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Français>>EnvironnementMise à jour 12.06.2012 08h56
Des pandas vont être rendus à la vie sauvage
Liu Xiaoqiang (à gauche) et Wang Xiaojun suivent les pandas dans la Réserve Naturelle Nationale de Wolong, dans la Province du Sichuan, le mois dernier. Les formateurs utilisent un déguisement pour préparer les pandas à la vie dans la nature. Feng Yongbin / China Daily.

Selon un article signé Jiang Xueqing et Huang Zhiling à Wolong et Dujiangyan, dans la Province du Sichuan, les plantigrades devraient être libérés dans un habitat naturel.

Il a fallu au moins deux heures à notre véhicule tout-terrain pour remonter la mauvaise route de montagne qui part de Dujiangyan, une ville située près de Chengdu, dans la province du Sichuan, vers la Réserve Naturelle Nationale de Wolong. Dévastée par le tremblement de terre de Wenchuan de 2008 et des glissements de terrain qui ont suivi, le caractère dangereux de la route fait que très peu de touristes ont pu se rendre à Wolong.

Tao Tao, un panda mâle âgé de près de 2 ans, vit avec sa mère, Cao Cao, dans ce lieu isolé qui peut s'enorgueillir de posséder des paysages rappelant ceux du royaume elfe dans « Le Seigneur des Anneaux », et n'a vu que quelques visiteurs humains lors des quatre dernières années.

Né en captivité le 3 août 2010, Tao Tao a reçu un entraînement aux techniques de survie sur le terrain avec l'aide de chercheurs du Centre Chinois de Protection et de Recherche sur le Panda Géant pratiquement depuis le jour de sa naissance. Le projet est de l'envoyer dans les zones sauvages de Ya'an, dans la Province du Sichuan, à la fin du mois d'octobre.

Les pandas sont une espèce en voie de disparition. Selon Huang Yan, ingénieur en chef adjoint du centre, le nombre de pandas élevés en captivité se monte à juste 328 et il y en a seulement environ 1 600 à l'état sauvage. Les pandas sauvages sont dispersés à travers les provinces du Sichuan, du Gansu et du Shaanxi. Au cours des dix dernières années, l'activité humaine, principalement sous la forme de construction de routes et de voies ferrées à grande vitesse, a réduit leur habitat et divisé les pandas sauvages en plus de 30 petits groupes.

« Nous n'avons pas d'autre choix que de libérer les pandas élevés en captivité dans la nature pour protéger l'environnement naturel », a déclaré M. Huang. « En offrant à ces animaux un entraînement à la survie en milieu sauvage, nous espérons pouvoir les réintroduire en un certain nombre de petits groupes, contribuant ainsi à accroître la population sauvage et maintenir leur diversité génétique ».

Peu de temps après la naissance de Tao Tao, les chercheurs ont installé le petit et sa mère dans une zone semi-sauvage couvrant 2 400 mètres carrés, située à une altitude de 1 820 mètres. Exceptionnellement, Cao Cao s'est vue confier l'entière responsabilité du petit, une exception à la pratique habituelle des centres tels que la Base de Pandas Bifengxia de Ya'an, où les gardiens s'occupent des petits et les nourrissent au lait maternisé.

Pendant le processus d'entraînement, la mère joue le rôle principal dans l'enseignement des compétences de survie de base au petit, comme la façon de trouver de l'eau et grimper aux arbres. Les chercheurs jouent un rôle secondaire en plaçant les pandas dans un environnement similaire à leur habitat boisé naturel, fournissant de la nourriture à la mère quand le bambou est rare, et assurant aussi le suivi de leur comportement et de leurs activités. En plus de Tao Tao, trois autres petits pandas ont reçu le même genre d'entraînement de la part de leur propre mère.

« Pour former les petits pandas nous nous avions l'habitude de nous appuyer sur nos recherches et notre imagination. Cela demandait beaucoup de temps et d'énergie, mais les résultats étaient faibles », a déclaré Zhang Hemin, directeur du centre. « Maintenant, nous nous appuyons sur les mères pandas pour assurer cet entraînement. Ce sont des enseignantes bien meilleures que les humains, parce qu'elles ont une connaissance innée de ce qu'il faut faire dans ce domaine ».

Contrairement à certaines autres réserves naturelles où les petits développent des relations étroites avec leurs gardiens, à Wolong les chercheurs restent pratiquement invisibles des petits pour minimiser l'impact des humains sur eux. Les gardiens et des vétérinaires portent même des costumes en peluche noire et blanche quand les petits sont soumis à un examen physique. En conséquence, Tao Tao a appris à être constamment vigilant et s'il entend un bruit de pas sur les feuilles de bambou, il se cache immédiatement en grimpant dans l'arbre le plus proche.

Le 20 février de l'année dernière, les chercheurs ont déplacé Tao Tao et sa mère vers une plus grande surface, plus haut sur la montagne. La zone couvre 40 000 mètres carrés et est située à une altitude de 2 000 à 2 100 mètres. Plus de 10 pandas sauvages vivent à la périphérie de la zone d'entraînement, qui dispose de beaucoup de bambous parapluie, une des variétés les plus courantes de la zone de Wolong. L'environnement est presque exactement le même que l'habitat naturel des pandas dans les bois.

Pour éviter que Tao Tao et Cao Cao ne quittent la zone d'entraînement, ils sont entourés par une clôture de 2,5 mètres de hauteur. Les scientifiques ont installé 55 caméras, à la fois le long de la clôture et à l'intérieur de la zone d'entraînement, afin de surveiller les pandas. Ils utilisent également des jumelles l'observation à longue distance. Les pandas sont par nature solitaires et sédentaires, et la plupart du temps Tao Tao se repose dans les arbres, ne retournant vers sa mère que quand il a faim.

Les caméras ne fonctionnent pas toujours de manière efficace et peuvent à peine détecter les pandas, lorsque les feuilles épaisses projettent leurs ombres sur les champs, aussi les chercheurs ont-ils équipé Cao Cao avec un collier GPS, qui leur permet de repérer sa position et sa zone d'activité. Le collier reçoit des signaux par satellite qui enregistrent la longitude et la latitude du panda à un moment donné et permet aux chercheurs de télécharger des données à une distance d'environ 500 mètres, bien que parfois le feuillage épais leur impose de s'approcher plus près, jusqu'à 100 mètres.

Les scientifiques prévoient maintenant de construire une réplique de léopard, de couvrir son corps d'excréments et d'urine recueillis auprès du zoo et d'enregistrer des rugissements de léopard. Finalement, le faux léopard sera placé à l'intérieur dans la zone où vivent les pandas et un chercheur ira se cacher dans une tour de guet camouflée. Lorsque Tao Tao passera à proximité de ce leurre, le chercheur activera une télécommande pour diffuser le rugissement du faux léopard, puis observera la réaction de Tao Tao. En utilisant cette technique, ils espèrent faire peur au petit et à lui apprendre à identifier et éviter ses ennemis naturels.

« En tant que chercheurs, nous nous inquiétons plus de savoir s'il pourra le faire à l'état sauvage », a déclaré M. Zhang, le directeur du centre. Ces préoccupations ont été particulièrement aiguës au début de la période d'entraînement. Quelque dix jours après la naissance de Tao Tao, la réserve de Wolong a été battue par de lourdes pluies qui ont duré deux jours. Au centre, tout le monde a été mort d'inquiétude et un débat animé s'en est suivi, les chercheurs discutant de l'opportunité de ramener le petit vers le centre.

En fin de compte, M. Zhang a décidé de prendre un risque. « Nous devions serrer les dents pour surmonter cet obstacle », a-t-il dit. « Si nous l'avions ramené alors, nous aurions dû faire de même la prochaine fois qu'un autre problème similaire serait arrivé. Nous avons donc dû prendre une décision courageuse. Même s'il risquait de mourir, il fallait faire un sacrifice pour le salut de sa propre espèce ». Au grand soulagement de tous les chercheurs, Tao Tao est sorti indemne de la pluie.

Les inquiétudes ont été ravivées lors d'une tempête de neige en février 2011. Certaines parties de la zone d'entraînement, y compris les plantations de bambou, ont été enfouies sous un mètre de neige. À l'époque, Tao Tao venait juste d'apprendre à marcher et les chercheurs ont eu peur qu'il ne périsse par ce froid intense. Toutefois, leurs inquiétudes ont été révélées infondées quand ils ont découvert que Cao Cao avait tracé un chemin dans la neige de sorte que Tao Tao puisse suivre ses traces. Plus tard, la mère a protégé sa progéniture en chassant une civette palmiste à masque de leur espace vital.

« Aujourd'hui, nous avons tiré les leçons et admis que les petits pandas doivent se blinder face au mauvais temps et à un environnement difficile. C'est de cette seule façon qu'ils apprendront à s'adapter à cet habitat », a déclaré M. Zhang.

Après près de deux années d'entraînement, Tao Tao présente peu de différences par rapport aux pandas sauvages s'agissant de choisir sa nourriture de base, rechercher des points d'eau, s'orienter, échapper à ses ennemis, et communiquer socialement, selon M. Zhang.

Le 3 mai, Tao Tao et sa mère ont été déplacés vers une zone de 240 000 m², plus haut dans la montagne. Au moment où les pandas sont partis, le petit pesait déjà 36 kg. Entre maintenant et octobre, le programme d'entraînement va se concentrer sur l'identification des ennemis naturels et des animaux amicaux. Les chercheurs ont également l'intention d'acheter un quelques sanglier et chèvres sauvages et de les introduire dans la zone d'entraînement. Ils transféreront également un petit nombre de pandas de Ya'an à Wolong, de telle sorte que Tao Tao pourra développer des liens sociaux et comprendre sa place au sein de la communauté panda.

« Notre prochaine étape sera d'élaborer une procédure standardisée d'entraînement à la survie en milieu sauvage et d'établir un plan d'entraînement avec un objectif chiffré annuel », a déclaré M. Zhang. « De cette façon, nous aurons un flux constant de pandas répondant aux critères de libération en petits groupes sauvages, qui pourront s'intégrer à la communauté locale et procréer. Après des années de dur labeur, nous allons enfin atteindre notre objectif de protection des pandas sauvages, augmenter leur population et de préserver leur diversité génétique ».


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Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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