu leurs cartes d'électeur vendredi, selon les informations diffusées par l'office de radio et de télévision public, la Cameroon Radio and Television (CRTV). Ces citoyens sont appelés aux urnes dans 24.591 bureaux de vote sur l'ensemble du territoire national, en présence de près de 9.000 observateurs électoraux nationaux et étrangers, de sources officielles.

Hors du pays, 79 bureaux de vote ont été créés dans une quarantaine de représentations diplomatiques et postes consulaires dans 33 pays étrangers au profit de 25.578 électeurs inscrits sur près de 4 millions de ressortissants camerounais. C'est la première fois pour cette diaspora de voter.

Mis à part une menace d'attaque à Douala par des individus non identifiés et la découverte d'explosifs dans un bureau d'ELECAM à Limbe (Sud-Ouest), selon des sources concordantes, la campagne électorale s'est déroulée dans un climat globalement calme, sous contrôle des forces de sécurité mises en état de l'alerte.

Ouverts à 8 heures locales (7h GMT), les bureaux de vote devront refermer leurs portes à 18h00 heures (17h00 GMT). La publication des tendances provisoires n'est pas autorisée par la loi et les résultats définitifs du scrutin qui seront publiés par la Cour suprême de justice agissant en lieu et place du Conseil constitutionnel non encore mis en place ne seront pas connus à l'immédiat.

Par Raphaël MVOGO

Source: xinhua

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