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Français>>OpinionMise à jour 08.12.2009 09h00
Un nouvel échiquier international se profile à l'horizon -- Regard rétrospectif et réflexions sur la situation internationale en 2009 (2)

Le centre de gravité des relations internationales se déplace de l'Atlantique au Pacifique. Il s'agit probablement du plus important changement survenu dans les relations internationales depuis quatre siècles. Bien que ce transfert s'effectue sur le long terme, 2009 montre que la zone Asie-Pacifique est déjà devenue une zone de poids sur le nouvel échiquier mondial. Ce fait revêt une importance capitale, car le centre du monde s'est, par le passé, toujours trouvé en Europe et en Amérique, laissant ainsi la zone Asie-Pacifique longtemps en marge. Les choses ont aujourd'hui changé, et l'Asie-Pacifique gagne en importance à l'échelle mondiale.

L'opinion internationale a remarqué le fait suivant : les affaires européennes ont toujours représenté une importance primordiale pour les Américains. Le 9 novembre dernier marquait le 20e anniversaire de l'effondrement du mur de Berlin. Les Européens voulaient bien entendu célébrer ce grand événement, témoin de l'extension réalisée 15 ans après par l'UE en portant le nombre de leurs membres de 15 à 27. Ils souhaitaient ardemment la présence de Barack Obama aux célébrations, mais le président américain n'a pas fait le déplacement, préférant envoyer sa secrétaire d'État Hillary Clinton, tandis qu'il effectuait lui-même plusieurs visites d'État en Asie du 13 au 19 novembre. Cette façon d'agir a fortement froissé les Européens qui se sont sentis un peu délaissés.

Parallèlement, en Asie orientale, l'intégration économique, qui a balbutié après la crise monétaire asiatique en 1997 tend à se développer. Après avoir fortement été frappés par cette crise, les pays de cette région ont compris que personne ne pourrait leur venir en aide dans ce genre de situation, et que l'union serait leur seul salut. Dès lors, ils ont coopéré pour mettre en place, étape par étape, la « chaîne d'approvisionnement en Asie », et les échanges et les investissements dans le cadre de « 10+3 » ont augmenté considérablement. Aujourd'hui, le commerce au sein de la zone 10+3 représente déjà 58 % du commerce extérieur des pays de la zone, chiffre supérieur d'environ 3 points à celui de la zone de libre-échange d'Amérique du Nord et inférieur d'environ 7 points à celui de l'UE. Le 14 décembre 2005, les dirigeants des 10+3 ont tenu leur premier sommet à Kuala Lumpur, capitale de la Malaisie, et ont signé la « Déclaration de Kuala Lumpur du sommet de l'Asie orientale », qui stipule que la construction de la CAO (Communauté de l'Asie orientale) est leur objectif à long terme.

La grave crise financière actuelle en accélère le déroulement. Le 1er janvier 2010, l'accord sur la zone de libre-échange Chine-ASEAN entrera officiellement en vigueur. Des accords semblables entre l'ASEAN et la République de Corée, ainsi qu'entre l'ASEAN et le Japon, entreront officiellement en vigueur en 2010 et 2012. Cela donnera sans aucun doute une forte impulsion à la construction de la CAO.

Depuis la fin de 2008, on a remarqué un nouveau trait marquant dans la construction de la CAO : les dirigeants de la Chine, du Japon et de la République de Corée se sont rencontrés en dehors du cadre de « 10+3 » en décembre 2008 à Fukuoka. Cette première réunion a été suivie d'une deuxième, qui a eu lieu à Beijing le 10 octobre 2009. Les agrégats économiques de ces trois pays représentent 85 % de l'ensemble des 13 pays de l'Asie orientale. Auparavant, les entrevues entre les dirigeants de la Chine, du Japon et de la République de Corée se déroulaient toujours durant les assises de la conférence des « 10+3 ». Leur réunion en aparté reflète la grande importance que ces pays accordent à la coopération de l'Asie orientale, et leur détermination de promouvoir ensemble l'intégration économique de cette région. Elle ne manquera pas de donner une forte impulsion à la construction de la CAO.

Celle-ci fait par ailleurs l'objet d'une attention de plus en plus grande de la part du Japon. Depuis la victoire du Parti démocrate aux élections en septembre 2009, le nouveau premier ministre japonais, Yukio Hatoyama, lui accorde une importance nettement plus grande que le Parti libéral-démocrate. Certains estiment que le nouveau gouvernement japonais espère que la construction de la CAO atténuera la baisse de l'influence japonaise au cours du changement de l'échiquier mondial.

Depuis l'arrivée de Barack Obama à la Maison blanche, l'administration américaine attache une plus grande importance à l'Asie orientale. Le 22 juillet 2009, la secrétaire d'État Hillary Clinton a signé le traité d'amitié et de coopération de l'Asie du Sud-Est, lors de la réunion ministérielle du Forum de l'ASEAN à Phuket, en Thaïlande. Les États-Unis sont donc devenus le 16e membre extrarégional de ce traité. En outre, le sous-secrétaire d'État, Colin Campbell, chargé des affaires de l'Asie orientale et du Pacifique, a déclaré en octobre dernier à Beijing que les États-Unis souhaitaient eux aussi adhérer à la CAO, parce qu'ils estiment que tout mécanisme de sécurité en Asie ne saurait les exclure. Washington a laissé aussi entendre que les États-Unis souhaitaient également créer une zone de libre-échange « 10+1 » avec l'ASEAN, à l'instar de l'établissement de la zone de libre-échange Chine-ASEAN.

Il est particulièrement important de noter qu'au moment où l'économie mondiale est frappée par la plus sérieuse récession et la plus grave crise financière après la Grande Dépression, l'impact sur l'économie de l'Asie orientale n'est pas aussi sérieux que lors de la crise monétaire asiatique des années 1997-1998. Au cours des trois premiers trimestres 2009, la croissance s'est implantée dans l'ensemble de l'Asie orientale, et elle est particulièrement remarquable en Chine.

Les faits susmentionnés peuvent-ils prouver l'ascension jamais connue de la zone Asie-Pacifique dans les relations internationales ?

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Source: China.org.cn

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