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Français>>AfriqueMise à jour 23.09.2011 13h16
Présidentielle camerounaise : « Je vais à l'élection pour gagner »,déclare Fru Ndi (INTERVIEW) Par Raphaël MVOGO

Principal adversaire du président sortant Paul Biya depuis la création de son parti en 1989, soit un an avant la restauration officielle du multipartisme au Cameroun, le leader du Social Democratic Front ( SDF) Ni John Fru Ndi déclare se présenter à la présidentielle du 9 octobre avec l'objectif de gagner, après ses défaites de 1992 et 2004.

Dans un entretien exclusif à Xinhua dans son village natal à Baba II, à 14 km de Bamenda, principale ville du Nord-Ouest, le « Chairman », qui affirme ne pas ressentir le poids de ses 70 ans d'âge, accuse le pouvoir d'avoir verrouillé le vote avec, notamment, la mise en place d'un organe électoral, Elections Cameroon (ELECAM) sans garanties d'indépendance.

Question : Vous vous présentez pour la troisième fois à l'élection présidentielle. Pensez-vous que c'est enfin le bon moment pour accéder au pouvoir ?

Réponse : Ce n'est pas le bon moment cette année. Lors des précédentes élections, nous avons été confrontés au système de fraudes mis en place par M. Biya. Cette fois-ci encore, il a remis en place le même système de fraudes. Et tant que démocrates, nous continuons de nous battre, parce que nous sommes convaincus que le changement peut venir des urnes. M. Biya n'a jamais voulu que les Camerounais expriment leur choix dans des élections libres et transparentes. La preuve est qu'il a choisi les membres d'ELECAM dans son propre parti politique. De même, les lois créant ELECAM ne garantissent pas son indépendance. Par ailleurs, nous avons plaidé pour un bulletin de vote unique pour tous les candidats et il a multiplié les bulletins pour les 23 candidats retenus. Pour un pays pauvre comme le Cameroun, nous devons tout faire pour faire des économies. Ce que le SDF dit est qu'avec des élections libres et démocratiques, M. Biya peut toujours gagner, mais il s'arrange à chaque fois à ce que les résultats soient connus à l'avance.

Q : Vous voulez dire qu'il vous est impossible de gagner ?

R : Nous allons nous battre. Nous avons attiré l'attention des membres d'ELECAM sur le fait que les Camerounais les regardent et que s'ils organisent des élections pour faire le RDPC, ils ne doivent pas oublier ce qui s'est passé en Afrique du Nord et que cette situation s'est déjà signalée au Cameroun en 2008. Quand ce genre d'événement survient, la situation devient incontrôlable. En 2008, ils m'avaient accusé d'être l'instigateur et la suite des événements avait démontré que je n'avais rien y à voir. C'était la famine. Cette famine est toujours là. A cause de la flambée des prix, les gens ne mangent pas à leur faim. M. Biya annonce des projets ça et là, à l'instar des ports en eau profonde à Victoria (Limbe) et à Kribi. Depuis qu'il est pouvoir, ce n'est que des promesses.

Q : Vous l'avez rencontré plusieurs fois au cours des derniers mois, que lui avez-vous dit ?

R : Je lui ai dit que, à son avantage pour qu'il puisse laisser un héritage, il devrait organiser des élections libres, transparentes et démocratiques et ouvrir un dialogue consensuel pour la désignation des membres d'ELECAM. Ainsi, quel que soit qui adviendra, même si c'est lui qui gagne, qu'il gagne avec honneur.

Q : S'il est réélu, accepteriez-vous d'entrer finalement au gouvernement en cas de proposition ?

R : S'il gagne dans la transparence, nous pouvons discuter de cela plus tard. Mais, je vais à l'élection pour gagner. Je n'y vais pas en disant que si Biya gagne j'entrerai au gouvernement.

Q : Croyez-vous que les Camerounais puissent porter leur choix sur vous ?

R : Je chemine avec les Camerounais depuis 22 ans. Ils savent aujourd'hui quel est le meilleur leader politique pour changer leur pays. Ils savent distinguer celui qui combat pour défendre leurs intérêts.

Q : Pour cette fois-ci, quel est le message que vous leur adressez ?

R : C'est un message d'espoir. C'est un message d'un meilleur avenir. C'est un message d'un pays qui va s'ouvrir à une gestion transparente. C'est un message d'un meilleur avenir pour la jeunesse camerounaise. C'est un message d'un meilleur système éducatif. C'est un message d'un meilleur système de santé, où nous allons accéder à un système pouvoir fédéral permettant que les populations elles-mêmes se prennent en charge elles-mêmes dans leurs propres localités. Jusqu'ici, tout est centralisé à Yaoundé. Même avec la décentralisation dont ils parlent, ils ne laissent pas les collectivités territoriales travailler librement. C'est un système fermé. Le SDF va le briser, pour permettre aux Camerounais de vivre normalement, en profitant des dons à eux offerts par Dieu. Nous voulons bâtir un pays où chacun paie les impôts comme il se doit, indépendamment de son appartenance politique, un pays ouvert, accueillant et transparent qui attire les investisseurs. Ce sera un pays industrialisé, qui ne va plus se limiter à exporter tout notre bois, tout notre cacao, tout notre café, tout notre coton. Nous allons veiller à ce que les jeunes Camerounais se spécialisent dans les secteurs industriels. Dans les années 80, je me suis rendu au Canada et j'ai visité le stade olympique. Ils étaient fiers d'affirmer que le bois utilisé pour les installations de cette infrastructure provenait probablement du Cameroun. Nous n'exploitons pas nous-mêmes notre bois pour faire de telles choses.

Q : Est-ce que l'élection de cette année est la dernière à laquelle vous prenez part ?

R : La dernière élection ? C'est au peuple de décider. Je suis candidat maintenant, non pas parce que c'est moi qui ai décidé. J'ai exprimé mes intentions et les militants ont approuvé, estimant que, pour l'instant, je suis le seul à pouvoir battre M. Biya dans cette course. Ils m'ont donc confié l'étendard du parti. Le SDF est le seul parti démocratique au Cameroun, parce que depuis 22 ans nous avons organisé 9 congrès et le RDPC en 26 ans a tenu trois congrès. Les instances dirigeantes du parti ont demandé que les candidats à l'investiture pour l'élection présidentielle se prononcent et après l'examen des candidatures, j'ai été déclaré vainqueur. Ce choix a été confirmé par le congrès, qui est habilité à valider toutes les décisions prises au sein du parti. Ces derniers temps, nous avons été secoués par des dissensions internes et nous nous mobilisons pour aplanir ces divergences afin que le SDF retrouve son leadership.

Q : Pourquoi avez-vous choisi de lancer votre campagne par l'Extrême-Nord ?

R : Je voudrais m'adresser et parcourir toutes les régions de ce pays et je choisis de débuter par le sommet avant de commencer à descendre. Si nous commençons par le Sud, nous allons par la suite monter et redescendre. C'est du temps perdu.

Source: xinhua

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