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Français>>AfriqueMise à jour 27.04.2011 08h59
Côte d'Ivoire : la machine administrative ivoirienne "grippée" par les pillages (SYNTHESE)

Une quinzaine de jours après l'arrestation du président sortant ivoirien Laurent Gbagbo, les nouvelles autorités ivoiriennes tentent de mettre l'administration sur les rails, en appelant les différents acteurs à la reprise des activités.

Nombre de travailleurs ont répondu à l'appel en se rendant mardi à leurs différents services. Mais le constat sur les lieux de travail se veut plutôt triste d'autant que les locaux se trouvent pour la plupart dans un état de désolation.

Les nombreux pillages qui ont précédé pour certains et suivi pour d'autres la capture de M. Gbagbo, ont "grippé" la machine administrative ivoirienne.

Lors d'une tournée le week-end dernier dans les locaux de certaines institutions du pays, le secrétaire général de la présidence et ministre d'Etat du gouvernement Ouattara, Lanciné Gon Coulibaly, a fait un état des lieux les plus bouleversants.

LOCAUX NON FONCTIONNELS

La présidence de la république, la primature (bureaux du Premier ministre) et les ministères ont été littéralement pillés. Les vandales qui ont mis sens dessus dessous les bureaux ont emporté les ordinateurs, des climatiseurs, des meubles et des véhicules. Les coffres-forts de ces institutions n'ont pas été épargnés.

Le ministre Gon Coulibaly avait à l'issue de sa tournée lancé un message invitant les personnes en possession des véhicules administratifs pris dans le parking au sous-sol de la présidence, à les ramener dans un délai raisonnable.

Les services administratifs décentralisés situés dans le quartier administratif du Plateau et ceux de certains autres quartiers tels que Cocody et Yopougon ont subi aussi la furie des pillards.

C'est l'exemple du Bureau national d'études techniques pour le développement (Bnetd) à Cocody et de l'Agence de la caisse nationale de la prévoyance sociale (Cnps) dans le quartier de Yopougon, qui ont été laissés dans un état lamentable et méconnaissable par les pillards et qui sont actuellement non fonctionnels.

Selon un sous-directeur au ministère de l'Economie et des Finances, Patrice Edoukou, de nombreuses données informatiques ont été mises hors d'usage par les quidams.

"On a assisté parfois à une destruction des éléments permettant le fonctionnement normal de l'administration. Même si les employés sont présents au service, la reconstitution des fichiers et documents électroniques de gestion est difficile et cela risque de prendre un peu de temps", a estimé M. Edoukou.

Les policiers et gendarmes à qui il a été demandé de regagner leurs services en vue de la reprise du travail de sécurisation sont aussi confrontés à ce même scénario.

La plupart des commissariats de la ville d'Abidjan et même de certaines villes de l'intérieur du pays comme San Pedro ont été saccagés, les armes et autres matériels ont été emportés.

Cette situation ne s'avère pas ainsi facile pour les policiers et gendarmes qui devraient remplacer les soldats appelés à regagner les casernes, signe d'une normalisation effective.

UN TEMPS POUR LA NORMALISATION

En dépit de la volonté de nombreuses personnes de reprendre leurs fonctions pour s'inscrire dans la mouvance de la reprise, un temps devrait alors être accordé à la normalisation.

Pour certains observateurs, ces difficultés vont de manière inévitable retarder l'exécution du programme de gouvernement du président élu Alassane Ouattara qui a promis de faire de la Côte d'Ivoire un pays moderne et modèle en l'espace de cinq ans.

"Il faut réhabiliter ou reconstruire tout ce qui a été abîmé. Cela va prendre plusieurs mois. Il faut acquérir de nouveaux véhicules pour les agents en charge de la sécurité et pour les services de l'Etat. Cela aussi se fera sur une certaine durée", a estimé l'un d'eux.

UN IMPACT SUR LE PRGRAMME PRESIDENTIEL

De l'avis de celui-ci, après la phase de restauration et de l'approvisionnement en matériels et en produits, une autre phase tout aussi importante qu'est la cohésion nationale devrait suivre, et pourrait modifier sur le plan du calendrier "le programme d'action" de M. Ouattara.

En attendant, le gouvernement Ouattara s'attelle à tout mettre en oeuvre pour que le pays sorte de sa torpeur et retrouve son animation d'antan.

Les activités ont ainsi repris lentement, avec l'espoir d'atteindre dans les temps à venir une vitesse de croisière, pour tourner de manière sûre la page de la crise post-électorale ivoirienne.

La Côte d'Ivoire a abordé depuis deux semaines un nouveau virage de son histoire socio-politique avec l'arrestation le 11 avril du président sortant ivoirien Laurent Gbagbo par les forces pro-Ouattara soutenues par les casques bleus de l'ONU et la force française Licorne.

La crise post-électorale ivoirienne a opposé durant plus de quatre mois Laurent Gbagbo, investi président par le Conseil constitutionnel, à Alassane Ouattara, déclaré élu par la Commission électorale ivoirienne (CEI) et reconnu par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), l'Union africaine (UA) et l'ONU.

Le conflit jalonné par des violences meurtrières a fait plus d'un millier de morts depuis la mi-décembre 2010, selon l'ONU.

Source: xinhua

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