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Français>>EnvironnementMise à jour 28.04.2011 16h43
Les compagnies aériennes chinoises se préparent pour les limitations de l'UE sur les émissions

Voler plus vert est devenu une priorité -et aussi un casse-tête potentiel- pour les compagnies aériennes chinoises, après que le régulateur de l'aviation civile nationale se soit engagé à réduire les émissions et que l'Union européenne ait décidé d'imposer aux vols internationaux un système de limitation du carbone, qui les fera payer pour les émissions qu'elles émettront au delà d'un certain seuil.

L'Administration de l'Aviation civile de Chine a dit vouloir réduire le niveaux d'émissions de gaz carbonique de 2005 de 22% d'ici 2020. Elle encourage les compagnies aériennes à utiliser des carburants alternatifs et de nouveaux moteurs plus efficaces.

« D'ici la fin 2020, les compagnies aériennes de l'industrie chinoise de l'aviation maintiendront le même rythme que celles des pays développés en termes de consommation d'énergie et de critères d'émissions », a dit l'administration dans une directive publiée récemment.

Air China, la compagnie aérienne internationale porte-drapeau de la Chine, envisage d'effectuer un vol de démonstration trans-pacifique partiellement alimenté par du carburant biologique dans la seconde moitié de l'année.

Le transporteur, basé à Beijing, devrait utiliser un Boeing 747 équipé de moteurs Pratt & Whitney pour ce vol d'essai, en PetroChina fournira le carburant à base de jatropha, une plante, pour ce projet.

Ce vol fera suite à un certain nombre de vols d'essai alimentés par des biocarburants effectués par des compagnies du monde entier, comme Virgin Atlantic, Air New Zealand et Continental Airlines.

Zhang Jianzhong, Vice-directeur général de China Eastern Airlines, a dit que sa société était en train de développer des stratégies économes en énergie, dont la mise à la retraite des avions anciens, l'optimisation des routes et la rénovation des technologies.

Le transporteur a choisi Rolls-Royce pour lui fournir des moteurs Trent 700 destinés à équiper ses 16 Airbus A330. Ces moteurs devraient permettre de réduire la consommation de carburant d'au moins 2% pour la seule première année. C'est l'équivalent d'une réduction de 190 000 tonnes de gaz carbonique, ou encore l'équivalent des émissions de carbone de 80 000 automobiles.

Cependant, les responsables de la compagnie ont également dit que certains des problèmes d'émission échappent à leur contrôle.

« La limitation de l'espace aérien coûte beaucoup d'énergie aux compagnies aériennes, car de nombreux avions doivent attendre sur l'aéroport ou en l'air à la demande des contrôleurs aériens, ce qui augmente notre consommation de kérozène », a dit M. Zhang.

Le système européen d'échange d'émissions (Emission Trading System) fait face aux pressions des compagnies aériennes chinoises et des autres grandes compagnies internationales, qui contestent le droit des Européens à réguler les émissions des compagnies aériennes utilisant leurs aéroports.

L'Association des Transports Aériens de Chine a déclaré dans un communiqué publié au nom d'Air China, China Eastern, China Southern et de ses autres membres que la politique de l'UE relative aux émissions comporte des défauts significatifs et que les règles imposées pourraient même violer les lois internationales.

L'association va demander au Gouvernement chinois de prendre les « mesures correspondantes » pour protéger les intérêts des transporteurs du pays si jamais l'UE persistait dans sa position.

L'UE a en effet ordonné à tous les vols partant ou arrivant sur ses aéroports de participer à un échange d'émissions depuis le 1er janvier dernier. Selon ce système dit de « cap-and-trade » (limitation et échange), un plafond est imposé sur les émissions de gaz carbonique. Les compagnies qui dépassent le quota qui leur est alloué sont obligées d'acheter des droits d'émission auprès des compagnies plus efficaces qui n'ont pas utilisé tous les droits qui leur ont été alloués.

Le chiffre des droits d'émissions alloués aux compagnies aériennes est de 213 millions de tonnes métriques pour l'année prochaine, tombant à 208,5 millions de tonnes en 2013, d'après le plan européen.

Thomson Reuters Point Carbon estime que les companies aériennes font face à un manque de 88,5 millions de tones métriques rien que pour la première année, ce qui devrait coûter 1,4 milliards d'Euros (2 milliards de Dollars US) à l'industrie au niveau mondial en 2012. Et ce chiffre devrait atteindre 7 milliards d'Euros en 2020.

Les transporteurs chinois devraient avoir à payer une somme estimée à 17,6 milliards de Yuans (2,7 milliards de Dollars US) d'ici 2020, après une première année qui devrait leur coûter 800 millions de Yuans. Ajouter un nouveau vol entre la Chine et l'Europe devrait coûter 15 millions de Yuans par an, d'après le régulateur de l'aviation civile chinoise.

« Les compagnies aériennes vont devoir soit réduire le nombre de leurs vols soit utiliser des avions volant avec des bio-carburants pour compenser la hausse des coûts due au système d'échange d'émissions, mais elles devraient préférer les avions au bio-carburant parce que l'Europe est une destination très prisée par les touristes », a dit Wu Yunying, analyste chez Changjiang Securities Co.

Si les transporteurs transfèrent ces coûts sur les passagers, un billet en classe économique entre Shanghai et l'Europe devrait augmenter entre 200 et 300 Yuans.

Air China pourrait être le plus gros perdant parmi les transporteurs chinois quand le programme d'émissions européen entrera en vigueur, parce que c'est celui qui exploite le plus de vols, avec 12 vols passagers et 4 vols cargo vers l'Europe.

D'après des articles de presse, la compagnie chinoise comprend le désir de l'Europe de réduire les émissions, mais le système de plafond et d'échange adopté par l'Europe ne prend pas en considération les problèmes particuliers des pays en développement et viole le principe de « responsabilités communes mais différenciées » suivi par la communauté internationale sur le changement climatique.

Quant à l'Association Américaine des Transports Aériens, et les compagnies aériennes américaines United, Continental et American, elles sont en attente d'une décision de la Haute Cour de Londres, contestant la légalité de l'extension aux vols internationaux du système d'échange d'émissions de l'UE.

« Je voudrais souligner que l'aviation commerciale est un moteur écomique remarquablement efficace, puisqu'il ne représente que 2% des émissions de gaz carbonique dans le monde, alors qu'il contribue pour 7% du PIB mondial », a dit au Shanghai Daily James Muller, Vice-président de United Airlines, lors d'un entretien.

« Le palmarès des améliorations apportées par l'industrie en termes d'efficacité énergétique et d'impact sur l'environnement sur les quarante dernières années est exemplaire », a ajouté M. Muller. « Aujourd'hui, les compagnies aériennes emmènent les passagers et le fret sur une distance 70% plus longue qu'il y a quarante ans avec la même quantité de carburant. En termes d'émissions de carburant, cela équivaut à retirer des routes 19 millions de voitures pour chacune de ces quarante années ».

« Nous sommes des compagnies aériennes mondiales, nous avons besoin d'une solution mondiale », a t-il ajouté.

Les compagnies aériennes américaines espèrent obtenir une décision dans cette affaire avant la fin de cette année.






Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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