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Français>>AfriqueMise à jour 01.07.2011 10h18
NEPAD : bilan mitigé 10 ans après, contraintes financières à surmonter (ANALYSE)

En l'absence du président sénégalais Abdoulaye Wade, un des initiateurs de ce programme, un mini-sommet des chefs d'Etat de l'Union africaine (UA) a dressé mercredi à Malabo en Guinée équatoriale une évaluation de 10 ans du Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (NEPAD), un bilan jugé mitigé par les dirigeants africains eux-mêmes.

Le président de la Commission de l'UA, Jean Ping, est le premier à déplorer le faible soutien financier des pays pour la réalisation des objectifs fixés en faveur de l'intégration économique du continent à travers des projets d'envergure tels que l'interconnexion électrique, la fibre optique, les routes transnationales, le développement à grande échelle de l' agriculture, etc.

Rappelant que le NEPAD a été conçu comme une réponse aux problèmes de pauvreté, de sous-développement et de la marginalisation de l'Afrique dans le contexte de l'économie mondialisée, Jean Ping n'hésite pas à reconnaître des défis cruciaux encore à relever pour parachever le processus d' intégration.

Selon lui, "le premier défi porte sur le financement adéquat de l'Agence du NEPAD dans le cadre de cette intégration", car les Etats membres de l'UA ont approuvé le budget 2011 de cette nouvelle structure et son unité de coordination au sein de la Commission de l'UA, "mais ans une provision financière suffisante".

"Les partenaires approchés à cet effet n'ont pas pu répondre favorablement à la demande de financement qui leur a été adressée. A ce jour, aucun fonds n'a pu être mobilisé pour financer ce gap ( nom précisé, ndlr). Cette contrainte financière met en péril la bonne exécution de certains programmes et projets", avise Jean Ping.

Un autre défi, explique-t-il encore, réside dans "l'adoption de la nouvelle structure de l'agence du NEPAD qui devrait lui permettre d'exécuter aisément son nouveau mandat. Actuellement, l' agence du NEPAD fonctionne sans une structure organisationnelle appropriée, ce qui a de sérieuses implications sur ses capacités à mettre en oeuvre son nouveau mandat".

Il est pourtant établi que l'Afrique est le continent qui a une capacité de résilience importante avec une résistance à la crise économique mondiale de 2008-2009, en dépit d'une baisse de croissance de 4,7% en 2010 à 3,7% en 2011, note le secrétaire exécutif de la Commission économique des Nations Unies pour l' Afrique (CEA), Abdoulie Janneh.

Pour 2012, les prévisions se situent entre 5,5% et 8%, renchérit le président sud-africain Jacob Zuma pour qui également "l'Afrique est le continent qui enregistre la croissance la plus rapide dans le monde et se trouve sur la voie de la relance".

Mais, c'est aussi un continent réputé pour le record détenu dans la fuite illicite des capitaux, évalués à 854 milliards USD entre 1970 et 2008, un chiffre qui pourrait atteindre d'ailleurs 1. 800 milliards USD, de l'avis de M. Janneh. D'après le Rapport mondial sur la gouvernance financière (Global Financial Integrity Report), rappelle celui-ci, 60 à 65% de ces fonds s'évaporent à travers les multinationales.

Le phénomène, décrit en outre le responsable onusien, fait ainsi perdre à l'Afrique environ 160 milliards USD par an de ressources financières nécessaires à l'essor du développement, une somme jugée supérieure que les montants requis pour la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) pour lesquels le continent, mis à part l'Afrique du Nord, accuse des retards énormes.

En marge du 17e sommet de l'UA à Malabo, l'UA a présenté mercredi un nouveau programme phare pour le développement des infrastructures en Afrique (PIDA) qui adossé sur quatre piliers relatifs à l'énergie, les transports, les technologies de l' information et de la communication puis l'hydraulique transfrontalière. Cette initiative nécessite des financements d' environ 19 milliards USD par an.

Initialement prévu pour être opérationnel en 2015, le projet de gazoduc Algérie-Nigeria devant permettre le transport de 30 millions de mètres cubes de gaz produit chaque année, sur une infrastructure de 4.000 km avec le Niger, le Burkina Faso et le mali comme pays de transit, peine à mobiliser les financements évalués. 20 milliards USD sont recherchés pour le concrétiser.

Pour répondre à ces contraintes financières qui empêchent le décollage économique du continent, les propositions unanimement exprimées tant par les leaders africains eux-mêmes que des experts insistent sur l'identification de sources de financements innovants. Parmi les pistes explorées, l'on évoque par exemple une taxe sur les billets d'avion, une expérience française reprise par le Sénégal, ou encore une taxe carbone.

A la lumière d'une recommandation du premier ministre namibien Nahas Angula, une réflexion est aussi suggérée pour l' établissement de la base fiscale avec à la clé l'introduction des réformes dans ce domaine, le développement du marché financier national dans les différents pays de l'UA, la promotion de l' entreprenariat privé.

Reconnaissant que le secteur privé est le moteur de la croissance économique et de la création des richesses, le président Zuma pour sa part préconise une meilleure prise en compte de son rôle, en vue des partenariats public-privé bénéfiques pour la mobilisation des ressources qui y abondent, mais ne sont pas mis à profit pour soutenir les projets nationaux et continentaux de développement.

Source: xinhua

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