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Français>>EnvironnementMise à jour 04.12.2009 14h07
Les objectifs de réduction des émissions polluantes coûteront cher à la Chine

Harrison Wang, ingénieur audio âgé de vingt-huit ans, commence à songer à laisser son automobile au garage. La dérégulation des prix du carburant mise en place par le gouvernement chinois a en effet fait grimper ses frais d'essence.

Et depuis que le gouvernement à déclaré au monde entier que la Chine réduirait ses émissions de carbone d'ici 2020 à un niveau que l'on peut qualifier de particulièrement élevé de 40 à 45%, il s'attend à ce que l'essence qu'il utilise pour sa voiture, au demeurant plutôt petite avec son 0,8 litre de cylindrée, lui coûte à terme bien plus que les 400 yuans (soit 59 dollars US) qu'il dépense chaque mois.

« Pourtant, je conduis déjà une voiture peu polluante, mais si le prix de l'essence continue à monter, je pourrais être amené à ne plus conduire », dit-il.

Ses inquiétudes ne sont peut-être pas sans fondement.

Des chercheurs ont calculé ce que l'objectif de réduction des émissions de gaz carbonique annoncé la semaine dernière va coûter pour une famille chinoise moyenne.

Un rapport émanant de l'Université Renmin de Chine déclare qu'atteindre cet objectif coûtera à la Chine un investissement supplémentaire de 30 milliards de dollars US par an lors des dix années à venir, en plus du coût des initiatives destinées à améliorer l'efficacité énergétique qu'il faudra bien poursuivre aussi.

Si le coût de cette réduction des émissions était réparti sur la population, chaque famille chinoise devrait dépenser 440 yuans (soit 65 dollars US) de plus chaque année, rapporte le 21e China Business Herald.

Pour Jiang Kejun, chercheur de l'Institut de recherche sur l'énergie qui dépend de la Commission du Développement et de la Réforme Nationaux, les gens doivent s'attendre à payer plus pour l'énergie et les produits dérivés des combustibles fossiles.

« Les industries liées à l'énergie vont avoir à faire face à des coûts supplémentaires pour améliorer leur efficacité en matière d'émissions de carbone, mais en fin de compte tous ces coûts supplémentaires devront être supportés par les consommateurs », dit-il.

Par exemple, la taxe sur le carbone, un des mécanismes de marché que la Chine songe à adopter, aura pour conséquence l'augmentation des prix actuels de l'énergie, dont l'essence, l'électricité, le charbon, et le gaz naturel.

« Si la taxe sur le carbone est fixée à 100 yuans par tonne d'émissions de carbone, le prix de l'essence grimpera de 300 yuans par tonne, soit une augmentation de 5% », dit M. Jiang. « Mais l'impact sur le prix de l'électricité sera encore plus fort ».

M. Jiang ajoute que le Ministère de la Protection de l'Environnement et le Ministère des Finances seraient actuellement en train de travailler à l'établissement d'une taxe sur le carbone.

Le plan établirait apparemment une taxe de départ d'environ 10 à 20 yuans par tonne de carbone émise.

Huang Xiaobai, qui travaille dans un bureau à Shanghai, a aussi réagi aux perspectives d'augmentation des prix de l'essence en disant qu'elle aussi abandonnerait peut-être sa voiture.

« Je suis prête à payer plus si cela peut effectivement aider à réduire les émissions de carbone et ralentir le réchauffement global, mais j'aimerais savoir combien nous devrons payer en plus », dit-elle.

Pour Zhang Jianyu, responsable de la branche pékinoise du Fonds de Défense de l'Environnement, basé aux Etats-Unis, ces objectifs de réduction et des prix plus élevés inciteront le public à basculer vers un mode de vie moins carboné. Avec pour résultat que plus de personnes utiliseront les transports en commun et des appareils ménagers moins gourmands en énergie, dit-il.

« Les gens ressentiront d'eux-mêmes les bénéfices qu'ils peuvent tirer en changeant leur mode de vie », dit-il.

Pan Jianhua, expert en politiques d'énergie à l'Académie Chinoise des Sciences Sociales pense lui que les objectifs de réduction affichés seront très difficiles à atteindre parce que beaucoup des étapes les plus faciles dans la réduction des émissions ont déjà été franchies dans le but de parvenir à l'amélioration de l'efficacité énergétique de 20% fixée pour la période 2006-2010.

« Atteindre cet objectif veut dire qu'il faudra abandonner, pour la production de notre énergie, les anciennes centrales électriques et offrir des subventions pour l'achat d'appareils ménagers économes en énergie et de véhicules propres, etc. », dit-il.

Barbara Finamore, directrice pour le Programme Chine de l'organisation écologiste américaine Natural Resources Defense Council, disait un peu plus tôt que la Chine devrait être remerciée pour les efforts déjà en cours et non pas pénalisée pour avoir pris des initiatives précoces.

Source: le Quotidien du Peuple en ligne

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